L'eveilleur Editions

  • En 1902, Frédéric Boutet (1870-1941) achève sa période "décadente" qui lui a permis d'éditer des recueils de contes fantastiques dont l'ironie et le grotesque semblent annoncer le surréalisme, avec deux courts romans : Julius Pingouin et L'Homme sauvage. Il enchainera avec une multitude de nouvelles et quelques romans raffinés, plus réalistes, où sa finesse psychologique fait mouche. Dans ce bref texte il s'en donne à coeur joie avec une insolence vivifiante en mettant en scène la figure d'un sauvage en plein de coeur de Paris qui va bouleverser une nation bourgeoise et endormie. Anticipant sur Raymond Roussel, il invente une jungle au coeur d'un appartement et les moeurs étranges des habitants qui y séjournent de gré ou de force. Avec une figure de contestataire absolu impayable !

  • Un recueil de nouvelles fantastiques qui permet de découvrir une voix américaine trop méconnue. Enfin, ma chère, demanda Mrs Culverin un peu émue, vous n'allez pas me dire...une queue ? Cette première phrase de la nouvelle éponyme du recueil que nous éditons témoigne de cette légèreté moqueuse qui parcourt l'oeuvre de Benét, une légèreté fantastique sur laquelle plane une inquiétude et le sentiment de la fragilité des êtres. "Une histoire qui ne tient pas debout" mais où le héros de l'histoire est un homme à queue de chat qui dirige un orchestre... Stephen Vincent Benét aime à les imaginer ainsi : légèrement décalés par rapport à la réalité, fascinants ou stupéfiants, avec ce léger glacis d'ironie qui fait toute la différence, comme dans cette histoire d'un Bonaparte mourant en...1789...

  • Les oeuvres fantastiques de Montague Rhodes James constitue un corpus peu important : à peine quatre cents pages dans lesquelles il concentre un art assez unique du récit de terreur. Ses «Ghost stories» devenues des références du genre chez les Anglo-saxons, restent mystérieusement méconnues du public franc¸ais malgré les pages très élogieuses de Lovecraft qui voyait en lui un maître du genre. Un premier tome de l'intégralité des nouvelles souvent brèves est proposé, qui mettent en scène des créatures fantomatiques et peu conciliantes qu'on ne dérange jamais sans risque. Avec lui, on se réjouit de cette manière anglaise de raconter l'horrifique et de cet art d'en dire peu pour laisser faire l'imagination.

  • New York, années 30. Dans un hôpital, un médecin soigne en vain des malades qui meurent horriblement. Scientifique et mesuré, il décide de trouver une raison à cette épidémie, qui touche un parrain de la pègre mêlé à l'affaire qui fait basculer l'intrigue dans le roman noir. Luttant contre les explications délirantes, il se heurte à la disparition de ceux qui ont eu l'idée d'aller se confronter au mal dans son repère. Car malédiction il y a, avec des poupées tueuses et une maison de sorcière...Délire fantastique, plongée dans l'inconnu, suspense haletant, ce roman confronte une société à ses démons. Avec son personnage irréductiblement rationnaliste, Merritt crée un trouble qui ne lâchera plus un lecteur oscillant sans cesse entre envie de croire au meilleur du pire et à son impossibilité.

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