Atelier Du Gue

  • La Terre ronde aurait pu être, seulement, l'histoire d'une vieille maison, à moitié écroulée, quelque part en Ardèche... Mais il y a ceux qui, l'été, pendant les vacances, reviennent dans la maison. Dès lors, La Terre ronde devient le récit de plusieurs vies, et surtout, celui d'un attachement, d'un acharnement, d'une fidélité. « Tout a poussé. Il faudra couper. Défricher. S'écorcher. Tout reprendre. Poursuivre un bout d'histoire qui s'accroche au rocher, au versant. » François de Cornière, né en 1950, poète et nouvelliste.

  • Un Provincial monte à Paris pour découvrir le Salon du Livre. Il a un concept nouveau à y présenter, un microfilm, et un contact : Boris, jeune journaliste récemment passé à la télévision. On trouvera dans cette fiction déjantée, des coups de feu, un cadavre dans un placard à balais, mais surtout une critique amusée d'un univers sous chapiteau, formidable cirque propre à la plus sévère des critiques et à l'autodérision littéraire.
    Julien Campredon, Toulousain, est né quasiment avec le punk rock, en 1978.

  • Cette nouvelle a une histoire. Elle semble être le résultat d'une commande de Lorettus S. Metcalf, éditeur de la revue américaine, "The Forum". Jules Verne lui envoya son texte en novembre 1888. Celui-ci fut publié en février 1889. L'auteur précise à l'éditeur : « Pour traiter un sujet pareil, il aurait fallu un volume. Je n'ai donc pu indiquer que quelques excentricités du progrès, pour me tenir dans les limites convenues. » Mais on connaît aujourd'hui trois versions de cette nouvelle. Deux d'entre elles ont été écrites par Michel Verne, le fils de l'écrivain. La troisième que nous proposons ici a été réécrite plus tard et lue en public par Jules Verne, puis publiée dans les "Mémoires de l'académie d'Amiens", en 1891.
    Daniel Compère dans sa préface nous raconte et nous explique les péripéties de ce texte dont cette version a été tirée de l'oubli par l'Atelier du Gué en 1978.
    Toute de charme, de malice et de légèreté, cette nouvelle porte en elle le sujet de « L'île à hélice », féroce satire des moeurs américaines, que Jules Verne traitera quelques années tard dans des proportions beaucoup plus vastes et avec un humour plus grinçant.

    Sur commande
  • Entré à l'École normale d'instituteurs de Nice en octobre 1912, il en sort prématurément à la fin de l'année scolaire 1914, pour exercer les fonctions d'intérimaire à Saint-Cézaire, au-dessus de Grasse, la guerre ayant envoyé au front les maîtres d'école. Le 10 avril 1915, il est mobilisé. Le 15 août, il entre à Saint-Cyr comme aspirant. Le 26 février 1916, il arrive dans les tranchées de Champagne. Un an et demi après, le 23 octobre 1917, il est blessé au poumon droit dans le bois des Gobineaux, sur le Chemin des Dames. Il vient d'avoir vingt et un ans.
    « Touché ! » raconte les circonstances de sa blessure et ses premiers mois d'hospitalisation. Ce texte a été rédigé dans le courant de l'année 1919, à partir des notes d'un carnet de campagne qu'il a tenu depuis son incorporation jusqu'au 11 novembre 1918. « Touché ! Souvenirs d'un blessé de guerre » a été publié une première fois en 1920, par la Maison française d'art et d'édition.
    Il n'avait jamais été réédité.

  • Nouveau catéchisme pour Indiens insoumis tient du recueil de fables, de récits de miracles, de vies de saints... L'auteur, chroniqueur à Mexico place leur contenu en parfait décalage avec leur style, qu'il ridiculise à plaisir. La satire, l'humour, la truculence sont les armes de ces morceaux choisis qui opposent deux cultures. L'évangélisation coloniale côtoie la Théologie de la Libération, les dieux précolombiens ressuscitent et se vengent, le concept des Bains de Pureté se vend bien, une machine peut extirper les désirs obscènes, les prières désobéissent, les fables se cherchent une morale, le catéchisme s'étudie à l'envers et les méchants sponsorisent un orphelinat. Ces « Paraboles », où le perdant n'est pas celui qu'on croit, ne sont pas exemptes d'une certaine nostalgie envers une époque où tout aurait pu être différent.

  • Né en 1940, Daniel Walther fait ses débuts littéraires en 1963 et n'a jamais cessé de publier : trente-trois ouvrages, près de cent cinquante nouvelles dans le domaine du Fantastique et de la Science-Fiction.
    Il a reçu le Grand Prix de la SF française à deux reprises, ainsi que deux prix européens. Ecrire lui est "aussi indispensable que l'amour ou la nourriture". Daniel Walther, alsacien, dispose d'une double culture et se définit comme un écrivain européen s'exprimant en français et en allemand. Il est sans aucun doute un maître dans son domaine et les meilleures plumes du genre l'accompagnent ici.

