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  • L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur ! L'apparente simplicité d'un " être avec " masque la réelle complexité du " faire avec ". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires : ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour ; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots ! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle ; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique.

  • La refonte des diplômes en travail social, telle qu'elle est entreprise en France depuis 2017, notamment dans le souci d'une harmonisation des diplômes européens, entérine la reconnaissance du moniteur éducateur en qualité de professionnel de proximité auprès des publics accompagnés dans une relation d'aide sociale, éducative et de soin. Toutefois, comme toutes les professions de l'éducation spécialisée et du travail social, celle de moniteur éducateur doit s'adapter aux évolutions des savoirs et des moeurs qui transforment l'accueil des publics en situation de handicap ou de vulnérabilité (la société inclusive) et modifier l'organisation et le fonctionnement des établissements ou des services (une logique de parcours intégré préférée à une logique de la place en institution). Lors de la première édition en 2004, les deux auteurs, professionnels engagés, avaient su anticiper les enjeux des transformations désormais à l'oeuvre et repérer les leviers des changements à opérer dans les formations et dans les postures professionnelles. Tous ces éléments de fond ont donc été repris dans cette nouvelle édition. En revanche, l'avant-propos et le dernier chapitre, entièrement remaniés, insistent sur ce qui, aujourd'hui, fait la singularité de ce métier et sa spécificité au sein de l'ensemble des diplômes en travail social. L'ouvrage demeure un repère incontournable à l'heure où les candidats faisant le choix d'une formation courte à un métier de proximité sont de plus en plus nombreux.

  • Il est urgent de changer le regard sur la santé mentale ! En France 12 millions de personnes sont atteintes de troubles psychiques - sans doute davantage aujourd'hui.
    Après avoir précisé la notion essentielle de la relation d'accompagnement, l'auteur étudie ce qui se passe sur le terrain des pratiques des équipes sanitaires et médicosociales. Surtout il fait des propositions pour une nouvelle organisation des dispositifs : une agence de santé mentale territorialisée réclamée par les familles et leurs nombreuses associations. Un ouvrage clair et synthétique.

    Être accompagné, c'est avant tout ne pas être seul. On comprend que cette proposition fasse le succès de la notion d'accompagnement. Si l'accompagnement est une modalité d'action qui permet de respecter une indispensable continuité dans les projets individuels des personnes, il convient d'étudier plus précisément ce qui se passe sur le terrain des pratiques pour évaluer sa singularité. C'est là l'objectif majeur de ce livre.

  • Le secteur médico-social est aujourd'hui confronté à des personnes présentant des troubles psychiques importants.
    En imposant le dispositif SERAFIN-PH, qui limite le soin à des prestations destinées à rétablir des fonctions mentales défaillantes et qui promeut des approches inclusives souvent inadaptées à la réalité de la souffrance psychique, le management de ces établissements se coupe des réalités cliniques vécues par les professionnels.
    Pour répondre à la souffrance psychique, le secteur médico-social doit se recentrer sur ce qui fait son identité : les accompagner et les soutenir dans leur vie quotidienne, avec ses fondements temporels, spatiaux, corporels et relationnels qu'il faut « tenir » pour que les personnes puissent se tenir elles-mêmes un peu mieux. La fonction contenante institutionnelle constitue l'autre pilier de cet accompagnement thérapeutique pour penser l'impensable de souffrances psychiques, mais elle suppose un encadrement formé aux réalités cliniques. L'absence de praticiens médecins en lien avec les équipes constitue certainement une carence grave et le recours à la psychiatrie n'apporte pas de réponses durables et soutenantes. Enfin, l'éducatif, constitutif de la culture du médico-social, doit s'affirmer comme complémentaire du soin.

  • Le SESSAD : un service d'éducation et de soins tourné vers l'avenir Nouv.

    Encore largement méconnu Le SESSAD - Service d'Éducation Spécialisée et de Soins à Domicile est une structure de soins au plus près des besoins de l'enfant handicapé et de sa famille (domicile, école, lieux sportifs et culturels...). Ce livre aborde les perspectives et évolution des SESSAD.

