Bord De L'eau

  • FAIRE CONFIANCE, ON FAIT CELA TOUS LES JOURS.
    PAS UNE INTERACTION SOCIALE NE POURRAIT AVOIR LIEU SANS UN MINIMUM DE CONFIANCE. Pendant l'épidémie de coronavirus qui gagna notre planète au printemps 2020, aucun concept philosophique ne fut davantage mobilisé : confi ance dans les institutions, dans le gouvernement, dans le personnel sanitaire, dans les experts virologues et... les uns envers les autres. Tout se passait comme si le virus avait mis à nu le lien invisible qui tenait notre monde ensemble.
    Et c'est justement une chose qui intrigue : qu'elle soit si omniprésente dans nos interactions sociales, et que les théoriciens de la société se soient si peu attachés à la défi nir. Élaborer une théorie unifi ée de la confi ance est pourtant loin d'être un exercice purement académique : il en va de la réalité humaine elle-même. Car la confi ance est non seulement la force de liaison élémentaire qui nous lie les uns aux autres, mais le coeur de notre rapport au monde en général : au début est la confi ance.

  • 10000 ans d'histoire mondiale de chaussures ! Des marques, des enseignes, des créateurs, inventeurs, artistes, célébrités... et des représentations de la chaussure par des artistes contemporains. 700 illustrations et photos, des milliers d'entrées, quinze ans de travail qui nous racontent l'histoire et la mode. Cela faisait plus d'un siècle qu'un tel ouvrage n'avait pas été réalisé en France.

  • David Graeber, anthropologue atypique, à la fois professeur à la London University et l'un des initiateurs d'Occupy Wall Street, a fait une entrée fracassante à la fois sur la scène scientifique et sur la scène politique en montrant comment un des facteurs qui maintiennent les peuples sous le pouvoir des banques est le sentiment moral que toutes les dettes doivent être remboursées. Un sentiment né il y a 5000 ans en même temps que l'État, le marché, les grandes religions... et l'esclavage.
    La thèse fascine et appelle à la discussion. Notamment sur le point de savoir au nom de quelle conception de la démocratie elle peut être tenue. Sur cette question, dans un texte écrit en 2005 pour La Revue du MAUSS semestrielle et repris dans ce livre, l'érudition et le brio de D. Graeber font encore merveille. Non, montre-t-il, l'Occident est loin d'avoir le monopole de la démocratie, et, contrairement à l'opinion omniprésente, ce n'est sûrement pas la "culture occidentale" qui l'a fait apparaître et prospérer.
    Si on entend le mot culture au sens anthropologique, il apparaît en effet que la culture occidentale est introuvable (d'où une réfutation savoureuse et convaincante des thèses de Samuel Huntington). Et si on entend par culture la culture des lettrés, alors il n'est pas difficile de se convaincre que ceux-ci, en Occident comme ailleurs, se sont constamment opposés à la démocratie. Celle-ci, en réalité, ne naît et ne vit que dans les marges des systèmes de pouvoir.
    Où l'on voit toute la force d'une anthropologie anarchiste, revendiquée comme telle, et qui n'avait rien produit d'aussi puissant depuis Pierre Clastres. Reste, cependant, que tout le monde ne peut pas vivre dans les marges et hors pouvoir, et qu'il faut donc se demander ce qu'il peut et doit subsister de l'esprit de la démocratie dans le cadre des sociétés étatiques.

  • Alors qu'existait, depuis au moins la fin de la Seconde Guerre mondiale, un consensus scientifique sur l'inexistence biologique des races dans l'espèce humaine, celui-ci a éclaté, et le vocabulaire de la race a envahi le champ académique et médiatique. Pour un certain nombre d'auteurs, qui, pour la plupart d'entre eux, se disent appartenir à la pensée décoloniale, il faudrait, la lucidité serait à ce prix, briser ce consensus. Il s'agira ici, d'une part, de rechercher les sources de ce retour à des conceptualisations que l'on pouvait croire oubliées et, d'autre part, d'en mesurer les effets sur la vie intellectuelle, principalement dans l'espace français.

