Buchet Chastel

  • Chinonso, un éleveur de volailles du Nigeria, croise une jeune femme sur le point de se précipiter du haut d'un pont. Terrifié, il tente d'empêcher le drame et sauve la malheureuse Ndali. Cet épisode va les lier indéfectiblement. Mais leur union est impossible : Ndali vient d'une riche famille et fréquente l'université, alors que Chinonso n'est qu'un modeste fermier...

    De l'Afrique à l'Europe, La Prière des oiseaux est une épopée bouleversante sur la question du destin et de la possibilité d'y échapper.

  • « L'humanité ne supporte que peu de réalité. C'est pour cela que nous inventons des histoires. ».
    Genève, 1816. Dans un territoire perdu entre rêve et réalité, au bord d'un lac rendu invisible par une pluie sans fin, Mary Shelley fait germer une histoire : celle d'une vie et de son créateur. Alors qu'elle subit plusieurs fausses couches, puis assiste à la mort de son jeune enfant, la jeune écrivaine est vite possédée par cette histoire qui la hante, celle d'un homme qui voulait en finir avec la mort.
    En Grande-Bretagne, au lendemain du Brexit, Ry Shelley, un chirurgien transgenre qui se présente comme un être hybride, fournit des membres amputés à Victor Stein pour un projet d'intelligence artificielle.
    Avec ce roman d'une audace folle, Jeanette Winterson nous livre une vision vertigineuse de notre humanité : son histoire, son futur, son essence. Sélectionné pour le prestigieux Booker Prize, FranKISSstein est aussi un grand texte sur la position hybride de l'écrivain, à la fois créateur et prisonnier de sa création.

  • Une adolescence mennonite.
    Nomi, seize ans, ne rêve que d'une chose : prendre le large. Partir, comme sa mère et sa soeur, loin d'East Village, une austère communauté mennonite. Malgré la promesse faite à son père de ne jamais le quitter, elle ne peut se résigner à une vie étriquée avec pour seul avenir un travail à l'abattoir de poulets du coin. En attendant le grand soir, l'adolescente laisse libre cours à sa répréhensible passion pour la transgression. Aucun interdit n'échappera au feu qui brûle en elle dans sa quête de liberté.
    De sa propre enfance dans une communauté mennonite, Miriam Toews tire un roman plein d'humour noir, un portrait acéré de l'amour familial et une ode à l'énergie ravageuse de la jeunesse. Immense best-seller au Canada, Drôle de tendresse y a été récompensé par le prestigieux prix du Gouverneur général.

  • Colonie mennonite de Manitoba, Bolivie, 2009. Alors que les hommes sont partis à la ville, huit femmes - grands-mères, mères et jeunes filles - tiennent une réunion secrète dans un grenier à foin. Depuis quatre ans, nombre d'entre elles sont retrouvées, à l'aube, inconscientes, rouées de coups et violées. Pour ces chrétiens baptistes qui vivent coupés du monde, l'explication est évidente, c'est le diable qui est à l'oeuvre. Mais les femmes, elles, le savent : elles sont victimes de la folie des hommes.Elles ont quarante-huit heures pour reprendre leur destin en main. Quarante-huit heures pour parler de ce qu'elles ont vécu, et de ce qu'elles veulent désormais vivre. Analphabètes, elles parlent un obscur dialecte, et ignorent tout du monde extérieur. Pourtant, au fil des pages de ce roman qui retranscrit les minutes de leur assemblée, leurs questions, leur rage, leurs aspirations se révèlent être celles de toutes les femmes.Inspiré d'un fait divers réel, Ce qu'elles disent est un roman éblouissant sur la possibilité pour les femmes de s'affranchir ensemble de ce qui les entrave.