    Les bouleversements dans l'offre de soin médico-social, débutés il y a maintenant plusieurs décennies (désinstitutionnalisation progressive, loi de 2002, loi de 2005, soutien à l'inclusion scolaire...), ont permis l'avènement de services « hors les murs » dont les sessad semblent être à l'heure actuelle l'exemple paradigmatique. Une équipe pluridisciplinaire, formée dans l'accompagnement des enfants et adolescents atteints de pathologies et handicaps divers, se rend dans les différents lieux de vie de la personne afin de lui prodiguer des soins et des prestations de rééducation. Avec les sessad, l'accompagnement médico-social se déplace au plus près du patient, grâce à la mise en place d'un maillage interprofessionnel et à une approche résolument multidimensionnelle. Les sessad, un exemple à suivre ?

  • Le métier de psychomotricien est une profession de santé réglementée, reconnue par un diplôme d'État depuis 1974. Dans cet ouvrage très complet, Catherine Potel la présente sous ses diverses formes, ses différents moyens d'action, sa diversité d'application et d'adaptation selon le contexte dans lequel elle s'exerce, ses évolutions aussi. Avec une grande clarté, elle expose les bases d'une psychomotricité en mouvement, devenue un partenaire important dans l'arsenal des réponses thérapeutiques et préventives.

    La multiplicité des approches, la diversité des pratiques dans un champ clinique actuellement très élargi - éducation, rééducation, prévention, thérapies et psychothérapies - ainsi que les interventions aux différents âges de la vie (du nourrisson prématuré aux personnes âgées), font de la psychomotricité une discipline en plein essor. L'auteure montre comment le corps - vu dans ses différentes déclinaisons - y est considéré comme un « corps psychique » en relation, pivot central sans lequel, la construction identitaire du sujet ne peut se faire. Elle présente les concepts fondamentaux - le tonus, le corps dans l'espace et le temps, les fonctionnalités du corps, la construction d'une enveloppe et d'un intérieur - qui sont les bases du travail des psychomotriciens. Dans cette nouvelle édition, elle fait un bilan des avancées de ces dix dernières années, notamment dans le champ complexe des troubles du comportement, de l'anorexie mentale, du travail auprès des adolescents, enfin dans tous ces secteurs de médecines somatiques et sociales où la problématique du corps est centrale.

    « Depuis la 1ère édition en 2010 où la psychomotricité restait encore méconnue, j'ai reçu beaucoup de retours de lecteurs assez unanimes. Tous les étudiants se le procurent, ainsi que toutes les personnes qui veulent en savoir un peu plus sur une profession qui les attire. 'Unifier, réunir le corps et l'esprit' sont les phrases qui reviennent le plus souvent chez ceux qui sont en reconversion professionnelle.
    Dans cette discipline, l'être est engagé dans sa globalité et dans son humanité. J'ai repris et développé les fondements historiques de la psychomotricité ainsi que ses fondamentaux théoriques.
    Le travail clinique y est exploré, tant autour de vignettes que dans ses indications. N'est pas oubliée toute l'importance de l'évaluation avec le bilan psychomoteur qui s'est fort développé et spécifié ces vingt dernières années, contribuant ainsi à affiner les diagnostics.
    Enfin, la formation des psychomotriciens est présentée dans son originalité, une formation qui s'intéresse au corps dans toutes ses dimensions - somatiques, sensorielles, psychiques - et qui met au coeur du processus, au-delà des données théoriques essentielles, des expériences pratiques individuelles et groupales, et ce dès la première année de formation.
    Au cours des années, la psychomotricité n'a cessé de se déployer. J'ai la prétention de penser que cet ouvrage y aura contribué et continue à y contribuer, notamment dans les autres pays francophones où la psychomotricité n'a pas encore ses assises comme en France. » Catherine Potel

  • Ce guide pratique est devenu un ouvrage de référence pour l'accompagnement des personnes gravement handicapées soutenu par des outils théoriques à destination des professionnels travaillant en MAS et FAM.
    Face à la difficulté du travail en MAS et FAM, les professionnels ont besoin d'étayages théoriques et pratiques solides pour tenir avec rigueur et bienveillance un accompagnement éducatif et surtout thérapeutique auprès de personnes très gravement handicapées. Cet ouvrage leur apporte des repères puisés à la fois dans des approches théoriques accessibles et la grande expérience pratique de l'auteur.