  • Ce livre aborde l'expérience de la solitude. Non pas cette espèce de solitude qu'est l'isolement médiatique dû à la faible diffusion, à la modeste réception d'une oeuvre faite de nombreux livres. La « notoriété », simple valeur honorifique, ne saurait être par elle-même une valeur digne d'intérêt puisqu'elle ne concerne que des individus considérés seulement dans leur « amour propre », cette libre attitude si détestable, si égocentrique et donc si peu apte à fonder quelque éthique que ce soit.
    La solitude à laquelle je songe est ce sentiment d'isolement et de séparation qui peut survenir en chacun à l'occasion d'une épreuve douloureuse qui ne pourrait être partagée, ou d'une situation sociale de crise ou de conflit, ou bien encore de heurt des « identités ».
    Cette solitude, que j'ai parfois vécue (comme beaucoup d'autres) avec une grande intensité, était « sociale », mais comportait des strates implicites de nature affective : solitude dans les relations sociales, face, par exemple, à l'indifférence profonde de mes contemporains à l'égard d'événements dramatiques survenus en des régions lointaines et me concernant au plus profond de moi-même ; solitude parfois aggravée et soulignée par une séparation affective, une divergence existentielle au coeur même de la relation. Cette double solitude a motivé en moi un redoublement, une focalisation particulière de la conscience de moi-même. J'en vins à me demander quels moyens étaient à ma disposition pour surmonter cette « crise » de la relation.

  • La haine en discours Nouv.

    À lire et écouter les actualités ces derniers mois, il semblerait que la haine soit devenue ce « mal » du siècle inévitable et incontrôlable. La haine de l'autre serait l'apanage d'un quotidien devenu pesant voire dangereux. Mais si la haine semble être sur toutes les bouches aujourd'hui, aucune recherche sur ce qu'est le discours de haine n'a encore été menée. C'est donc une définition de ce qu'est la haine en discours et une compréhension du processus qui sont proposées ici. Comment peut-on définir la haine ? À quoi renvoie-t-elle ?
    Que dit-elle des identités de chacun·e, des idéo - logies et des croyances actuelles ? Surtout, peut-on la contrer et comment ? Par le biais d'une analyse fine d'exemples concrets et contemporains, c'est une véritable réflexion sur le discours de haine, ses processus et ses enjeux qui est proposée ici.

  • Amoureux de Portia, belle et riche héritière, Bassanio, gentilhomme désargenté, s'efforce d'obtenir sa main. Pour l'aider, son ami Antonio marchand chrétien, emprunte une somme de 3000 ducats à l'usurier juif Shylock qui lui demande, en cas de non remboursement de la dette, une livre de sa chair. Le jour de l'échéance, la dette n'étant pas réglée, Shylock exige l'exécution de la clause. Mais l'habileté de Portia, déguisée en « docteur de droit civil», confond l'usurier retors et sauve Antonio Shylock, ridiculisé, spolié et trahi par sa fille qui a rejoint le camp des Chrétiens, s'en va seul tandis que les jeunes gens, loin des tracas du commerce et du fracas des procès, s'abandonnent à la félicité, aux sons - joyeux et graves à la fois - d'une musique qui évoque non seulement l'harmonie terrestre retrouvée mais aussi l'harmonie céleste dont elle est l'écho.

  • Une étude inédite sur les "nouvelles femmes" dans les pays du golfe. Des dizaines d'entretiens sur l'islam, l'amour, le travail, la famille.

  • La langue n'est pas sexiste, si l'on veut bien considérer que c'est le sujet parlant, le locuteur, le scripteur, qui est à la fois maître et esclave de l'usage qu'il ordonne. Il peut alors ajouter à ses façons de parler des relents de sexisme, mais il peut également y échapper par des usages intelligents.
    C'est donc du discours qu'il est question - et non de la langue - faisant que seul le sujet parlant est responsable de ce qu'il dit.
    L'expression « Droits de l'Homme » concernet- elle l'homme générique en embrassant les droits des femmes ? Tout ce qui concerne la féminisation de la langue, de la critique sexiste à la transformation des noms de métier, du genre grammatical à la féminisation des formes, est passé en revue sans oublier l'écriture inclusive qui propose des transformations d'usage de la langue, dont l'auteur examine les bonnes et les mauvaises solutions.

