Actes Sud

  • Omar al-hamzâwi, célèbre avocat cairote de quarante-cinq ans, marié et père de deux filles, éprouve soudain pour sa femme, sa profession, son mode de vie, une vive répulsion.
    Hanté par la mort, il s'engage dès lors dans une impossible quête, mendiant autour de lui des bribes de vérité.
    Le mendiant, dont l'édition originale date de 1965, fait partie du cycle dit " philosophique " de l'oeuvre de naguib mahfouz, sous-tendu à la fois par une critique désabusée des nouvelles réalités sociales et par les grandes interrogations existentielles. la construction est rigoureuse, le rythme vif, l'écriture dotée d'une forte charge poétique.
    Un aspect encore inconnu en france du talent multiforme du grand écrivain égyptien.

  • "Ce poète au chant bouleversant, soudainement émergé de l'Algérie profonde, a marqué de son étoile de sang toute la génération de l'après Seconde Guerre mondiale. Il est urgent de lire, d'entendre aujourd'hui ce grand autre nous-mêmes, ce clandestin qui s'introduit dans notre mémoire à la faveur d'un équivoque passeport de langue française et nous dérange par tant de familiarité mêlée à tant d'étrangeté radicale. Alors que nous nous accrochons aux pans de notre identité, refusant de reconnaître que l'autre, depuis des siècles, est déjà en nous, Kateb nous force à nous décentrer par mimétisme dans son jeu et son monde afin que, dans le jardin parmi les flammes, notre coeur devienne capable de toutes les formes." Jacqueline Arnaud, dont les travaux sur la littérature maghrébine de langue française font autorité, a travaillé plus de vingt ans pour rassembler ces textes épars du "Maghrébin errant". Elle a tout juste eu le temps de voir la première édition de L'oeuvre en fragments publiée, avant de disparaître en janvier 1987.

  • Soldats en permission, femmes abandonnées, adolescents en quête du père, flagellants en procession : les personnages qui peuplent ces onze nouvelles expriment une vérité profondément irakienne.
    Celle d'un monde tragique, écrasé par des difficultés de toutes sortes, et qui semble un moment s'en échapper en basculant dans l'étrange et le merveilleux. ici, les graffitis sur les murs d'une vieille maison se muent en chevaux qui galopent, les chiens errants sont doués d'imagination, une jeune fille parle le langage des tortues et, de l'eau qui ruisselle sur le dallage du mausolée d'al-husayn, dans la ville sainte de karbala, surgissent soudain l'arche de noé et la baleine de jonas.
    L'originalité de mohammad khodayyir, l'une des figures marquantes de la littérature irakienne, tient autant à sa vision intense de l'existence qu'à son écriture lyrique, voire flamboyante. ses personnages dégagent une telle charge d'humanité qu'ils instaurent d'emblée une lecture fondée sur la sympathie, quand ils n'appellent pas une sorte d'identification secrète.

  • Après avoir dégagé une philosophie et une poétique d'ensemble de l'acte traduisant, notamment en poésie, l'auteur passe en revue les principales phases du mouvement de la traduction dans la culture arabe classique et s'interroge sur les raisons de l'évitement des oeuvres poétiques.
    Traitant ensuite de la traduction littéraire à l'âge moderne, il s'arrête longuement devant près de douze réalisations, choisies en raison de l'importance des oeuvres traduites, ou de leurs traducteurs, ou encore de l'impact qu'elles ont pu avoir. des problèmes fondamentaux apparaissent au fur et à mesure de leur lecture comparative et sont minutieusement discutés. comme les hollandais gagnent sur la mer chaque jour un peu plus de terre ferme, les traducteurs élargissent continuellement, selon l'auteur, les régions du penser et du dire.
    Non seulement en traduisant mais aussi en se livrant à une réflexion soutenue sur les difficultés inhérentes à leur travail, dues tantôt aux limites, toujours déplaçables, de la langue, tantôt aux insuffisances des poétiques mises en oeuvre dans la traduction.

