Michelle Zancarini-Fournel

  • 1685, année terrible, est à la fois marquée par l'adoption du Code Noir, qui établit les fondements juridiques de l'esclavage « à la française », et par la révocation de l'édit de Nantes, qui donne le signal d'une répression féroce contre les protestants. Prendre cette date pour point de départ d'une histoire de la France moderne et contemporaine, c'est vouloir décentrer le regard, choisir de s'intéresser aux vies de femmes et d'hommes « sans nom », aux minorités et aux subalternes, et pas seulement aux puissants et aux vainqueurs.
    C'est cette histoire de la France « d'en bas », celle des classes populaires et des opprimé.e.s de tous ordres, que retrace ce livre, l'histoire des multiples vécus d'hommes et de femmes, celle de leurs accommodements au quotidien et, parfois, ouvertes ou cachées, de leurs résistances à l'ordre établi et aux pouvoirs dominants, l'histoire de leurs luttes et de leurs rêves.
    Pas plus que l'histoire de France ne remonte à « nos ancêtres les Gaulois », elle ne saurait se réduire à l'« Hexagone ». Les colonisés - des Antilles, de la Guyane et de La Réunion en passant par l'Afrique, la Nouvelle-Calédonie ou l'Indochine - prennent ici toute leur place dans le récit, de même que les migrant.e.s qui, accueilli.e.s « à bras fermés », ont façonné ce pays.

  • Ce livre commence à la fin de l'année 1945, après l'élection du général de Gaulle comme chef du gouvernement : moment qui ouvre la période de reconstruction, durant lequel la France s'engage dans une transition politique et socio-économique majeure. Il trace ensuite son chemin de réussites en péripéties : guerre froide, guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, retour du Général, changement de régime, alternance politique et ce jusqu'au second mandat de Jacques Chirac.
    Le "baby boom", la planification et la modernisation, les Trente Glorieuses, la consommation de masse, l'avènement du "tout automobile", la grande distribution, le moment 68 et ses conséquences, etc, toutes ces mutations, dont bon nombre sont remises en question aujourd'hui, sont retracées et analysées dans la démarche qui organise cet ouvrage : lire les événements dans l'épaisseur de l'histoire, celle du passé, en prenant en compte le point de vue des contemporains et celle du devenir de l'événement, avec ses traces dans les mémoires, les représentations collectives et leur reconstruction, ainsi que le poids du passé dans notre présent.

  • Pavés, barricades, manifestations étudiantes et grèves ouvrières...
    Telles sont les images de mai 68 qui hantent encore les mémoires et nourrissent l'imaginaire collectif. tournant le dos à la mythologie, michelle zancarini-fournel propose un parcours exhaustif et documenté de toutes les interprétations et discours qui se sont construits autour de cette crise depuis 40 ans. en analysant de nombreux supports et modes de communication (télévision, affiches, journaux, documents privés), en mêlant histoire, sociologie, anthropologie et histoire culturelle, elle libère les " années 68 " de tout parti pris interprétatif, de toute option idéologique et réductrice.
    Une nouvelle périodisation s'instaure alors, qui replace l'événement dans le tourbillon des années soixante et qui redonne leur importance aux grèves et au mois de juin. une synthèse indispensable pour un événement majeur de l'histoire contemporaine, qui continue de susciter passions et interrogations.