  • « J'avais beau tenter de résister, cette femme sur son île s'était insinuée dans ma plume, dans tous mes gestes, et c'est ainsi que fonctionnait ma vie. ».
    Hybride entre roman, enquête historique et essai, La Femme ourse raconte un moment décisif de la vie de deux femmes, séparées par près de cinq siècles.
    La première est Marguerite de la Rocque, une jeune femme française ayant embarqué pour un bateau en direction du Nouveau Monde en 1541. Pendant la traversée, on découvre qu'elle est enceinte. Elle sera laissée sur une île déserte de l'Atlantique Nord, avec une servante et le père supposé de l'enfant. Après la mort de ses deux compagnons et du nourrisson, Marguerite survivra deux ans sur cette île, d'où elle sera secourue par des marins. Les récits de sa survie faits par Marguerite de Navarre ou André Thevet au xvie siècle, relatent qu'elle fût trouvée vêtue seulement d'une peau d'ours.
    La narratrice du roman, une journaliste et écrivaine suédoise (miroir de l'auteure), raconte un long hiver nordique alors qu'elle est mère de trois jeunes enfants. Alors qu'elle lutte pour trouver l'espace mental et physique nécessaire pour se consacrer à l'écriture, elle entend parler de l'histoire de Marguerite de la Rocque. Très vite, son intérêt tourne à l'obsession, et elle entreprend de raconter cet événement dans un roman. Mettant ses pas dans ceux de Marguerite, elle utilise l'écriture pour se réapproprier la solitude, la craignant et l'enviant à la fois. L'histoire de Marguerite comprend ses peurs les plus primales, comme la mort d'un enfant, la solitude, la vulnérabilité de sa condition ; et ses questions les plus grandes : quelle place peut-on arracher pour la création quand on est femme et quand on est mère ? Jusqu'où peut se nicher notre besoin de solitude ? Où est la vérité d'une histoire quand elle est racontée par d'autres et qui a le droit de la raconter ?
    Dans une prose raffinée, Karolina Ramqvist livre avec La Femme ourse une vision à la fois très crue et une allégorie poétique de la maternité et de l'écriture. Son alliance entre nature writing, essai sur l'écriture et roman féministe se lit comme une échappée belle.

  • Par une nuit de tempête à La Nouvelle-Bohême, une ville du sud des États-Unis, un Afro-Américain et son fils sont témoins d'un terrible crime. Sur les lieux gisent un corps et une mallette remplie de billets. Quelques mètres plus loin, à l'abri, un nourrisson. Abasourdis, craignant la police, ils décident de fuir avec l'argent et le bébé. Mais que s'est-il passé avant leur intervention ? Que faisait là cette toute petite fille ? Qui est-elle ?   C'est ce que Jeanette Winterson s'attache à démêler dans cette libre adaptation du Conte d'hiver de Shakespeare. Sous sa plume unique, chacun des personnages de la tragédie prend vie à travers son double contemporain : financier londonien avide, créateur de jeux vidéo, chanteuse à succès, tenancier de club de jazz...   Superbe réflexion sur le pouvoir destructeur de la jalousie et de l'avidité, La Faille du temps rappelle l'intemporalité du génie shakespearien et donne à voir l'immense talent et le prodigieux savoir-faire de la romancière.

  • Vendu à plus d'un million d'exemplaires dans le monde, publié dans 23 pays, Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara est un livre phénomène - un livre phénoménal.

    Le roman balaie plusieurs décennies de la vie de quatre amis de fac venus conquérir New York. Commencé comme un roman d'apprentissage classique, le texte met en scène Malcolm, un jeune architecte métisse, JB un aspirant peintre d'origine haïtienne, Willem, que ses origines scandinaves ont doté d'une beauté froide et fatale, qui tente de faire décoller sa carrière d'acteur, et enfin le mystérieux Jude, dont on ne sait rien ou presque si ce n'est qu'il se lance dans une carrière d'avocat. Alors que chacun des quatre amis se construit peu à peu, succès professionnels fulgurants, échecs personnels et traumas se succèdent. Imperceptiblement, la trame narrative se concentre sur l'énigmatique Jude, véritable étoile noire et personnage-clef de ce récit qui s'étend sur trente ans et embrasse comme rarement les vies intérieures et les destins de ces personnages, confinant ainsi le lecteur dans une position à la fois indiscrète et immensément bienveillante.