  • Géographe arabe du Xe siècle, né à Jérusalem, Mugaddasî est l'auteur d'un ouvrage considérable, La Meilleure Répartition pour la connaissance des provinces, où il dresse un tableau vivant et précis du monde musulman, du Maghreb à l'Indus et du Yémen à l'Asie centrale. Ouvrage d'un savant rompu aux disciplines religieuses et profanes de son temps, mais aussi d'un authentique écrivain, fin observateur des paysages et des hommes, il compte parmi les plus belles réalisations de géographie humaine au Moyen Age. André Miquel, sans doute le meilleur connaisseur de la littérature géographique arabe, nous donne ici une traduction libre de ce texte, n'hésitant pas, si besoin est, à élaguer, nuancer, regrouper, et parfois aussi à intervenir pour éclairer le lecteur occidental à propos de certaines notions connues des contemporains de Mugaddasî mais difficiles à cerner de nos jours. Il a en outre modifié l'ordre de présentation des pays afin de reconstituer en un seul récit l'itinéraire de l'auteur durant ses vingt ans de pérégrinations.

  • Cette histoire de la littérature arabe moderne a l'ambition de combler une lacune.
    Il n'existe pas en effet, ni en france, ni ailleurs en europe, d'ouvrages récents qui fassent le point sur le sujet avec toute l'ampleur nécessaire et en cherchant à comprendre les dynamiques internes qui ont doté cette littérature de ses traits singuliers. tout au long du siècle, alors que l'empire ottoman se débattait en vain pour survivre, les écrivains arabes se sont employés à ranimer leur prestigieux patrimoine, vieux de plus d'un millénaire, mais aussi à y intégrer progressivement, au contact des oeuvres littéraires occidentales, des genres inconnus auparavant, tels que le roman, la nouvelle et le théâtre.
    Les bouleversements du xxe, siècle inciteront poètes. prosateurs et dramaturges à inventer de nouveaux modes d'écriture, à l'origine d'une véritable refondation littéraire. se voulant à la fois aiguillons et témoins, guides et critiques, ils seront attentifs à la plupart des courants novateurs dans le monde. et comme toute littérature vivante, la leur dira l'universel tout en restant ancrée dans la réalité politique et sociale de leurs pays.
    L'histoire de la littérature arabe moderne, dont ce volume constitue le premier tome, se propose de rendre compte de cette évolution en tirant profit des progrès réalisés au cours des dernières décennies, notamment en matière de sociologie et d'analyse littéraire. rédigée par une quinzaine de spécialistes qui comptent parmi les meilleurs dans leur domaine. elle est destinée aux chercheurs et aux étudiants, ainsi qu'à tous ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent à la littérature.
    Ils pourront, à travers elle, se faire une idée plus exacte du monde arabe. partie prenante de la grande aventure de la modernité.

  • Fruit d'une longue collaboration entre chercheurs italiens, algériens, tunisiens, marocains et français, appartenant à des générations différentes, coloniales et postcoloniales, ce livre aborde la question de "l'après-colonie" au Maghreb en contournant les débats idéologiques et les polémiques épistémologiques actuelles sur les sciences sociales occidentales souvent accusées de pérenniser une nouvelle forme de domination.
    II se tourne, dans une démarche clairement microsociale, vers des objets et des sources qui ont jusqu'ici très rarement attiré l'attention. Ce faisant, il met au jour, entre présent et passé, des pans entiers de la vie de sociétés maghrébines du XIXe au XXIe siècle qui se révèlent complexes et mixtes : populations migrantes travailleuses ou combattantes sur le sol africain, lieux de production directe inscrits dans la chair des territoires, élaborations conflictuelles d'identités, pratiques de fabrication de liens au long cours.
    L'ouvrage montre que les traces de ces actions humaines hétéroclites constituent aujourd'hui un patrimoine proprement maghrébin en même temps que nécessairement partagé avec d'autres. Il permet ainsi d'énoncer certaines au moins des questions, informulées voire informulables, que se posent, le plus souvent à l'aveugle, les nouvelles générations des deux rives. Pour la première fois peut-être, un collectif de chercheurs engage ici un désir commun de savoir(s) croisés par-delà les frontières.

  • dans un petit immeuble qui s'élève "comme une tour trapue" au bout d'une route non goudronnée, à proximité de la vieille ville, habite un jeune homme handicapé physique, avec un père déjà vieux, et dont la vue s'obscurcit jour après jour, et une mère qui ne pense qu'à s'évader de ses tâches quotidiennes.
    en dehors d'eux, l'immeuble abrite une autre famille, à l'étage au-dessous, composée d'une femme et de sa fille. ni le lieu ni le temps ne sont précisés, même si l'on devine qu'il s'agit du liban, à la fin du xxe siècle. nul personnage n'est désigné par son nom. nul événement extérieur, hormis les travaux de construction qui transforment peu à peu le paysage, ne vient perturber "le chant du pingouin", le long soliloque du fils handicapé.
    reclus dans son tout petit monde, aucun détail - pas même le plus infime - de son environnement ou de lui-même ne lui échappe : son corps disgracieux, ses gestes maladroits, ses désirs refoulés - mais qu'il ravive sans cesse en épiant ses voisines. marginal parmi des marginaux, oiseau étrange aux courtes ailes, il dit sa vérité et celle de son entourage, abolissant par le verbe la frontière entre le normal et l'anormal.