  • Ne nous libérez pas, on s'en charge est né d'une rencontre, celle de trois historiennes qui, depuis 2013, ont animé un séminaire à l'EHESS sur la sociohistoire des féminismes. Trois regards, trois générations, trois parcours différents pour une volonté commune d'offrir un récit renouvelé de l'histoire des féminismes en France.
    Motivées par la demande des étudiantes et étudiants pour des éléments historiques accessibles, les autrices répondent à des interrogations qui donnent à réfléchir aux perspectives politiques d'aujourd'hui. Comment les féminismes ont-ils émergé ? Quels liens entretiennent-ils avec les mobilisations de femmes révolutionnaires et l'anti-esclavagisme ? Doit-on parler de « féminisme bourgeois » ? Y a-t-il eu des féminismes noirs ? Les féministes étaient-elles toutes colonialistes ? Existe-t-il des féminismes religieux ? Comment s'articulent le mouvement gay lesbien trans (LGBTQI +) et les mouvements féministes ? Le féminisme institutionnel est-il réactionnaire ? Qu'est-ce que le genre fait aux féminismes ? Que révèle #MeToo sur la construction des femmes comme sujets politiques ? Qu'il y a-t-il de nouveau dans le féminisme d'aujourd'hui ? Comment les féminismes s'articulent-ils avec l'histoire impériale de la France et s'insèrent-ils dans des circulations transnationales ?
    Le récit se divise en quatre parties qui correspondent aux principales scansions entre la Révolution française et les premières décennies du XXIe siècle. Ce livre entend fournir quelques clés indispensables pour penser les féminismes d'hier et d'aujourd'hui à la lumière des grands défis contemporains, des inégalités sociales, raciales et de genre. Réinterroger l'histoire des féminismes revient ainsi à s'inscrire dans une volonté de renouveau d'une histoire qui cesserait d'ignorer celles et ceux qui ont pensé et agi pour l'égalité et la liberté des rapports de genre.

  • Tirés à part n. m. - Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.

    En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Michelle Zancarini-Fournel partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "Quelle histoire pour la révolution ?" de Jean Chesneaux.

  • Mai 68 demeure l'un des moments de l'histoire contemporaine de la France qui suscitent les plus vifs débats : les « années 68 » dérangent autant qu'elles fascinent. Elles restent pourtant largement méconnues - et d'autant plus qu'on ne retient que son fameux mois de mai, les barricades du Quartier latin et l'occupation de la Sorbonne. Or ces scènes participent d'un paysage beaucoup plus vaste, à Paris, en province et à l'étranger. Surtout, on ne peut comprendre les raisons et les effets du « moment 68 » sans examiner la longue séquence historique dans laquelle il s'inscrit, de la fin de la guerre d'Algérie en 1962 à l'élection de François Mitterrand en 1981, de la révolution cubaine à la révolution iranienne.
    Cet ouvrage invite à parcourir l'histoire de ces vingt années qui ont transformé la société française. Acteurs anonymes et célèbres, lieux connus et inconnus, objets de la culture matérielle et artistique s'animent et se côtoient pour nourrir cette histoire polyphonique qui touche aussi bien l'urbanisme que le corps, la vie intellectuelle que la condition ouvrière, le cinéma que l'économie. Ce paysage recomposé donne à voir l'intensité des débats politiques ainsi que l'incroyable diversité des luttes et des aspirations dont ces années furent le théâtre.

  • À l'image des mouvements qui les ont produites, les affiches féministes sont hétéroclites, foisonnantes, utopiques. Et contrairement aux affiches communistes, socialistes ou fascistes, elles n'ont pas été fabriquées par des partis ou des organisations centralisées et structurées, mais par des groupes pluriels. Leur production laisse davantage place à l'artisanat. Leur objectif est de rendre visibles les femmes, les oppressions qu'elles subissent ou leurs combats.
    Il s'agit aussi de convaincre de la légitimité de la revendication de l'égalité entre les sexes, et d'influencer les mentalités en changeant les images disponibles, en revalorisant la femme et en proposant des rôles sexués alternatifs. Les affiches féministes sont ainsi en dialogue avec celles des partis politiques, mais également avec celles de la culture de masse, en particulier la publicité. Et comme il n'y a pas un féminisme, mais une multitude, cela conduit à une grande variété de styles et de messages.
    Pour autant, il est possible de repérer des continuités dans les thèmes abordés. Les auteures en ont retenu six : la vie politique ; le travail ; la maternité et la famille ; la colonisation et l'immigration ; la création artistique ; l'institutionnalisation du féminisme. Au-delà des évolutions chronologiques, ces questions traversent, comme autant de fils rouges, les luttes des femmes du XXe et du XXIe siècle.