  • Ce livre est un récit à propos d'un homme vivant dans la rue. Au-delà de son quotidien et de la complexité de sa souffrance, l'histoire s'attarde sur la relation que Claude va tisser avec une travailleuse sociale, Christine, au sein d'un accueil de jour où il passe quotidiennement.

    La précarité reste souvent sans mot, sans lien, sans liaison. La loi du silence prédomine, en rapport à tous ces mots n'arrivant pas à signifier quoi que ce soit de l'ordre des capacités négatives, à savoir l'impuissance, l'incomplétude, l'inattendu, la résignation, l'embarras etc. Le défi ici est de dire quelque chose d'une existence précaire. Dans ce récit où l'auteur se met autant dans la peau de Claude que dans les rôles et fonctions de la travailleuse sociale, il est question d'accueil, de rencontre, d'ouverture à l'autre trop souvent perçu comme étranger à notre nature. Le lecteur est amené à percevoir les difficultés à nouer une relation avec quelqu'un de précaire, qui, au-delà des difficultés financières, a du mal à établir des liens. La partie romancée est complétée par des articles plus cliniques où l'auteur, responsable d'une équipe mobile psychiatrie/précarité, explique sa démarche et présente les différentes structures sociales impliquées dans le travail de rue.

  • Charline Olivier témoigne du travail de fourmi des travailleurs sociaux, qui consiste à rencontrer chaque jour des personnes qui ont besoin d'aide.
    Misère sociale, violences conjugales et familiales, adolescents en rupture, délinquance, maladies mentales, enfants en danger : les missions de l'assistant de service social sont multiples et ses moyens d'action pas toujours à la hauteur des enjeux humains. L'auteur décrit son quotidien professionnel, ses espoirs, ses impasses, ses doutes. Elle montre, à travers des histoires de rencontres, ce qui fait l'essence de ce métier difficile qui apporte un surplus d'humanité à ce monde impitoyable.

  • L'ouvrage propose une plongée subversive dans le travail social à travers un dialogue entre deux professionnels de l'action sociale qui acceptent de sortir des sentiers battus pour mieux retrouver l'essence du métier.
    Par les questions posées, l'auteur identifie et met au débat les non-dits, les logiques et les motivations enfouies du travail social en se décollant des images d'Épinal qu'il véhicule habituellement. Si elle s'adosse à des théories éprouvées (philosophie, sociologie, psychanalyse), la réflexion ne se présente pas comme un savoir extérieur et distant sur le métier ; elle se fonde plutôt sur une expérience de terrain dont elle révèle les contradictions. Ainsi, au fil des échanges, en travaillant les paradoxes d'une pratique, ce sont les lignes de force d'une éthique professionnelle qui se dessine avec en point de fuite le rapport à l'autre, celui qu'on nomme généralement l'usager. Cette réédition est enrichie d'un prologue soulignant l'actualité des thématiques explorées, et les champs du possible qu'elles ouvrent.

  • Comme autant de nouvelles, ces portraits attachants de « déclassés du lire-écrire » illustrent une démarche encourageante, revigorante du « faire ensemble » entre professionnels du champ éducatif, social et culturel, au coeur des bibliothèques publiques pour lutter contre l'illettrisme.

    La lutte contre l'illettrisme est connue en France depuis les années 1980 : priorités ministérielles, campagnes de sensibilisation, publication d'ouvrages de chercheurs et pédagogues.
    En revanche, rare, voire inexistante est la connaissance des publics dits « illettrés et/ou faibles lecteurs » dans leur relation aux bibliothèques publiques, aux écrivains, aux livres vivants. Cet ouvrage donne corps et humanité à des personnes qui découvrent « qu'ils peuvent devenir un peu plus sujets de leurs destins ». La réussite passe par le « faire ensemble » des professionnels sollicités pour combattre ce fléau éducatif, social et culturel. Ce livre est un hommage aux ré-apprenants et aux bibliothèques publiques et un encouragement pour l'avenir.