  • Le personnage principal de ce roman est une jeune femme née dans une famille traditionnelle d'Alep. Elle a passé toute son enfance et son adolescence auprès de ses trois tantes, dans un quartier de la vieille ville. Cloîtrées à la maison, celles-ci ne la quittent qu'une seule fois par semaine, sous leur hijab intégral, pour se rendre au hammam. Quant à elle, la narratrice, si elle est autorisée à sortir, c'est seulement pour faire l'aller et retour entre la maison et l'école. Devenue lycéenne, elle se lie à des militantes islamistes et finit par adhérer à leur organisation. Mais en échappant à la prison familiale, avec son conservatisme rigide et ses occupations futiles, elle entre de plain-pied dans une autre réalité, où la haine marque chaque geste de la vie quotidienne. Se donnant désormais pour mission d'exécuter la volonté de Dieu sur terre, elle rompt avec ses anciennes amies, se dispute violemment avec l'une de ses tantes sous prétexte que celle-ci n'a pas honte d'évoquer ses désirs sexuels, déteste son corps et tout ce qui lui rappelle sa féminité, et voue surtout aux gémonies "l'autre" communauté, celle à laquelle appartiennent les principaux dirigeants du pays. Des attentats jihadistes frappent à l'aveugle militaires et civils alaouites, ce qui entraîne une répression d'une brutalité inouïe, menée par les milices du régime, qui fait des dizaines de milliers de victimes innocentes.
    Mais dans ce récit imprégné d'une poignante amertume, la narratrice ne raconte pas seulement sa chute mais aussi sa rédemption, amorcée au contact d'autres femmes de différentes origines confessionnelles ou ethniques qu'elle a rencontré après son arrestation. Elle retrace en parallèle l'évolution de chacun des membres de sa famille : son frère Hussam qui sera tué par la milice après une longue cavale, sa tante Maroua qui tombe amoureuse de l'officier qui traque Hussam, sa tante Safaa qui se marie avec un ancien marxiste devenu islamiste, et ses oncles dont l'un se réfugie dans le soufisme, l'autre dans la débauche, pendant que le troisième s'exile à Londres...
    En restituant ainsi l'affrontement entre les deux forces qui ont ravagé la Syrie tout au long des années 1980, l'islamisme et le despotisme, Khaled Khalifa met fin à l'amnésie que les Syriens se sont longtemps imposés, que ce soit par peur ou par souci de restaurer la paix civile, mais qui est loin de les avoir guéris de leurs traumatismes.

  • La « révolution du 25 Janvier » pour l'instauration d'une démocratie en Egypte, pivot du monde arabe, ébranle un régime despotique qui domine depuis plusieurs décennies ce pays et annonce sûrement une nouvelle ère pour tous les peuples de la région. Il n'existait cependant en France aucun ouvrage de référence examinant systématiquement à la fois les transformations profondes de la société égyptienne et les blocages institutionnels et politiques propres au régime de l'ex-président Moubarak.

    Pour combler cette lacune, quarante chercheurs et universitaires, qui comptent parmi les meilleurs spécialistes de l'Egypte, se proposent dans la présente somme d'analyser tous les aspects de la vie économique, sociale, politique et culturelle du pays et de tracer des pistes de réflexion permettant d'aborder les derniers événements dans leur véritable contexte, au-delà des préjugés et des clichés.

    On trouvera ainsi des chapitres substantiels sur les tensions démographiques et leur impact inévitable sur l'aménagement du territoire et l'environnement ; la situation politique et les mécanismes qui permirent le maintient, durant trente ans, du régime de Moubarak, dans des contextes intérieur et extérieur difficiles ; les « réformes » économiques néolibérales qui ont contribué, entre autres effets, à l'institutionnalisation de la corruption et à l'exacerbation les inégalités sociales ; la vie sociale au quotidien (la santé, l'éducation, l'emploi, les modes de consommation, les conditions des femmes et de la jeunesse, la justice) ; la place de la religion dans la société ; les médias, anciens et nouveaux ; enfin, la culture dans ses diverses expressions ainsi que la vie et les débats intellectuels.