    Épopée romanesque d'une incroyable intensité, panorama poignant de ce que recouvre et implique l'amitié masculine et l'amour contemporains, Une vie comme les autres interroge de manière saisissante nos dispositions à l'empathie et l'endurance de chacun à la souffrance, la sienne propre comme celle d'autrui. Révélant ici son immense talent de styliste, Hanya Yanagihara redonne, avec ce texte, un souffle inattendu au grand roman épique américain.

  • Avec une extraordinaire précision et grâce à un accès privilégié aux meilleures sources technologiques et militaires, Singer et Cole ont mis en scène une future guerre entre la Chine et les USA. Dans un avenir très proche - avec l'accord des Russes - la Chine a décidé d'envahir Hawaï pour s'emparer de gigantesques réserves de gaz et réussit à paralyser les répliques américaines.
    Ce conflit mondial d'un nouveau genre aura pour cadre l'espace, la mer, la terre, les réseaux. Il n'est pas nucléaire mais se révèle vite aussi technologique qu'humain. Et avec toutes les armes d'un Pearl Harbour numérique : drones, robots, GPS, cybersécurité...
    Comment puiser dans l'histoire de l'art de la guerre et l'ingéniosité des hommes et des femmes pour engager la résistance ?
    Un thriller addictif, extrêmement instructif sur la réalité des menaces qui pèsent sur notre monde connecté contemporain.
    En fin d'ouvrage, plus de 400 notes renvoient à la réalité des techniques et des faits développés dans le roman.

  • Classique contemporain au réalisme brutal, Une vie violente de Pier Paolo Pasolini renaît dans une nouvelle traduction éblouissante de Jean-Paul Manganaro.

    Dans la lignée des Ragazzi auquel il succède, Une vie violente poursuit l'exploration de la jeunesse perdue des bas-fonds romains avec un réalisme cru. Tommasino, le héros du livre, tente de se forger une réputation dans un quartier de Rome livré aux petits malfrats. Pour ce faire, il s'adonne à la force des faibles, la violence, et devient un de ces vitelloni, un voyou à la petite semaine qui survit de vols à main armée et larcins en tout genre. La prison puis la maladie sauront-elles l'emmener sur les chemins de la rédemption ?

    Comme souvent avec Pasolini, véritable monument de la littérature italienne du xxe siècle, le choix du réalisme est un choix politique et moral : à travers la brièveté et la violence de ce destin, c'est celui de toute l'Italie d'après-guerre que l'auteur interroge.

  • Logar, Afghanistan, 2005. Marwand, douze ans, arrive des États-Unis pour passer l'été avec les siens. À peine les vacances commencées, il perd le bout d'un de ses doigts, croqué par le chien du village, Budabash, qui s'enfuit. La quête de Marwand, qui durera 99 nuits, commence.
    La poursuite de Budabash se révèle être une folle aventure qui conduit Marwand et ses cousins à découvrir tous les aspects de cet Afghanistan en guerre et à vivre de multiples expériences, de la rencontre avec des soldats américains à un mariage en passant par l'exploration de tous les coins secrets de Logar.
    Oscillant entre fêtes et tragédies, ce périple oblige aussi Marwand à se frotter aux secrets de sa famille et à se redéfinir, lui qui revient pour la première fois depuis des années dans un pays en guerre.
    Roman d'aventure, d'apprentissage, Les Nuits du Logar est une savoureuse alchimie narrative entre l'influence du grand roman américain et l'art du conte afghan.