  • Comment allons-nous manger demain et qui produira notre nourriture ?
    Cette question peut paraître saugrenue pour de nombreux Occidentaux qui ont accès à une nourriture abondante, variée et à un prix modeste. Elle l'est beaucoup moins pour des milliards de personnes qui souffrent de la faim ou de carences alimentaires dans les pays en développement.
    Manger à sa faim et à un coût modeste constitue une prouesse pour une partie seulement de l'humanité depuis moins d'un siècle.

  • AVEC LE COVID-19, UNE AUTRE ÉPREUVE, PHILOSOPHIQUE CELLE-LÀ, NOUS ATTEND. EN EFFET, QU'ALLONS-NOUS RÉPONDRE À NOS ENFANTS QUI NOUS DEMANDERONT DES COMPTES ET, QUI SAIT, NOUS REPROCHERONT NOS NIAISERIES SENTIMENTALES ? Leur expliquer que nous étions partis en croisade contre la fi nitude car nous ne supportions plus la mort, quitte, dans notre désinvolture, à sacrifi er une génération et à briser un monde que nous n'étions pas sûrs de pouvoir réparer ?
    Dans cet essai magistral, écrit en mai 2020 et placé sous les auspices de Havel, Patocka et Arendt, la philosophe, revient sur l'étrangeté de notre réponse au Covid-19 à la lumière de cette question de portée civilisationnelle, mais jamais posée :
    Que risquons-nous à ramener l'homme à la vie et à ériger celle-ci en valeur suprême ?
    Le grand Confi nement nous semblait de bon sens ? Nos héritiers y verront sans doute une mesure moyenâgeuse, pour une folle plongée collective dans l'inconnu, un Apocalypse tomorrow populiste garanti, pour ne rien dire de son bilan churchillien. Car non seulement confi ner et punir ne nous aura pas protégés de l'épidémie, mais cette décision extrême aura précipité le pays dans une crise plus profonde que partout ailleurs.

  • La revue Germinal rassemble des intellectuels, chercheurs et acteurs publics soucieux de faire vivre, par leurs travaux et leurs engagement, l'ambition émancipatrice du socialisme face à l'augmentation des inégalités et à la crise écologique.

  • Le livre prend le contre-pied du discours habituel sur Trump, dominant dans les média américains et français, qui présentent le président US sous un jour aberrant, monstrueux, imprévisible, absurde, fou... L'auteur en fait le symptôme banal, trop banal, du monde actuel : signe d'une Trumpisation ordinaire de nos sociétés qui va bien au-delà du cas Trump.

  • Le livre déconstruit la notion de « cause animale » telle qu'elle est présentée dans les médias de façon quasi consensuelle et met en évidence sa dynamique historique au service du capitalisme.
    Pour le bien des animaux, de la planète et de notre santé, il faudrait renoncer à l'alimentation carnée voire à tous les produits animaux et consentir à une agriculture sans élevage.
    Le livre fait le point sur les débats et interroge le projet abolitionniste d'un point de vue politique et du point de vue de nos relations aux animaux.
    Pourquoi maintenant ? Pourquoi cette défense consensuelle de la cause animale et la condamnation des systèmes industriels, alors que ceux-ci existent depuis plus de cinquante ans ?
    L'agriculture sans élevage que défendent les abolitionnistes est-elle souhaitable ? Possible ? À qui profi terait- elle ? Est-il possible de « libérer » les animaux, notamment du travail, et de pérenniser nos relations avec eux comme le soutiennent certains théoriciens ?
    Le livre montre que la « cause animale » participe de l'exclusion des animaux domestiques du monde social, via la mise en place d'une agriculture sans élevage.
    L'ouvrage porte une critique des associations abolitionnistes de défense des animaux et décrypte leur mission d'agence de communication au service des nouveaux acteurs de l'alimentation que sont les startup de l'agriculture cellulaire soutenues par les multinationales et par les fonds d'investissement les plus puissants. Celles-ci affi chent leur volonté de prendre la place du modèle industriel qu'elles jugent obsolète et prétendent produire des aliments sains, durables...
    Sans animaux.
    La « cause animale » est de fait celle des actionnaires des biotechnologies, des grandes cultures et des industriels de la robotique. Le livre conclut sur le constat que la seule alternative à la violence industrielle contre les animaux est l'élevage et que la « cause animale », c'est la nôtre, celle de la sortie du capitalisme.

