Association Pour L'incitation A La Creation Litteraire Et Artistique

  • La revue de création littéraire sarrazine publie des textes : poésie, textes courts, photos, bandes dessinées, gravures, etc.autour d'un mot, cette fois-ci le mot est juste. La plupart des textes de cette livraison tente de corriger l'injustice de ce monde avec des mots choisis, ce qui donne à cette opus un petit air politique.
    Intervention de : Christian Prigeant, Jacqueline Merville, Patrick Beurard-Baldoye, Olivier Apert, Paul de Brancion, Pierre Drogi et Beatrice Mauri.
    Avec de nombreuses photos de Béatrice Mauri.

  • Le livre est sensuel, il met en oeuvre l'odorat, le toucher, la vue, le geste. On corne la page, on l'annote, le gribouille, on le met dans une poche au contact du corps, on se l'approprie, le prête, l'emprunte, le vole... Il devient trace de notre histoire.

    Pourtant quand le papier vient à manquer, on finit toujours par trouver une surface plane, un bout d'ardoise, une tuile, une pierre, un morceau de bois, une tablette d'argile. Alors on revient aux origines, on se contraint à faire court.

    À l'autre bout du sens, les sans-papiers sont dans un dénuement extrême. Pourchassés, refoulés aux frontières, ils sont, aux yeux de notre société de surveillance, des > mais aussi potentiellement des porteurs de liberté et donc source de danger.

    On remarquera que dans ce numéro les textes ne sont pas justifiés, ils sont simplement justes car nous estimons que la littérature n'a pas à se justifier, elle est libre, va où elle veut, quand elle veut, avec le support qu'elle veut, à la limite cela n'a pas d'importance. Ce sur quoi sont écrits les mots est indifférent du moment qu'ils sont là lisibles et accessibles au plus grand nombre, sans barrière, sans censure, sans surveillance.

    La littérature est sans papier(s)...

  • Il était une fois une revue de création littéraire qui avait décidé de solliciter des écrivains, poètes, philosophes, compositeurs et artistes de tout poil pour tenter de produire quelque chose autour d'un mot : une fois.

    Nous sommes justement à une époque où une fois se fait rare et va à l'encontre des multiplications financières qui arrivent à vendre comme s'ils étaient uniques des biens fabriqués à la chaine.
    Et à bas prix.
    Nous sommes au coeur de la tromperie.
    Ce qui est unique ne se vend pas.
    Sarrazine a tenté de savoir une fois, de saisir une fois, pour une fois.
    Nous avons laissé une large place à Olivier Apert avec un long entretien et autour de Talitha Koum qui est justement une création dansée-parlée.
    Des photos, de nombreuses contributions de formes différentes et d'esprit non préformé. Certains textes délicatement tissés par la main.des lapins en cadavre nous venant du Québec, jusqu'au roman, pour une fois, dissimulé derrière le paravent de la fiction. Un bel entretien, sur Poezibao, avec Florence Trocmé.
    Notre ambition est que ce numéro se tienne et accueille la diversité avec une certaine douceur car, comme le dit joliment Romain Fustier « C'est marrant de voir la campagne au loin ».

  • Nous sommes dans l'obscurité en tant que créatures d'un monde technique défaillant de lumière, artificiellement maintenu dans le noir. Cet aveuglement délibéré a des effets monstrueux. Le soleil triomphe de notre asservissement, nous tient en sa trompeuse clarté unique et déraisonnante. Il ne faut pas trop apporter de crédit aux évidences. Nous avons voulu nous pencher sur la nuit ce ralle nous accueille avec constance et régularité, nous entourant de calme, suspendant les effets de la vie. Mais il y a la chute du jour qui annonce l'heure des songes où le corps risque son salut à fréquenter les ténèbres. Ce qui est difficile n'est pas la nuit, c'est de la traverser de pat en part avec l'attente de l'aube qui se fait cruellement sentir et ses bruits, synonymes de vie. Ce qui fonde la nuit est caché et nous ne savons jusqu'où cela nous conduira. Nous ne sommes pas enclins à accepter la nuit totale, d'ailleurs sans elle où en seraient les monstres sans doute assoiffés d'univers ? Nacht und Nebel, trois fois la nuit, ainsi le veut l'Ancien Testament, et pourtant la nuit est aussi un refuge et le brouillard un manteau.

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  • Ce numéro de la revue Sarrazine est un ensemble de poésies et de textes littéraires très divers parce que demain sera multiple. Photos noir et blanc de Gérald Bloncourt, roman photo de Catherine Rodière-Rein, textes poétiques de Françoise Hàn, Véronique Vassiliou, Fabienne Yvert, Brigitte Marmol, François Richard, Jacques Estager, Pierre Maubé, long interview de Pierre Bergounioux, rêverie sur Kantor de Tristan Felix,le sujet est inépuisable et Sarrazine ne l'épuise pas. Des recensions clôturent le numéro sur Demain.