  • Le travail à médiation thérapeutique est en plein essor dans les pratiques cliniques et la médiation animale en particulier se développe sensiblement ; des institutions de soin voient se construire des unités de zoothérapie, d'équithérapie parfois, ou bien, plus souvent, des hôpitaux de jour intègrent des animaux dans leurs dispositifs de soin (des chiens par exemple).
    Cependant, la pratique professionnelle présentée dans cet ouvrage a ceci d'atypique qu'il existe peu de structures de service public proposant des unités d'équithérapie intégrées au dispositif institutionnel, où le travail avec le cheval n'est pas une activité sous-traitée à des centres équestres, mais un support de soin permanent, dans le quotidien de la vie du groupe, et encadré par des professionnels du soin psychique.
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  • La lutte contre l'illettrisme est connue en France depuis les années 1980 : priorités ministérielles, campagnes de sensibilisation, publication d'ouvrages de chercheurs et pédagogues. En revanche, rare, voire inexistante est la connaissance des publics dits « illettrés et/ou faibles lecteurs » dans leur relation aux bibliothèques publiques, aux écrivains, aux livres vivants. L'auteur donne corps et humanité  à ces personnes qui découvrent qu'elles peuvent « devenir sujets de leurs destins » en levant l'interdit fatal « les livres c'est pas pour moi ». Comme autant de nouvelles, elle brosse des portraits attachants de « déclassés du lire-écrire » qui illustrent une démarche encourageante, revigorante du « faire ensemble » entre professionnels du champ éducatif, social et culturel pour lutter contre l'illettrisme. Cet ouvrage constitue un bel hommage aux ré-apprenants et aux bibliothèques publiques ainsi qu'un encouragement pour l'avenir.

  • Parce que le déficient intellectuel a longtemps été désigné comme un simple d'esprit, on pourrait croire que le monde dans lequel il évolue est celui de l'innocence et de la clarté. C'est faux : dès qu'il apparaît, le trouble l'accompagne. Monstrueux pour les uns, angélique pour les autres, il sollicite les frontières de l'humanité en rappelant que l'altérité dérange là où elle permet à l'identité de se construire. C'est pour cette raison que toutes les sociétés ont créé des représentations et des stratégies pour le neutraliser en le condamnant, en le marginalisant ou en l'intégrant.

    Ce livre offre un panorama des déficiences intellectuelles en s'appuyant sur des données historiques et pluriculturelles comme sur les réalités actuelles. Il apporte un ensemble d'informations pratiques qui ont été entièrement mises à jour pour cette nouvelle édition.

    En affirmant une position résolument éthique, l'auteur propose ici une rencontre précise, directe et réaliste avec les déficiences. Il donne ainsi au lecteur des repères utiles pour comprendre et agir avec et auprès des personnes souffrant de ce handicap.

  • L'ouvrage offre une description poussée des déficiences intellectuelles, basée sur les réalités actuelles comme sur des données historiques et pluriculturelles, tout en apportant au lecteur un ensemble d'informations pratiques qui ont été entièrement actualisées, notamment celles concernant l'évolution des institutions en lien avec la législation, l'organisation des parcours et le vocabulaire.

    Par cette analyse précise, qui refuse de nier, d'éviter ou de réduire la déficience, l'auteur propose d'entrer dans une réflexion anthropologique et psychologique sur ce sujet dérangeant, y compris sous certains aspects peu abordés tels que la lecture ou la sexualité. Admettre que la déficience se définit comme un écart à la norme ne l'exclut pas de ce qui est humain mais, au contraire, permet de soutenir une position éthique.