  • Damas au tournant des XIXe et XXe siècles : la mise en oeuvre des réformes administratives et de la législation urbaine à la fin de l'époque ottomane a modifié le visage architectural et social de la ville.
    Ce livre porte sur Damas au tournant des XIXe et XXe siècles. Il s'agit d'un travail sur les formes urbaines et sur les politiques qui les ont produites à la fin de l'époque ottomane. La mise en oeuvre - avec des décalages et des adaptations au contexte local - des réformes administratives (tanzimat) et de la législation urbaine afférente dans un chef-lieu stratégique pour la géopolitique de l'Empire constitue le fil directeur de cet essai. La première partie est consacrée à l'examen des relations entre la ville et ses territoires.
    Ces relations se recomposent durant la seconde moitié du XIXe siècle à la faveur de la mise en place de nouveaux moyens de transport, d'abord par route, ensuite par chemin de fer.
    La partie suivante traite des transformations de l'ensemble de la ville. Elle montre en particulier comment ses principaux axes de croissance se déplacent vers l'ouest de l'agglomération et comment les nouveaux quartiers sont composés suivant des modèles renouvelés où les édifices publics et para-publics jouent un rôle majeur, en rupture complète avec le tissu urbain ancien. L'architecture domestique fait l'objet de la dernière partie. A la faveur d'un marché foncier de plus en plus dynamique, les découpages des nouveaux lotissements deviennent plus réguliers, et les plans des maisons plus rationnels et plus homogènes. Ces transformations sont concomitantes d'une nucléarisation des familles, qui contribue évidemment à modifier le marché immobilier. L'auteur souligne en conclusion que le mouvement de modernisation des relations entre la ville et ses territoires, que les recompositions du tissu urbain et de l'architecture ont été engagés à l'initiative de l'autorité publique ottomane, par des fonctionnaires acquis à l'esprit des réformes, bien avant les interventions occidentales.


  • Rentré au pays après dix-sept ans d'absence, l'homme évoque sa stupeur lorsqu'il découvre qu'il n'a jamais cessé de ressembler à ses compagnons d'enfance, à son père et ses frères.Incapable de se départir d'un sentiment persistant de décalage, il doit affronter l'impossibilité de combler le vide qui le sépare du monde.


  • Dans un petit village de l'Egypte profonde qui vient de perdre son maire, l'auteur scrute la psychologie et l'histoire individuelles de quelques personnages : le tavernier qui a choisi son métier parce qu'il ne peut supporter la vie sans voir les gens dans leur vérité et que seul l'alcool fait tomber les voiles ; le boucher et sa triste histoire d'amour avec sa cousine, à lui promise, mais qui s'enfuit avec le clown d'un cirque itinérant, puis lui revient avec deux enfants sur les bras ; le nain dispendieux, marié à une femme riche qui, lassée des largesses de son époux, finit par provoquer sa propre ruine en distribuant sa fortune aux miséreux ; le mari de la boiteuse, éternel révolté, chassé du Caire et réfugié à la campagne où il s'avoue " chômeur heureux " ; le violoniste adonné sans concession à la musique et désespoir de son père.
    Tous se retrouvent chaque soir à la taverne qui les ravit au monde et à leur foyer.
    Mais voici que le fils du maire défunt, depuis longtemps retenu à la capitale par de vénérables études, revient au village et entreprend de réformer de fond en comble cette petite société. En commençant par obtenir du conseil de village la fermeture de la taverne.
    Par son style, mais surtout par sa forme, ce roman constitue sans doute l'oeuvre la plus singulière de Haqqi.
    Il reste en tout cas sans équivalent dans la littérature arabe moderne.

  • Après les croisés, les byzantins et les mongols, c'est à un adversaire autrement plus redoutable que se trouve confronté baïbars: ni plus ni moins que le tout-puissant empereur des romains, frédéric ii de hohenstaufen.
    Une crise internationale s'annonce, qui pourrait embraser toute la méditerranée. a l'origine du conflit, il y a, bien entendu, jaouane qui, enragé par l'échec de toutes ses intrigues, joue carrément son va-tout. mais ce n'est pas en vain que chîha, le chef des services secrets de baïbars, porte le surnom de "maître des ruses".
    Baïbars régna sur le caire et damas au xiiie siècle. il arrêta l'invasion mongole et enleva aux croisés leurs principales forteresses.