  • « Je parle dans ce livre de mon bureau, dont les compartiments abritent mon univers en miniature, et à partir duquel j'entreprends le voyage sédentaire qui lui donne son titre ; de ma maison, sa bibliothèque, sa cuisine, son jardin centenaire, menacés par les convulsions de Mexico, cette ville qui, aujourd'hui, est la concentration urbaine la plus importante de la planète ; de mon quartier, son marché, ses passants habituels : le cracheur de feu, le teporocho, qui ont trouvé dans la mort leur modus vivendi ; de ma ville inhabitable et inévitable, quelques-unes de ses rues, quelques-unes de ses antres, sa cathédrale. »

  • Ces onze histoires d'hommes et de femmes, jetés sur la scène du grand théâtre qu'est la mégalopole de Mexico, explorent avec truculence le décalage qui sépare leurs désirs et la réalité de leur quotidien. Dans une ville grouillante, bruyante, explosée... où planent la drogue, l'alcool et le sexe, la vie pousse les personnages dans des situations extrêmes, cocasses, extravagantes ou vers les replis de la marginalité.
    Ce livre est une comédie des passions. Enrique Serna allie le regard féroce du satiriste et la verve de l'écrivain picaresque. Il sait magistralement rendre leur part d'humanité à ces blessés de l'amour.
    Chaque nouvelle est un petit bijou de construction dont la mécanique conduit constamment à la surprise et aux chutes au vitriol.
    Nouvelliste, Enrique Serna est un maître.

  • Ce texte commémore à la fois le martyre de Hossein à Karbala en 680 et celui des étudiants écrasés par l'armée de Saddam en 1991 dans les mêmes lieux saints.
    « Tout en mettant l'accent sur l'histoire tragique de son pays, l'auteur nous fait partager son sentiment de révolte devant la mort ô combien absurde mais atroce. Il parle de sang qui arrose toujours le sable. Il faut le rappeler encore une fois : l'histoire se répète, hélas un peu trop souvent dans ce pays hanté par le spectre de la mort sous forme de tyrannie. » Dans La Coupole à la fleur de grenade, Jabbar Yassin Hussin nous ouvre les portes de Karbala, celles de la symbolique des rituels et du sacré.

  • Toute la pensée de Gracchus Babeuf a été orientée vers la réduction des inégalités. Son militantisme lui a valu de passer la moitié de sa vie en prison. En 1797, il est guillotiné pour avoir demandé l'application de la Constitution de 1793 qui donnait plus de pouvoir au peuple et qui instituait l'égalité entre les citoyens.
    Ce livre s'adresse à ceux d'entre nous - et tout particulièrement aux jeunes -, qui refusent le monde tel qu'il est aujourd'hui, sa violence, sa veulerie, mais surtout son injustice, Jean Soublin adresse cinq lettres qui racontent ce qu'a vécu Babeuf et comment il a répondu à ces dilemmes : égalité/bonheur, égalité/propriété, égalité/génétique, et finalement le plus difficile : égalité/liberté.

  • Une vie entière consacrée à l'amélioration de l'art culinaire, derrière les fourneaux des plus grands restaurants ou à travers des livres essentiels... Prosper Montagné est un des grands maîtres de la cuisine française.
    Ce cuisinier de génie, né à Carcassonne, n'a jamais oublié sa terre natale, ni l'accent particulier de sa cuisine. Érudit plein d'humour, éloquent sans emphase, philosophe du bien-vivre, Prosper Montagné (1865-1948) sait tout de ce qui concerne la table.
    Classique incontesté de la cuisine, écrit en 1929, Le Festin Occitan vous invite encore aujourd'hui à découvrir les vraies richesses de la table occitane mais aussi à renouer avec l'art du "bien-manger".

  • Enrique Serna est né au Mexique en 1959.
    Dans ses nouvelles, la rigueur de la construction domine, avec un humour parfois cruel, et des chutes au vitriol. Récemment, Gabriel Garcia Marquez, dans le magazine Cambio, le reconnaissait, parmi les grands, comme l'un des auteurs mexicains à lire cette décennie. Ce numéro qui présente à ses côtés des nouvellistes de sa génération ouvre une porte sur la nouvelle mexicaine d'aujourd'hui. Humour, étrange, poésie, tradition...
    Le fil n'est pas rompu avec les écrivains latino-américains des années 60. Mais l'espace temps narratif s'est élargi, les personnages sont devenus pluriels, les thèmes ne sont plus toujours typiquement mexicains, l ville comme lieu de tous les possibles a pris le pas sur le monde rural. Et de plus en plus nombreuses, les femmes écrivains s'imposent.