  • C'est à partir d'un récit clinique précis et soutenu que les auteures de cet ouvrage témoignent de la pratique éducative au sein d'un SAFEP pour tout jeunes enfants déficients visuels.
    Ce faisant, elles révèlent en quoi, lorsque naît un enfant porteur de handicap, un accompagnement précoce spécialisé est nécessaire. Elles montrent comment celui-ci se doit d'être porté par un collectif dont la démarche interdisciplinaire se fonde sur un va-et-vient constant entre la pratique et la théorie.
    Leur travail d'écriture tente d'engager les lecteurs dans une réflexion sur le handicap du tout-petit, sur ses effets sur la parentalité et sur le lien social.
    Émaillé de références théoriques fondamentales, cet ouvrage incite à approfondir des notions essentielles dont la portée s'étend au champ du soin des tout-petits tout venant.

  • Une présentation complète, théorique, pratique et éthique de la Stimulation basale, de sa conception par Andreas Fröhlich dans les années 1970 à nos jours.
    La stimulation basale est une approche humaniste développée par Andreas Fröhlich en Allemagne dans les années 1970. Les fondements théoriques neuro-développementaux, psychologiques, corporels et sensoriels de cette approche permettent une meilleure compréhension des personnes en situation de handicap grave et favorisent un accompagnement centré sur les besoins et les ressources de ces personnes et de leurs proches. La stimulation basale invite les professionnels concernés à se questionner sur leur savoir-faire (leur pratique) mais également sur leur savoir-être (leur posture), à travailler sur leur représentation de la personne en situation de handicap sévère (compétences et ressources), à amener une démarche introspective, à accepter de ne pas avoir de résultats immédiats (les recettes n'existent pas !), à être présent dans la relation (empathie, attention, temporalité), à se sentir responsable et à s'intégrer dans un travail d'équipe (pluridisciplinarité, transdisciplinarité).

  • Il s'agit-là de la réédition d'un classique publié en 1967 par les Editions du Scarabée. La préface de Pierre Delion et la postface d'Yves Clot mettent en relief toute l'actualité de la réflexion clinique et politique de François Tosquelles. En rompant avec la tradition esclavagiste de l'hôpital psychiatrique, il a fait du travail non seulement une source d'informations cliniques incomparables mais aussi un moyen pour le patient de reprendre contact avec le monde interhumain. La réédition du texte de Tosquelles sur le travail thérapeutique, au-delà de ses quelques rides conjoncturelles inévitables, est une prise de position sur la psychiatrie d'aujourd'hui, en ce qu'elle ne peut faire l'économie d'une réflexion sur l'engagement du malade mental dans son rapport au monde. Pierre Delion

    François Tosquelles (1912 – 1994), psychiatre catalan, militant engagé, fuit l'Espagne franquiste. Il est l'un des initiateurs de la transformation des hôpitaux psychiatriques à travers l'expérience de Saint-Alban et le promoteur du courant de la psychothérapie institutionnelle.

  • Une approche globale des médiations artistiques (art-thérapie et autres activités apparentées au soin), dans le champ de l'aide et du soutien des personnes en souffrance.
    On les nomme : ateliers thérapeutiques à médiation artistique, ateliers d'art thérapie, ateliers psychothérapeutiques médiatisés, ateliers d'expression créative, ateliers d'animation thérapeutique, etc. Est-on sûr de savoir et de comprendre, à partir de ces termes, quelle est la nature du travail engagé ? Quelle est la formation et la place des intervenants ? Quel dispositif est mis en ouvre ? Quels en sont les objectifs ? Martine Colignon apporte des éléments de clarification salutaires.
    Plasticienne, diplômée des Beaux-Arts de Paris, Martine Colignon est psychothérapeute et art-thérapeute à la CMME de l'hôpital Sainte-Anne (Paris). Elle est chargée de cours à l'université Paris V-René Descartes, superviseur au Centre d'étude de l'expression de l'hôpital Sainte-Anne et directrice de l'association ARBOR (action de soutien dans le cadre du Plan de cohésion sociale).
       