  • Nous pouvons relever un ensemble de caractéristiques de la période contemporaine participant d'un empêchement de l'exercice de la citoyenneté (l'accélération, la modification de façon durable des conditions d'habitabilité de la planète Terre, la révolution numérique et technoscientifique, la montée des radicalisations religieuses et politiques, l'explosion des inégalités sociales...). Par ailleurs, la domination des logiques économiques de maximisation des intérêts individuels vient également entraver les conditions d'exercice de la citoyenneté, qui, elles, sont politiques. Ces caractéristiques confrontent l'exercice de la citoyenneté à un ensemble de difficultés. Pour bon nombre d'individus la citoyenneté apparaît d'abord comme étant empêchée. Peut-on aujourd'hui aller jusqu'à appréhender le temps présent comme caractérisé par une citoyenneté empêchée ? Les difficultés d'exercice de la citoyenneté ne seraient-elles pas un des enjeux fondamentaux du temps présent ?

  • Les écosystèmes dont nous dépendons pour notre survie sont en train de disparaître sous l'effet de notre propre action. En réponse, nous éduquons les individus et cherchons à corriger nos modes de production, soit en transformant volontairement les industries existantes, soit en créant des modèles considérés comme alternatifs. Cet essai propose d'expliquer pourquoi, malgré une conscience écologique toujours plus forte, ces initiatives n'infléchissent pas notre trajectoire. À la croisée des sciences sociales et de la biologie évolutive, il montre que nos organisations industrielles forment des systèmes si complexes et envahissants que nos recherches compulsives de solutions risquent au contraire de les renforcer et d'accélérer l'effondrement de la biodiversité.

  • En 1980, Shining est annoncé comme « le fi lm d'horreur de Kubrick ». L'attente est grande du côté des amateurs du genre comme du côté des fi dèles du cinéaste et elle sera en partie déçue. Mais passé le malentendu initial, le fi lm commence sa vraie carrière et n'a jamais cessé depuis de susciter des commentaires. Film d'horreur sans être vraiment un fi lm de genre, oeuvre problématique, abstraite, complexe, moderne, Shining appelle l'analyse tout en y résistant ou parce qu'il y résiste. Ses énigmes donnent ainsi lieu à toutes sortes d'hypothèses, des plus fantaisistes aux plus rigoureuses.
    Cet ouvrage prend acte de la singularité de ce fi lm adapté du best-seller de Stephen King et qui connaît deux versions (trois, pour être tout à fait précis). Son propos est de mettre en lumière différents aspects du fi lm dans des approches complémentaires, non seulement en en proposant de nouvelles lectures mais aussi en analysant ce que nous pouvons appeler le phénomène-Shining. Ainsi, Cholé Galibert-Laîné, à travers la lecture du récent The Shining : Studies in the Horror Film paru aux États-Unis en 2015, explique pourquoi et comment on se souvient de Shining 35 ans plus tard tandis que Laurent Jullier, considérant Shining comme un fi lm « taillé pour faire écrire », analyse en le décomposant le geste interprétatif que suscite le fi lm de Kubrick. À partir des archives du fi lm et de recherches sur la Parkitecture américaine, Clotilde Simond aborde l'architecture et la décoration dans une lecture qui lie le fi lm à la question indienne. Gaspard Delon réactualise la question du travelling au steadicam dans une approche originale mêlant l'histoire des techniques, l'analyse de réception et l'approche esthétique. José Moure se penche sur une autre forme fi lmique, celle du champ-contrechamp, pour montrer comment Kubrick, en quelque sorte, la réinvente. L'analyse musicologique de Roméo Agid offre une description précise de la musique issue du répertoire contemporain et en éclaire les fonctions. Anne Lété propose une lecture narrative qui prend pour point de départ les défauts de causalité et les énigmes du fi lm et les confronte à la rigueur maniaque d'une construction dramaturgique en chapitres. Francis Vanoye, à travers une analyse comparée du fi lm de Kubrick, du roman de King, du téléfi lm adapté par King (mécontent du fi lm de Kubrick), s'interroge sur la distinction entre terreur et horreur. Enfi n, Loig Le Bihan, auteur de Shining au miroir. Surinterprétations, sorti en 2017, propose ici la traduction inédite d'un traitement du scénario, datant de fi n octobre ou début novembre 1977, outil précieux pour d'autres études à venir.