  • A l'occasion du centenaire de la naissance de Lawrence Durrell (1912-1990), Buchet/Chastel, son éditeur historique depuis 1957, réédite son chef-d'oeuvre, Le Quatuor d'Alexandrie.
    Principalement écrite en France pendant les années cinquante, cette fresque majestueuse, opulente et sensorielle, tient de la symphonie littéraire. Des femmes et des hommes exceptionnels la peuplent, entre histoires d'amour et événements politiques, avec, à l'arrière-plan, l'exotique et cosmopolite Alexandrie avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans Justine, le premier des quatre romans du Quatuor, on rencontre Darley, un Anglais qui se souvient de sa liaison avec Justine, pourtant mariée à Nessim...
    Balthazar, le deuxième volet, introduit ce personnage éponyme qui propose à Darley un tout autre angle de vue sur sa liaison ;
    Manifestement, il a été manipulé par Justine et Nessim dans le cadre d'un complot venu de l'étranger... Mountolive, le troisième épisode de la fresque, narre l'histoire de Mountolive, l'ex-amant de la mère de Nessim, devenu ambassadeur anglais en Égypte... Tandis que Clea voit Darley, le narrateur, revenir à Alexandrie.
    Publiées à la fin des années cinquante et rassemblées en un volume en 1962, les quatre fictions du Quatuor d'Alexandrie connurent un succès immédiat et dotèrent Lawrence Durrell d'une stature universelle qui ne s'est, jusqu'à aujourd'hui, jamais démentie. Romans traduits de l'anglais par Roger Giroux.

  • Le premier roman de Pier Paolo Pasolini avait paru aux éditions Buchet/Chastel en 1958 entouré de l'aura de scandale et de procès qui avait accompa- gné sa réception en Italie. Roman cru et cruel s'il en est, le texte retrace la vie et les errances d'une bande d'adolescents marginaux dans le Rome crépuscu- laire d'après-guerre, de petits larcins en prison, de prostitution en crime. La narration tourne principa- lement autour du Frisé que l'on suit dans les diffé- rentes étapes de sa chute et de ses embardées contre la société qui l'entoure. Dans cette effroyable période d'après-guerre en Italie, Pasolini décide de s'inté- resser aux plus faibles des faibles, ceux que même le parti communiste prend de haut et dont « la rage pré-politique », comme il la nomme, le fascine.
    Grand roman politique et moral, Les Ragazzi est aussi un monument littéraire et installe Pasolini parmi les plus grands auteurs du xx e siècle. Le choix de la langue - le romanesco, dialecte parlé dans les faubourgs de Rome et dans les régions alentoures - est en soi un défi. Le riche argot qui ponctue le texte et la grande modernité qui résonne dans ce texte sont merveilleusement rendus par la nouvelle traduction de Jean-Paul Manganaro.

  • Kensington, Philadelphie. Dans ce quartier gangréné par la drogue se croisent deux soeurs autrefois inséparables.
    Aujourd'hui, tout les oppose. Mickey, l'aînée, la protectrice, a rejoint la police. Kacey a sombré dans la drogue et se prostitue pour acheter des opioïdes.
    Quand Kacey disparaît à nouveau, alors qu'une série de meurtres fait rage dans le quartier, Mickey n'a plus qu'une obsession : retrouver le coupable, et sa soeur, avant qu'il ne soit trop tard.

  • Maya Angelou a raconté son extraordinaire vie dans de nombreuses autobiographies, qui ont remporté un vif succès. Dans cet ouvrage, la célèbre auteure partage l'aspect le plus intime de sa vie : sa relation avec sa mère. Pour la première fois, Maya Angelou révèle les joies et les difficultés d'être la fille de Vivian Baxter, une femme d'une détermination à toute épreuve. Quand son mariage commença à battre de l'aile, Vivian, qui habitait en Californie, envoya Maya, qui avait alors trois ans, et son frère plus âgé vivre chez leur grand-mère à Stamps, en Arkansas. Pendant de longues années, Maya vécu avec le sentiment d'avoir été abandonnée, mais ses retrouvailles avec sa mère, dix plus ans plus tard, marquèrent le début d'une histoire qui n'avait pas encore été racontée. Dans Lady B, Angelou relate avec beaucoup d'émotion le long cheminement menant à la réconciliation avec sa mère, qu'elle préférait appeler simplement « Lady », révélant ainsi les moments profondément intimes qui firent évoluer les sentiments d'amour et de respect entre elles.