  • Un ouvrage accessible, au contenu « sensible » pour comprendre ce dont il est question lorsqu'on parle de « travail social » ou d'accompagnement des personnes en situation de dépendance.
    Plutôt que de décliner d'une manière « théorique » ce qui sous-tend l'action de différents travailleurs sociaux, engagés dans l'accompagnement de personnes vulnérables, dépendantes, l'ouvrage propose une série de « petites histoires », mettant en scène le travail qui s'accomplit « en coulisses ». Une manière de découvrir l'accompagnement des personnes « de l'intérieur », de valoriser ce qui s'accomplit, ou encore de s'interroger. Ce faisant, il évoque aussi les différents métiers du secteur et notamment le nouveau diplôme d'AES (accompagnant éducatif et social) qui a vu le jour en janvier 2016.

  • Comment redonner un élan vital à des personnes en déshérence ? Par le biais de rencontres, dans un cadre professionnel sécurisant, plaçant le sujet et la médiation créatrice au centre du dispositif.
    Comment rentrer chez soi quand on n'en a pas ? Comment retrouver un « soi » qui ne soit pas un cagibi de solitude ? Comment ravauder ces trous psychiques malgré la mésestime de soi et la peur de l'engagement ? Collages, peintures, écritures... qu'importe la médiation pourvu qu'elle crée du lien durable ! C'est bien à cela que Martine Colignon nous invite. À ce festin de médiations créatrices, de médiations vectrices de mots, dans le cadre d'une relation sécure. En s'appuyant sur des parcours de vie, elle montre qu'il est ainsi possible de retrouver une dynamique et de renouer avec un projet de vie.

  • Entrevoir la fin de vie autrement par la création accompagnée.
    Dans notre dernière phase de vie, tout semble vain et terminé. La personne malade va mourir. Son équilibre psychique et ses repères vont en être bouleversés. Comment, dans cette ultime étape, le patient va-t-il faire face et intégrer l'idée de la mort ? La rencontre avec la création peut offrir au patient un détour par l'imaginaire, un temps d'expression intime soutenu par l'art-thérapeute. De personne à personne, d'inconscient à inconscient, le patient amorce petit à petit un travail de deuil mêlant le mourant et le vivant.
    Carol Duflot est art-thérapeute, artiste peintre. Après 15 ans passés dans un service de soins palliatifs, elle exerce actuellement en accueil de jour Alzheimer et en résidence temporaire pour personnes âgées ou en difficultés sociales. Elle intervient dans des organismes de formations, des congrès et des institutions.

  • L'équipe pluridisciplinaire d'un CAMSP - établissement médico-social qui reçoit de jeunes enfants malades, souffrant de divers troubles ou porteurs de handicap, et leurs familles - témoigne de son travail spécifique à travers les histoires d'Anaïs, Mathis, Robin et des autres enfants accueillis.
    Cet ouvrage transmet une expérience de la rééducation, de la réadaptation, de l'accompagnement familial et social, des soins psychothérapeutiques dans un CAMSP à partir d'un travail à plusieurs. Celui-ci est toujours orienté par la singularité de l'enfant, son histoire, les demandes et l'extrême souffrance des parents, les aléas de la maladie ou du handicap, les espoirs et les désespoirs qui se succèdent.
      Jocelyne Huguet-Manoukian est psychothérapeute et psychanalyste.

  • Les auteurs parlent des réalités auxquelles sont confrontés quotidiennement les professionnels travaillant dans les MECS, maisons d'enfants à caractère social, pour en tirer enseignement et perspectives de travail. Ici, on visite les ateliers plutôt que la vitrine, dans un parti pris d'humilité et d'humanité qui n'empêche pas l'énoncé de convictions fortes.

    Délaissant les discours parfois lénifiants sur « les établissements tels qu'ils devraient être », des usagers, chercheurs et professionnels engagés questionnent leur exercice professionnel à partir « des établissements tels qu'ils sont » et témoignent qu'en dépit de nombreux écueils, structurels et conjoncturels, les MECS arrivent encore à innover et à aider, familles, enfants, adolescents et jeunes adultes, à trouver leur chemin au milieu des broussailles. On retrouve en filigrane le changement de paradigme intervenu tout au long de l'évolution des MECS, notamment dans le rapport à l'usager et à sa famille où l'on est passé du « faire sans » au « faire avec », et tout récemment au « faire ensemble ».

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