  • Un livre pédagogique qui fait le point sur la notion de « racisme d'Etat », qui a récemment fait l'objet de polémiques fortement médiatisées. Il s'appuie sur les apports de la sociologie et de l'histoire du racisme. Sans chercher à trancher la question de la « bonne catégorie » pour parler des choses - plan sur lequel les quatre auteurs ont des positions différentes, dans leurs propres travaux -, l'ouvrage donne aux lecteurs les outils pour construire une culture sur le sujet et une attitude plus constructive quant aux débats passionnés en cours.
    Comment le racisme fonctionne-il aujourd'hui en France ? Que sait-on du racisme dans les champs de l'école, du logement, des pratiques policières mais également dans le domaine des politiques relatives aux migrations ? Ce livre interroge les conditions auxquelles il serait ou non pertinent de parler de « racisme d'Etat » (ou encore de « racisme institutionnel ») pour qualifier les processus et les responsabilités à l'oeuvre.
    Enfin, ce livre propose de mettre en regard les controverses et les usages de la notion de « racisme d'Etat » dans les champs politiques, médiatiques et académiques. Il prend également en considération les réponses judiciaires et institutionnelles aux polémiques successives qui visent la définition officiellement acceptable de ce qu'est le racisme aujourd'hui en France (plaintes contre le syndicat Sud éducation pour usage de l'expression « racisme d'Etat », contre des auteurs pour « racisme anti-blanc », contre des militants pour usage du terme « police raciste », etc.).

  • Cet essai propose une réflexion sur la destruction radicale des enfants par les écrans (smartphones, tablettes, télévisions, ordinateurs, consoles de jeu vidéo). Les effets néfastes de ces derniers sont de plus en plus dénoncés.
    L'originalité de cette analyse est de mettre en perspectives la somme des ravages causés par les écrans, habituellement isolés par les spécialistes, afin d'évaluer l'ampleur des dégâts et de démontrer qu'ils sont tous déterminés par le capitalisme mondialisé, à partir d'une documentation conséquente à l'appui (études, rapports, état des lieux de la littérature existante sur le sujet), d'observations empiriques et d'une expérience de terrain en tant qu'éducateur avec des jeunes.
    D'une vision systémique, l'auteur propose de saisir ensemble l'entrave au développement cérébral, la création de nouvelles addictions et maladies, la perturbation du sommeil, l'augmentation de l'isolement, l'altération des relations amicales et du rapport à la sexualité, la haine et la violence banalisées sur le web générant désensibilisation et tolérance répressive, etc. Les procédés marketing et publicitaires renouvelés par les multinationales du secteur high tech sont exposés tout en pointant divers responsables. Leur objectif affiché est un contrôle toujours plus accru sur les enfants, en les rendant dépendants des écrans et des nouvelles technologies (tant des contenus que du contenant), jusqu'à saturer leur univers par la logique marchande. Mais l'originalité de l'ouvrage est dans l'articulation avec une critique de l'économie politique : là où toutes les critiques actuelles se focalisent sur la destruction de l'enfance du point de vue de la consommation, l'auteur propose de dépasser cette limite typique d'une forme d'ethnocentrisme en passant d'une critique de la consommation à une critique de la production. Afin de saisir la destruction capitaliste dans sa totalité, il faut donc se pencher également sur la fabrication des écrans, qui implique travail des enfants en Asie et diverses violations des droit de l'enfant en Afrique centrale (enfants-soldats, enfants violés et tués dans les conflits armés déterminés par les minerais constitutifs des écrans). Cet ouvrage dépasse donc tout en les englobant les multiples critiques partielles et éparses des dangers des écrans pour l'enfance dans les centres capitalistes et pour les enfants dans les périphéries capitalistes, exposant ainsi une impasse pour les générations futures, et ce à l'échelle mondiale, alors même que le capitalisme actuel et futur repose et reposera sur toujours plus d'écrans.