  • Mêlant astucieusement fiction et réalité, héros romanesques et personnages historiques, cet ambitieux roman révèle au grand jour les mécanismes de fonctionnement de l'une des organisations les plus secrètes au monde : la CIA.
    Saga qui se déroule sur près d'un demi-siècle, La Compagnie lève le voile sur la réalité de certains épisodes clés de l'histoire contemporaine : - Budapest, 1956 : les opposants au régime sont envoyés à l'abattoir, faute de l'intervention espérée des Etats-Unis au moment décisif. - Baie des Cochons, 1961 : la mission clandestine de la CIA tourne au désastre. - Afghanistan, 1983 : juste après avoir rencontré le commandant Massoud, un jeune agent se fait prendre en otage par des islamistes.
    - Russie, 1991 :un espion russe, de retour des Etats-Unis, se remet en question et aide à déjouer le putsch contre Gorbatchev. Fin chroniqueur d'une guerre froide dont il sait restituer toute la complexité, Robert Littell, dans ce roman fascinant, porte un regard approfondi sur la façon dont une nation a exercé le pouvoir, pour le meilleur et pour le pire, dans la seconde moitié du XXe siècle.

  • Dans la société idyllique de Miden, havre de paix pour les élus désireux de fuir leur pays après « le crash », tout a été pensé pour que rien ne vienne perturber la pureté et l'équilibre de la communauté.
    Venue une première fois en vacances sur l'île, une femme s'éprend d'un professeur résident de longue date et décide de prendre un nouveau départ en s'installant avec lui. Elle prend peu à peu ses marques et commence enfin à se sentir chez elle en préparant la venue de leur premier enfant dans quelques mois. Un matin, elle reçoit la visite d'une jeune fille qui déclare avoir entretenu deux ans auparavant une relation marquée par la violence avec le professeur. Elle accuse ce dernier de viol et annonce l'avoir signalé à la Commission. Cette instance juridique de Miden est constituée de citoyens chargés de statuer grâce à des questionnaires adressés à l'entourage des principaux concernés.
    À mesure qu'avance l'examen de l'affaire qui sème le trouble dans la parfaite petite communauté, les questionnaires révèlent au couple la manière dont ils sont perçus par ceux qui les entourent. La compagne, prise entre loyauté et honnêteté, doit elle aussi répondre au sien. Le compagnon quant à lui, devenu paria, se remémore cette relation qu'il ne jugeait répréhensible que pour son statut de professeur face à une étudiante. Alternant les chapitres entre les voix de l'homme et de la femme, le récit nous plonge dans les questions, les souvenirs et les projections du couple en attente du verdict de la Commission. Un verdict qui risquerait de bouleverser leur vie en prononçant l'exclusion de l'agresseur.

  • Ce roman magistral décrit la formation d'un grand peintre depuis l'époque oú, petit juif de brooklyn, il prenait conscience de ses dons jusqu'à l'exposition triomphale qui, en le consacrant aux yeux du monde, le retranchait définitivement de son milieu.
    Etrange milieu que cette communauté juive hassidique de brooklyn originaire de russie sur laquelle règne la toute-puissance spirituelle du rebbe. cependant, dès l'enfance, asher dessine comme il respire : sa maison, sa rue, son père, un des principaux collaborateurs du rebbe qui, tout en s'acharnant à sauver des juifs de la répression soviétique, est consterné de voir son fils unique s'écarter d'une tradition religieuse héroïque pour se livrer aux sottises de l'art.
    Il dessine aussi sa mère, lumineuse et fragile, déchirée par les ambitions admirables et contradictoires de son mari et de son fils. heureusement, pour asher, le grand rebbe qui dirige la vie de ses parents le comprend mieux qu'eux. il s'incline devant un destin qu'il veut exceptionnel, irrépressible, et le confie au célèbre peintre jacob kahn qui devient son maître et lui révèle avec une intelligence remarquable le monde prodigieux de l'art.