  • L'exil est une morsure qui partage le corps en deux, taraudant la mémoire inexorablement. Le retour impossible vers Bagdad entraîne Jabbar Yassin Hussin dans une exploration quasi obsessionnelle et désespérée de son identité. D'une ville à l'autre, entre histoire et mythes, ses récits traversent le temps, les lieux, les visages... Voyage hallucinatoire et initiatique. Dans sa quête incessante contre l'oubli, il nous emmène à la naissance de la Chrétienté en Mésopotamie, dans la Cordoue du XIIe siècle, à la rencontre d'Averroès et de Jorge-Luis Borges, dans la Bagdad antique et moderne, mais aussi dans la campagne française. Une foisonnante pérégrination au bout de laquelle la mémoire devient le miroir de chacun.
    Jabbar Yassin Hussin est né à Bagdad en 1954. Après un bref passage dans le journalisme, il quitte définitivement son pays en 1976 pour la France.

  • Elsinore

    Salvador Elizondo

    Un jeune Mexicain de bonne famille - Salvador Elizondo, car ce récit est autobiographique - est envoyé dans un collège militaire aux États-Unis, au moment où ceux-ci s'engagent dans la Seconde Guerre mondiale.
    Hors la discipline de fer où sont les repères, où sont les frontières ? L'adolescent ne peut répondre que par la transgression, puis la fugue. Voyage initiatique, Elsinore s'inscrit d'emblée parmi les chefs-d'oeuvre du genre.

  • Paroles d'argile est un témoignage bouleversant de Jabbar Yassin Hussin. Écrits à vif au moment où se préparait la guerre de 2003, voici une dizaine de textes et conférences parus dans la presse arabe ou prononcés devant les parlements de Paris et Strasbourg. Jabbar Yassin Hussin raconte la condition de l'exilé puis son douloureux retour dans Bagdad occupé. Selon Edgar Morin, préfacier de ce livre : « Jabbar l'exilé est devenu un étranger, même dans cette patrie refuge, la France, où il incarne un Orient étrange et mythique. Même dans les pays arabes, il n'est plus au premier abord reconnu comme arabe. L'Irak des trente années de dictature lui était devenu étranger, mais au profit d'un Irak profond où son âme a pris racine. C'est cette racine mésopotamienne profonde de l'Histoire humaine qui pour l'âme de Jabbar irrigue, identifie et justifie l'Irak d'aujourd'hui. » Dans le désarroi de Jabbar, dans le tumulte de ces heures, la nature même de l'exil se déchire, se dévoile. L'auteur, ancien militant du parti communiste irakien, poursuivi et torturé par le régime de Saddam, témoigne aussi pour les siens, contre l'effacement de l'Histoire, pour la parole réappropriée, devenant le porte-voix d'une culture profanée par la dictature, les bombardements, les pillages.

  • Plaire aux vaches

    Michel Ots

    Dix-sept petits chapitres pleins de fraîcheur et de simplicité pour évoquer nos amies les vaches.
    Michel Ots, éleveur "autodidacte", nous raconte tout ce que nous avons (sans doute) toujours voulu savoir sur ces gros animaux à la robe tachetée de noir (à moins que ce ne soit de blanc, tout dépend du point de vue) sans jamais oser le demander : la traite, les différents modes d'élevage, le choix d'une vache, les pâtures, le fumier, comment tanner une peau de vache.
    Loin d'être un manuel de savoir-faire technique, aux leçons de morale rébarbatives dénonçant à corps et à cri l'élevage intensif et les éleveurs businessmen, c'est un livre débordant de tendresse et d'humour. Un livre généreux empreint de respect envers la race bovine et la nature en général.
    Bien malin celui qui, à l'issue de sa lecture, osera encore penser, avec mépris, d'un type à l'oeil rond et au regard vide qu'il a "l'air bovin". Comment oublier les premiers mots de cette ode aux vaches : « Aucune vache ne refuserait de se laisser choyer. La vache est un animal doux, docile et généreux ».

  • Lianes

    Olivier Delau

    Pierre rencontre par l'intermédiaire d'une agence matrimoniale la fiancée qui lui convient, et tombe du même coup sur Liane, la tyrannique petite soeur, qui n'a de cesse de supplanter son aînée dans le coeur d'un jeune businessman ! Ailleurs, cette liane prend le visage d'une autre enjôleuse, la femme en noir, dont la présence répétée depuis cette estivale route des vacances qui ouvre le livre, effectue d'incessants retours, dispensatrice de volupté, bien souvent.
    Eros et Thanatos sont toujours très proches dans les histoires de l'auteur.

empty