Langue française

  • Le Pouldu, Finistère, fin octobre 1889. Paul Gauguin s'est réfugié à La Buvette de la plage. Plus rien ne va pour lui. Le succès tant espéré s'éloigne, l'inspiration le déserte, et il vit dans la plus grande pauvreté. Comment faire avec la vie quand tout ne paraît qu'échec et absurdité ?Persévérer ? Malgré les souvenirs, les visions, les regrets ?

    « Oui, peut-être. Oui quand même. Parce qu'il y a l'ami Meijer de Haan, la belle Madeleine Delorme, et puis Jésus, un métèque comme moi, dont le destin me hante depuis toujours, et plus encore depuis mon détour par la chapelle de Trémalo... » Récit à la première personne, en écho aux propos mêmes de Paul Gauguin, cette fiction propose un parcours intérieur imaginaire qui cherche à comprendre ce qu'on peut appeler le mystère du Christ jaune, tableau célèbre renouvelant le thème, sur lequel le peintre, curieusement, ne s'est jamais exprimé...

  • Le Champ de blé aux corbeaux est devenu un tableau mythique. Mais s'il excelle à faire connaître une oeuvre, le mythe obscurcit plus qu'il n'éclaire. Non, cette toile ne fut pas la dernière de Van Gogh, et non, il ne s'est pas suicidé devant. Longtemps, par égard pour les témoins vivants, on a occulté le rôle de Théo et d'autres personnes dans la tragédie d'Auvers-sur-Oise. Ce récit rétablit, par le don de vie du roman, le scénario de la fin.

    Le Champ de blé aux corbeaux, ainsi remis en perspective, en sort plus poignant. Comme tout chef-d'oeuvre, il est une synthèse de l'art de son auteur par la couleur et par le trait, en adéquation parfaite avec son ressenti de l'instant. Le comprendre le fait d'autant plus aimer.

  • À travers Alexandre Corréard, l'un des survivants du naufrage de La Méduse, l'auteur retrace les secrets de la conception et de la réalisation de la première oeuvre de l'histoire de la peinture française, inspirée d'un fait divers scandaleux et tragique. Cette immense toile de trente-cinq m2 acquise par le Louvre en 1824 a provoqué un scandale considérable.

    Le thème bousculait le régime monarchique, le personnage principal de l'oeuvre symbolisait la lutte contre la traite des Noirs, les modèles étaient pour la plupart des survivants de ce drame. L'artiste avait aussi travaillé sur des cadavres rapportés de l'hôpital Beaujon proche de son atelier.

  • Une vision du désert ou une vision dans le désert, avec, comme en lévitation, une rose et un crâne de bélier... Intrigante, mystérieuse, cette toile de O'Keeffe de 1935 rassemble ses thèmes récurrents : les ossements, les fleurs, l'immensité du désert, du ciel... fantastiques et infinis espaces qui l'auront toujours fascinée.
    Cette peinture nous attire vers l'histoire singulière de cette légende, cette icône qui s'est imposée très tôt aux Etats-Unis mais qui reste aujourd'hui encore étrangement méconnue pour ne pas dire inconnue en Europe.
    Derrière O'Keeffe, bien cachée, il y a Georgia... Une femme libre, talentueuse, une grande amoureuse aussi, qui un beau jour va quitter New York pour trouver refuge au coeur des terres arides de l'Ouest américain. A Ghost Ranch, « sous le ciel immense » du Nouveau Mexique...

  • L'atmosphère de cette toile est étrange, la scène énigmatique, comme dans tous les tableaux du peintre, c'est vrai ; Hopper est un ensorceleur.
    Ses peintures, baignées de grande solitude, de mélancolie sourde, subliment la banalité et intriguent. Rêveries inquiètes qui nous entraînent dans un monde intranquille, peuplé de fantômes esseulés.

  • Exposée au Salon de 1865, l'Olympia de Manet déclencha une violente polémique. Le scandale n'était pas de montrer une femme nue étendue sur un lit, non, bien sûr, la peinture l'avait fait cent fois depuis la Renaissance... Alors, était-ce de montrer une courtisane fixant du regard le spectateur, comme si c'était lui son prochain client, à moins qu'il ne soit simplement un voyeur ? Était-ce cette main posée sur son sexe ? Ou ce chat noir à la queue impudemment dressée ? C'est un peu tout cela, sans doute, qui valut à Manet cette réputation de pornographe qui poursuivait déjà son ami Baudelaire depuis la condamnation pour immoralité de ses Fleurs du mal.
    L'histoire de ce sulfureux chef-d'oeuvre est racontée ici, dans un journal fictif, par Victorine Meurent, l'Olympia du tableau, qui fut le modèle préféré du peintre pendant une dizaine d'années.

  • « La toile aux dimensions inhabituelles sortait peu à peu de sa solitude de lin. Klimt l'avait recouverte d'une ample couche d'or mat, au cuivré profond, d'une densité puissante propre à accueillir le motif. Il se souvenait des fonds des fresques de Ravenne et des coupoles de San Marco et de Torcello, tous dorés eux aussi, aptes à recevoir. L'or comme un ciel offert à toutes les promesses, disait-il. Car de lui naîtrait l'objet même du tableau... » Le Baiser de Klimt est devenu le tableau de tous les records : le plus connu du XXe siècle, le plus admiré, le plus copié, le plus « marchandisé »... Mais que sait-on de sa création ? Et surtout, quel sens Klimt a-t-il voulu donner à son chef-d'oeuvre ?

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