  • « Un tremblement de terre fracture le présent, brise la perspective, remue les plaques de la mémoire. ».
    C'est ainsi que Yoshie Watanabe, un retraité japonais, décrit les premières secousses du tremblement de terre de 2011 qui causa la catastrophe nucléaire de Fukushima. Dans les jours qui suivent le désastre, Yoshie Watanabe se retourne sur sa vie, celle d'un des rares citoyens japonais à avoir déjà connu Hiroshima et Nagasaki.
    Comme on recollerait un vase brisé, quatre femmes, à Paris, New York, Buenos Aires et Madrid, font le récit fragmentaire de cette vie rythmée par les catastrophes, les fractures, les pertes et la beauté qui peut naître de ces fêlures.

  • Manju, à peine sorti de l'enfance, ne sait pas trop qui il est. Il sait juste qu'il joue bien au cricket - mais moins bien que son grand-frère Radha à qui il voue une folle admiration -, qu'il aime les sciences et qu'il déteste son père.
    Poussés dès leur plus jeune âge par un père obses- sionnel et ambitieux, ces deux frères issus d'une famille pauvre de Bombay, ont rapidement fait sen- sation dans le monde du cricket. Mais leur spectacu- laire ascension - soutenue par un incroyable entre- metteur, Tommy Sir - et le combat qu'ils mènent pour s'extraire de leur condition va radicalement bas- culer lorsque Manju se lie avec une autre jeune star du cricket, grand concurrent de son frère. Alors que l'adolescence et les mues qui l'accompagnent ques- tionnent l'identité et les aspirations des deux frères, le lecteur les observent avancer, dans un perpétuel mouvement de balancier : ils gagnent du terrain, en perdent à nouveau, sous le joug d'un père honni qui alimente chez eux un désir de vengeance sans fin.
    La Sélection est un grand roman d'apprentissage, mais aussi un grand roman sur l'Inde vue et comprise à travers le prisme de ce sport étonnant qui façonne les gloires nationales et les destins universitaires de ses rares élus. On y retrouve le sens de la saga et de la profusion qui avait tant séduit dans Le Tigre Blanc, la rage d'avancer, de sortir de la pauvreté à tout prix - le tout conté avec un lyrisme tinté de drôlerie, un réalisme aussi et un sens du baroque qui font toute la saveur d'un texte qu'on ne lâche pas.

  • Véritable best-seller aux Pays-Bas et dans toute l'Europe, le premier roman de Marieke Lucas Rijneveld livre un portrait sauvage et beau d'une enfance brutalement flétrie par le deuil.

    À dix ans, la narratrice de Qui sème le vent vit en rase campagne aux Pays-Bas. Les repas de famille, les travaux de la ferme, les heures passées à observer les crapauds, tout devient par la grâce de son regard un fascinant terrain d'apprentissage. Mais quelques jours avant Noël, après avoir lancé un funeste présage à son grand frère parti patiner sur le lac, son monde va être brusquement bouleversé, tout comme celui de sa famille.

    Au fil d'un texte poignant, la voix de la fillette, bouleversante de justesse, dit la violence d'une enfance vécue dans un monde de non-dits.

  • Nouvelle-Zélande, 1866. En pleine ruée vers l'or, l'île voit débarquer sur ses côtes tout ce que la vieille Europe compte d'ambitieux et de désespérés. Parmi eux, Walter Moody, un jeune britannique ruiné bien décidé à trouver fortune accoste au port d'Hokitika, sur la côte Ouest, après un éprouvant voyage. Mais une étrange assemblée l'attend dans le petit hôtel où il a trouvé refuge. Là, dans une atmosphère des plus tendues, douze hommes du cru tiennent une réunion secrète pour tenter d'élucider des faits étranges qui agitent la communauté depuis plusieurs semaines. Un riche notable a disparu, une prostituée a tenté de mettre fin à ses jours, et on a découvert une immense fortune dans la maison d'un pauvre ivrogne, mort lui aussi. Moody succombe bientôt à l'irrésistible attrait du mystère et se retrouve plongé dans un entrelacs d'intrigues et de destins vertigineux.
    Formidable restitution des grands romans anglo-saxons du XIXe siècle, Les Luminaires est une narration ambitieuse dont la structure emprunte à l'astrologie pour livrer un inoubliable roman d'amour, une histoire de fantômes, de pouvoirs et d'énigmes insolubles campés dans une Nouvelle-Zélande ou la fièvre de l'or est reine.