  • Mai 68 demeure l'un des moments de l'histoire contemporaine de la France qui suscitent les plus vifs débats : les « années 68 » dérangent autant qu'elles fascinent. Elles restent pourtant largement méconnues - et d'autant plus qu'on ne retient que son fameux mois de mai, les barricades du quartier Latin et l'occupation de la Sorbonne. Or ces scènes participent d'un paysage beaucoup plus vaste, à Paris, en province et à l'étranger. Surtout, on ne peut comprendre les raisons et les effets du « moment 68 » sans examiner la longue séquence historique dans laquelle il s'inscrit, de la fin de la guerre d'Algérie en 1962 à l'élection de François Mitterrand en 1981, de la révolution cubaine à la révolution iranienne.
    Cet ouvrage invite à parcourir l'histoire de ces vingt années qui ont transformé la société française. Il met à la portée du plus grand nombre le fruit des travaux de recherches historiques les plus novateurs ainsi que l'exploitation de nombreuses sources inédites (archives des organisations politiques et syndicales, de la police, fonds privés, etc.).
    Acteurs anonymes et célèbres, lieux connus et inconnus, objets de la culture matérielle et artistique s'animent et se côtoient pour nourrir cette histoire polyphonique qui touche aussi bien l'urbanisme que le corps, la vie intellectuelle que la condition ouvrière, le cinéma que l'économie. Ce paysage recomposé donne à voir l'intensité des débats politiques, ainsi que l'incroyable diversité des luttes et des aspirations dont ces années furent le théâtre.

  • Le Front populaire est à bien des égards un moment béni, dispensateur de congés payés, de démocratisation des loisirs et d'une diminution des heures de travail. Les femmes y tiennent une place inédite : au sein du gouvernement, dans les grèves ouvrières, les occupations d'usines, mais aussi sur la route des vacances et dans les auberges de jeunesse ; c'est un vent de liberté qui semble s'annoncer. Léon Blum a nommé pour la première fois trois femmes sous-secrétaires d'État alors même qu'elles n'ont pas acquis le droit de vote et d'éligibilité... que le Front populaire ne leur accordera pas. La déception des féministes est grande : les conventions collectives et les accords salariaux entérinent les inégalités de genre, seuls sont mis en avant les droits liés à la maternité.
    S'appuyant sur une bibliographie quasi-exhaustive et sur de nombreux témoignages et mémoires, ce livre dresse un panorama très complet à la fois de la vie des femmes de toutes conditions et de la politique du gouvernement de Front populaire à leur égard.
    Le bilan du Front populaire est donc mitigé, dans une société restée profondément familialiste ; mais on constate cependant des évolutions avec une plus grande mixité (des loisirs, du travail) et l'apparition d'une nouvelle génération, celle qui s'est engagée pour le Front populaire, engagement politique qui, pour la plupart, se poursuivra dans la Résistance.

  • Ouvrage en reconstitue la généalogie depuis la fin du XIXe siècle où s'ébauchent les politiques de répression. Insérées dans la séquence des années 1968 et dans l'histoire du mouvement féministe, la fabrication du consensus social, politique et parlementaire autour des libertés de contraception et d'IVG et la persistance des oppositions politiques et religieuses sont analysées en détail jusqu'à l'étape du renouvellement de la loi sur l'IVG en 1979, puis de son approfondissement en 1982 et en 2001. Il s'agit aussi de comprendre le processus de mémorialisation de cet événement.
    L'étude historique sur la longue durée permet d'expliquer les tensions entre l'événement, tel qu'il est désormais perçu, et les limites de la portée concrète de la loi sur l'IVG en raison de ses restrictions et des difficultés de son application. Bibia PAVARD est agrégée et docteure en histoire, chercheuse associée au Centre d'histoire de Sciences Po.Florence ROCHEFORT est chargée de recherche au CNRS, Groupe Sociétés Religions Laïcités (GSRL EPHE/CNRS), présidente de l'Institut Émilie du Châtelet, co-directrice de la revue CLIO Histoire, femmes et sociétés. Michelle ZANCARINI-FOURNEL est professeure d'histoire contemporaine à l'université de Lyon-I, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes, membre du comité de rédaction de la revue CLIO Histoire, femmes et sociétés.

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