Arts et spectacles

  • Tarantella ?! peut être lu comme le récit d'un voyage où les paysages évoqués sont avant tout sonores. L'auteur s'efforce d'y restituer l'intensité d'un langage dramatique, celui que les indigènes du Sud de l'Italie se sont créés depuis les temps antiques jusqu'à nos jours. De la danse des tarantate à la danse des couteaux, des chants de travail aux chants de prison, ces sons et ces gestes dessinaient le contour d'un monde qui continue de nous hanter, entre marginalité sociale et récupération spectaculaire. Travaillant tant sur la puissance des cultures subalternes, que sur une critique de la civilisation occidentale, s'interrogeant sur l'articulation de la politique et du langage, ce livre échappe au final à toute discipline?: il invoque tour à tour l'ethnomusicologie, la philosophie, l'histoire sociale et politique ou encore l'anthropologie...

  • Que faisait donc la danse aux Expositions universelles et internationales de Paris, ces sites légendaires autant qu'éphémères, entre foires et musées, dont la finalité, de la Troisième République au Front populaire, était de rassembler les réalisations exemplaires des avancées de la technologie et des arts ? Sa présence - dont témoignent de nombreux comptes rendus - répondait-elle à un projet politique ou reflétait-elle la « dansomanie » de l'époque, l'irruption de la danse dans l'industrie du divertissement ? Comment expliquer son impact sur la culture de l'époque ? Et surtout, pour paraphraser Walter Benjamin, le geste dansant incarnait-il le visage « utopique » de l'Exposition, la place de l'homme dans un Cosmos à qui le progrès donnerait bonheur et harmonie, ou bien « son aspect cynique » dans le Chaos de la marchandisation sauvage des loisirs et des attractions ?
    En supposant une singularité de l'expérience vécue par le spectateur dans le contexte spécifique des Expositions, ce livre fait le pari, plutôt que de recenser les formes chorégraphiques présentées, d'en étudier la réception, la production de discours ou d'images qu'elles ont suscités, ces traces de la perception des corps en mouvement et de l'expérience de ceux qui y assistèrent.

  • La création artistique de Josef Nadj s'organise autour d'un ensemble de motifs qui reviennent constamment et qui, pour la plupart, s'enracinent dans son enfance. Au jeu des questions, Josef Nadj répond par des histoires. Allégories ou métaphores ouvertes, suspendues. Ce texte de Myriam Bloedé, accompagné de 75 photographies et dessins de Josef Nadj, restitue ici quelques-unes de ces histoires, évite la chronologie et l'analyse systématique des pièces pour faire apparaître la cohérence de l'oeuvre scénique et plastique. Inviter à une traversée de son univers, en suivant le fil des motifs et surtout de ces figures qui le « hantent positivement ».

  • Conversation avec Annie Suquet et Jean Pomarès Figure artistique majeure de la seconde moitié du XXe siècle, le danseur et chorégraphe américain Merce Cunningham (1919-2009) s'intéressa aussi, tout au long de sa vie, aux progrès de la technologie - de l'audiovisuel à la modélisation en 3D et au multimédia - comme moyens d'enrichir sa création chorégraphique.
    Avec Westbeth et Blue Studio, les premiers films qu'il réalise avec Charles Atlas au milieu des années 1970, Merce Cunningham est considéré comme l'inve teur de la "vidéo-danse ". C'est dire le prix de ses réflexions sur les singularités de la danse filmée, qu'il s'agisse d'adapter des oeuvres créées pour la scène ou de chorégraphier directement pour la caméra.
    Le 17 novembre 1996, il était justement l'invité d'une rencontre publique au Centre Pompidou, organisée dans le cadre de la manifestation Vidéodanse, films de danse, sur le thème " Chorégraphier pour la caméra ". Cet ouvrage reprend l'intégralité des propos tenus par Merce Cunningham à cette occasion et les prolonge par des textes de ses interlocuteurs d'alors, Annie Suquet et Jean Pomarès, qui reviennent, chacun à sa manière, sur l'oeuvre filmée de cet immense artiste.
    Présenté par Myriam Bloedé, l'ensemble est illustré par des images de films réalisés par Cunningham avec Charles Atlas ou Elliot Caplan.

  • Le débat sur le sexe des marionnettes se pose avec autant d'acuité qu'hier celui sur le sexe des anges. Mais qu'attendre de l'honnête Marie (racine du terme « marionnette » en français) poussée par les fils de la Vierge ? Ou des marottes un peu simplettes ? A-t-on jamais prêté une sexualité à Guignol et à son comparse Gnafron ? Les propositions théâtrales visant à débaucher la marionnette se singularisent par leur humour, leur appétit, mais s'interdisent les écarts de conduite. Le chantier de la libido des puppets reste ouvert. Ailleurs, hors l'Occident, Thanatos règne en maître sur l'univers des pantins. Aussi sera-t-on tenté de vider le sac de cette Faucheuse, avec quelques incursions du côté du cinéma d'animation tchèque, avant d'enfourcher ce qui menace de devenir un dada : la question du genre chez les pantins. Il sera bien temps, après, de faire intervenir la folie venant frapper à la porte des ateliers, et de s'interroger sur la fonction de double ou d'épouvantail, apte encore à faire fuir une partie du public, intrigué autant qu'effrayé par la mise en branle des objets.

  • Fondé en 1795, le Conservatoire de Paris a traversé jusqu'à aujourd'hui les vicissitudes politiques, les révolutions pédagogiques et esthétiques et, bien sûr, les transformations du métier d'artiste. Une telle longévité fait évidemment question surtout à l'heure où la notion même d'institution est remise en cause.

    Pour aborder la longue histoire du Conservatoire de Paris, ce livre propose une formule originale. Un bref essai historique analyse d'abord les piliers sur lesquels a reposé pendant près de deux siècles l'une des principales écoles de musique européenne. Puis 16 entretiens avec des personnes formées ou ayant travaillé dans l'établissement reviennent sur ses fondements et éclairent son histoire durant les cinquante dernières années.

    Les entretiens ont été menés avec Jane Berbié, Gilbert Amy, Alain Meunier, Jacqueline Billy-Hérody, Alain Louvier, Catherine Robin, Alain Poirier, Marc-Olivier Dupin, Philippe Dinkel, Claude Delangle, Géry Moutier, Frédéric de Roos, Coralie Fayolle, Bruno Messina, Bruno Mantovani et Alexis Kossenko.

  • Sidi Larbi Cherkaoui, danseur et chorégraphe, a créé, avec Nienke Reehorst, Ook, un spectacle interprété par des acteurs handicapés psychiques rencontrés au Theater Stap de Belgique. La venue de l'un d'entre eux, Marc Wagemans, dans le spectacle Foi, a permis à Sidi Larbi Cherkaoui de poursuivre, avec les Ballets C. de la B., ce travail d'ouverture sur la pluralité des individus. Joël Kerouanton, éducateur spécialisé, a voulu interroger Sidi Larbi Cherkaoui sur l'élaboration de ces spectacles, sa pratique de la danse, sa capacité à conduire ses danseurs à sublimer leurs handicaps : le chorégraphe a alors proposé à l'éducateur de le croiser régulièrement, une année durant...

    Fruit d'un dialogue continu entre le chorégraphe et Joël Kerouanton, Sidi Larbi Cherkaoui, rencontres s'offre comme une écriture-promenade au côté d'un metteur en scène et de ses interprètes.

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