  • C'est dans un New York spectral, encore en proie aux secousses de l'après-11 Septembre, que s'amorce l'improbable histoire de Zou Lei, une clandestine chinoise d'origine ouïghoure errant de petits boulots en rafles, et de Brad Skinner, un vétéran de la guerre d'Irak meurtri par les vicissitudes des combats.

    Ensemble, ils arpentent le Queens et cherchent un refuge, un havre, au sens propre comme figuré. L'amour fou de ses outlaws modernes les mènera au pire, mais avant, Lish prend le soin de nous décrire magistralement cette Amérique d'en bas, aliénée, sans cesse confinée alors même qu'elle est condamnée à errer dans les rues. Il nous livre l'histoire de ces hommes et de ces femmes qui font le corps organique de la grande ville : clandestins, main-d'oeuvre sous-payée, chair à canon, achevant sous nos yeux les derniers vestiges du rêve américain.

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  • LA LEGENDE VEUT QUE SAINT PIERRE, au moment où il quitte Rome pour fuir les persécutions de Néron, rencontre le Christ, qui, à sa question " quo vadis, Domine ? " (où vas-tu, Seigneur ?) répond : " Puisque tu abandonnes mes brebis, je vais à Rome, pour qu'une fois encore on me crucifie.
    " Henryk Sienkiewicz oppose dans Quo Vadis un empire païen, décadent mais plein de vie, à une communauté chrétienne primitive et vertueuse à l'époque des catacombes et des martyres. Une folie comme celle de l'empereur Néron ou un relativisme efféminé et un scepticisme comme ceux de l'élégant Pétrone étaient condamnés à l'anéantissement. L'ouvrage n'a rien perdu de ses valeurs artistiques, et ses admirateurs d'aujourd'hui, de cultures, de moeurs et de religions différentes, prouvent qu'il a une signification universelle, vivante et claire.
    " Il y a dans le paganisme une séduction, et dans cette époque une beauté d'horreur auxquelles le romancier était sensible, et Dieu merci. Pétrone, Vinicius, Néron même l'ont attiré : c'est pourquoi Henryk Sienkiewicz fait un roman humainement vrai, non une oeuvre de propagande. Si des esprits chrétiens ont été touchés par le côté chrétien de son livre, et des esprits insensibles ou hostiles au christianisme touchés par ce côté païen, c'est parce qu'il a fait oeuvre de bon romancier.
    " H. de Montherlant

  • En juin 1944, alors que Malcolm Lowry mène une existence pour le moins rustique sur la côte pacifique canadienne en compagnie de sa seconde épouse Margerie Bonner, un drame fondateur survient¿ : leur modeste cabane prend feu. Le couple tente vaillamment d'extraire du brasier les centaines de pages des manuscrits de Lowry. L'essentiel de Sous le Volcan est sauvé mais la version quasi achevée d'un autre texte, In Ballast to the White Sea, part en flammes. Ce manuscrit disparu ¿ comme d'autres dans la vie de l'auteur ne sera désormais plus évoqué que pour nourrir la légende d'écrivain maudit qui suit Malcolm Lowry comme son ombre. Il faudra attendre la disparition en 2001 de Jan Gabrial, la première femme de Lowry, pour découvrir qu'un carbone d'un premier jet avait été déposé chez les parents de Jan, avant que le couple n'entame son fameux voyage au Mexique, matrice du chef-d'oeuvre à venir, Sous le volcan.
    C'est la traduction de ce roman inachevé, édité par une équipe de chercheurs d'Ottawa University, qui est présentée ici. Curiosité littéraire s'il en est, ce roman au charme puissant explore déjà tous les grands thèmes chers à Lowry ¿ la fascination de la mer, la question du double, l'addiction à l'alcool et s'affirme dès lors comme une importante pièce du puzzle bibliographique de Malcolm Lowry.

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