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  • On sait peut-être qu'au siècle dernier lorsqu'une femme mettait le noeud de sa robe en panache sur son dos cela s'appelait un « suivez-moi-jeune-homme ».
    Sarrazine vous invite à la suivre, mais aussi à l'échange.
    Nous ne saurions vivre sans le soutien de nos lecteurs, sans appui concret, aussi cet éditorial laconique sera une invite d'abord à lire les beaux textes de ce numéro : les entretiens avec Joséphine Bacon et Souytin Naud, les textes de Pascale Auger, Edith Azam, Laure Gauthier, Silvia Marzocchi, Jacqueline Merville, Laurence Werner David, Mathieu Coutisse, Laurent Grison, Philippe Guesdon, Werner Lambersy, Marinella, Serge Muscat, Bruno Normand, Giacomo Sartori, Jean-Louis Vincendeau et le roman photo de Benoît Vidal.
    Et surtout pensez à vous abonner, 32 € pour deux numéros. sans oublier les numéros anciens qui piaffent d'impatience à l'idée de vous retrouver.
    Suivez-nous.
    Vous avez peut-être remarqué que nous avons une nouvelle couverture.
    Sans vous nous ne sommes rien.

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  • Beaucoup, de prime abord l'ont saisi par le corps, par la sensualité. D'autres, pénétrés de la question du sens, ont cherché autour d'eux de multiples façons d'ancrer leur désir, de trouver une justification au fait d'exister dans les pratiques ancestrales de différentes cultures. Certains disent simplement leur désarroi et le nôtre aussi. Je me souviens du Cours de Linguistique Générale de Ferdinand de Sausurre où « l'immotivation » du signe raccourcissait considérablement notre angoisse à ce propos. Il y avait le signifiant et le signifié que l'usage arrimait d'un lien indestructible et la messe helvétique était dite. Alors Jakobson, Hjemslev, Lacan, Benveniste survinrent et, tout d'abord nous retombâmes dans des abîmes de perplexité ... de jubilation aussi. Ce millénaire commence dans une très importante perte « d'individuation ». La question du sens doit se poser à nous. Il vaut mieux qu'elle se pose. Sommes-nous devenus des prolétaires du sens totalement dénués de conscience de classe et allons-nous, de ce fait, dériver immanquablement vers une implosion de l'être jusqu'au fond de lui-même, immobile et muet d'avoir tant usé de communication fulgurante et figée ? Abstraction absolument réussie puisqu'elle conduit irrémédiablement au vide. Nous faisons l'hypothèse que l'art, et singulièrement ici, la littérature, la poésie et l'écriture sont de nature à conduire à une aurore boréale.

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  • Nous avions décidé pour ce numéro 19 de choisir un "mothème" très ouvert. Saisi par le sentiment du monde errant se dirigeant sans grâce vers des avenirs bouchés dans un grand n'importe quoi généralisé. : climat, pesticides, nucléaire, montée des eaux, déforestation, capitalisme financier outrancier, injustices, ressources en matières premières exsangues, réfugiés, pollutions multiples, harcèlements divers, N'importe quoi s'était imposé sans contredit.
    Puis au fil de nos neuf mois de gestation les textes se sont présentés allant dans un autre sens. Le N se mettait de lui-même entre parenthèses. Il ne s'agissait plus de perdre le Nord mais de le retrouver. Et cette livraison s'est engagée dans un autre mouvement non pas d'espoir à proprement parler mais par le truchement de l'écriture principalement poétique, elle montrait soudain ce qui comptait : l'élan de la création, le don, la liberté, l'échange qui nous importent, quoi !
    De magnifiques photos d'ombres et de lumières, des textes du Nord : Danemark, Norvège, Allemagne, Pologne, Pays-Bas, Belgique, Lille, un entretien sur le don à l'origine de tout mouvement vers la vie, de très belles écritures données à lire.

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  • Il s'agit de la voix, de la répartie et d'un décalage. C'est une adéquation du corps, du souffle et du langage en un instant de déraison.
    L'esprit d'escalier c'est quand on n'a pas encore attrapé ce que l'on ne voudrait pas voir rester sans réponse.
    On trouve le mot juste un peu trop tard.
    Alors que l'écriture pallie à l'oubli de ce qui vient au moment où ça vient. On note de crainte que cela ne disparaisse. Elle est moins sociale et fonctionne selon d'autres prémisses on serait plutôt dans l'antichambre de l'esprit, tentative de conservation alors que l'esprit d'escalier, lui, tiendrait plutôt de la conversation volée, envolée.
    C'est là sur la table mais dissimulé dans les méandres interdits du corps ou je ne sais... et pfuiit ! Il s'agit donc de distance ou d'éloignement, d'effacement du corps - allez osons un néologisme contemporain tendancieux - de son « imprésence ».
    Cet édito, en bonne logique, je devrais l'écrire dans l'escalier afin d'avoir de l'esprit.

    Les contributeurs :
    Rim Battal - Didier Cahen - Angèle Casanova -Stéphane Casenobe - Mathieu Coutisse - Séverine Daucourt - Elke de Rijcke - Lou Dubois - Nolwen Euzen - Emmanuèle Jawad - Anne Kawala Jean-Luc Lavrille - Julia Lepère - Béatrice Machet - Alexis Pelletier - Catherine Rodière-Rein - Nicolas Vargas

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