    C'est la vie de ce sultan mamelouk qui constitue l'argument historique du roman de baïbars, l'un des principaux cycles narratifs populaires.

  • Dans ce roman composé de récits courts et denses, gamal ghitany explore les énigmes qui ont de tout temps entouré les pyramides, s'interrogeant sur la fascination qu'elles ont exercée sur des hommes d'origines très diverses.
    Récits indépendants par le thème et les personnages, voire par le style, mais qui s'assemblent peu à peu, du plus long an plus bref, pour composer une pyramide dont le sommet, un simple mot, accède à une sorte d'aura mystique où la plénitude rejoint le vide. si l'auteur, à son habitude, s'inspire parfois des chroniqueurs égyptiens de l'époque mamelouke, notamment ibn iyâs, il se rattache ici davantage à la tradition mystique.
    Chacune des histoires extraordinaires qu'il nous raconte se présente, en effet, comme une quête spirituelle jalonnée de "stations" ; et c'est bien le langage soufi qui donne à l'ensemble sa tonalité si particulière et sa forme ésotérique. jusqu'au blanc de la dernière page qui, selon juan goytisolo, "est celui d'un livre qui ne se referme pas et nous illumine".

  • comme dans son précédent ouvrage, le m'zab, une leçon d'architecture, andré ravéreau part ici du site de la casbah, suspendue entre ciel et mer, pour entrer dans les maisons et nous faire parcourir les patios et accéder aux terrasses.
    chemin faisant, il montre l'origine, la cohérence et la fonctionnalité de chaque élément architectural. pour lui, c'est la tradition culturelle qui organise et magnifie l'espace, tout en le justifiant tacitement par ses valeurs propres. le texte est précédé d'une importante préface du grand historien algérois mostefa lacheraf et suivi d'une légende de la casbah retrouvée par manuelle roche, qui a illustré le livre de 155 photographies.
    publié aux éditions sindbad en 1989, la casbah d'alger, et le site créa la ville fait ici l'objet d'une nouvelle édition dans un nouveau format, et aux nombreuses photographies de l'édition originale ont, le cas échéant, été restituées leurs couleurs.

  • L'oeuvre de Mahfouz s'inscrit dans un cadre bien précis, celui d'une société arabo-musulmane, l'Égypte, avec ses avatars et ses évolutions. Elle révèle les compromis quotidiens, nous fait mieux comprendre les enjeux des conflits entre générations et les combats d'idées au sein d'une population déchirée entre sa culture traditionnelle, marquée par l'islam, et une nouvelle culture ressentie comme étrangère et envahissante. Mais, outre la religion vécue, cette oeuvre fait ressortir des attitudes très variées à l'égard de Dieu et de la religion. Le sentiment religieux s'incarne souvent dans une démarche qui ne s'exprime pas sous la forme de la conversion ou de la non-conversion à une foi doctrinale, mais d'une incertitude vague, d'une instabilité spirituelle, d'une inquiétude profondément enfouie au plus secret de l'âme contemporaine, et qui ne fait surface que de manière confuse, lorsqu'elle se dissimule sous le voile de l'allégorie ou du symbole.

  • En onze chapitres, cette anthologie consacrée au roman arabe couvre la période allant de la Nahda (Renaissance) à nos jours (1834-2004). Elle s'étend sur toute la sphère arabe, du Machreq au Maghreb, privilégiant les oeuvres qui ont jalonné l'histoire littéraire arabe et bénéficié de l'unanimité des critiques et lecteurs. Le but de cet ouvrage est d'éclairer le grand public sur l'histoire du roman arabe, depuis sa naissance au milieu du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Il ne s'agit pas, cependant, d'une histoire exhaustive. L'auteur s'est limité aux auteurs les plus significatifs, et il a centré son analyse sur les oeuvres qui semblent le mieux définir leur démarche. Des synopsis incisifs se sont révélés nécessaires pour présenter les procédés majeurs et les thèmes récurrents de
    ces oeuvres. A la fois descriptifs et analytiques, ils permettent de se faire une idée assez précise des situations romanesques dominantes et des préoccupations sociales, historiques, politiques et existentielles de la production romanesque arabe. Par son approche historique de cette production dans l'ensemble du monde arabe, de l'Irak au Maroc, cet ouvrage offre un panorama, le premier dans une langue européenne, du genre littéraire qui exprime avec le plus de force la conscience arabe contemporaine.

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