  • Vers une école eco-logique Nouv.

    Faut-il changer l'école pour changer de modèle de société ou changer de modèle de société pour changer l'école ? L'Anthropocène impose une transition des sociétés modernes vers un nouveau modèle d'organisation politique et de fonctionnement économique. Une transformation sociale d'une telle importance requiert de sortir du paradigme de la Modernité. L'institution scolaire, qui participe a` cette construction d'un rapport au monde particulier, peut contribuer a` une métamorphose de la société, a` condition d'entreprendre une mutation conséquente.

  • Léo Ferré, musicien et poète, a réinventé la notion même de chanson. Faisant éclater tous les cadres connus, il a magnifiquement exprimé son univers personnel dans une écriture et une interprétation d'une sincérité absolue.
    Ce livre est une suite de regards, d'approches et d'essais qui, allant au plus précis de chaque sujet abordé, transcende les genres habituels. S'y conjuguent en effet biographie, exégèse, récit, étude. Loin des sempiternelles répétitions, ce texte buissonnier évite les manques inhérents à un récit linéaire.
    Voici un réseau de chemins de traverse qu'apprécieront les randonneurs à l'esprit libre.

  • Denis Clerc est économiste par vocation. Et contrairement à la réputation bien établie de cette profession, il est facilement lisible, compréhensible et souvent drôle. On découvrira dans ces entretiens comment il est tombé amoureux de l'économie politique et comment il a acquis, sur les terrains les plus divers, sa compétence pédagogique peu commune. On y verra aussi comment il a créé un journal - pas n'importe lequel : Alternatives Économiques - avec beaucoup de compétence, beaucoup d'énergie et de conviction, quelques copains et aucun capital. Et comment, après avoir transmis la présidence de la SCOP éditrice du magazine, conformément aux règles et surtout à l'esprit coopératif, il continue à se battre pour l'information économique et sociale, pour la démocratie, contre la pauvreté et les inégalités.

  • Son originalité est d'avoir réuni deux histoires personnelles en une. La première est celle d'un jeune couple de Juifs polonais qui, fuyant la progression de l'armée hitlérienne en septembre 1939, part à l'Est, revient en 1941 à Varsovie dans le ghetto, arrive à survivre aux rafl es, aux déportations, aux camps, et en 1945, en négligeant les démons profondément enracinés dans la société polonaise, décide de revenir et vivre à Varsovie parce qu'il croit à la promesse d'un avenir meilleur... La deuxième histoire est celle de l'auteure à qui, enfant, on n'a rien dit, les uns pour la protéger, les autres pour façonner l'Histoire au service de l'auto-justifi cation d'un régime totalitaire.

  • Le lien entre la question de la nature et le féminisme est au centre de nombreux travaux actuels, l'ouvrage collectif est cependant le premier à donner un aperçu d'ensemble des diverses manières de lier les deux.

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