Gallimard

  • Le corps des anges

    Mathieu Riboulet

    Un récit âpre et court, en trois « actes » poétiques : « Rémi », « Gabriel » et « Les Morts ». Le narrateur décrit la vie de chacun des garçons, de leurs jeunes années jusqu'au moment de leur rencontre, alors qu'ils doivent avoir 20 ans. Rémi et Gabriel, deux garçons que tout semble séparer. L'un est perdu dans son silence dans une campagne limousine, lumineuse et hostile, qui se désertifie. Il est à la recherche de l'ange aperçu un jour après une chute. Gabriel, garçon éduqué et bourgeois de la ville, court après la parole de ses parents disparus dans un accident et cherche à les entendre encore. Il sera l'ange. Deux destins qui se croisent et nouent une mystérieuse relation homosexuelle, qui ne pourra s'achever que dans un ultime sacrifice.La dimension charnelle, cinématographique de ce court récit est séduisante. Le livre est porté par la nécessité, l'urgence d'écrire, à la frontière du réel, dans un traitement mystique d'un fait-divers. Au plus proche des émotions et de la colère des personnages, l'écriture ciselée, précieuse, s'attache à décrire la lumière, les ombres et le langage des corps.

  • «À relire ainsi Anna Maria Ortese en cette période troublée, j'ai mesuré, davantage encore que la première fois, le risque auquel on s'expose à fréquenter ce genre d'écrivains, celui de voir écrit noir sur blanc ce qu'on pressentait pour l'avoir fugitivement aperçu sans bien l'identifier, retenu par quelques scories de timidité que l'avancée en âge se charge de dissoudre : pas de doute, la tâche consiste bien à se maintenir dans cette "étroitesse du rien" le temps qu'advienne un peu d'ordre, que le calme se fasse qui nous permettra d'entendre le chant des oiseaux et la plainte des enfants qui ne vivront pas, le temps de se saisir d'un filet de lumière, parfois, avant de lâcher prise.»
    Mathieu Riboulet.

  • Les ames inachevees

    Mathieu Riboulet

    «Quand nous marchons ensemble, vous êtes à ma droite, toi d'abord, puis Luc ; à ma gauche, le vide. C'est une habitude que nous avons prise très tôt , à laquelle nous n'avons jamais dérogé, un rituel assez inoffensif, né, je crois, de la répugnance mystérieuse de Luc, même tout petit, à supporter qui que ce soit sur sa droite. Mais, chronologiquement, je suis au milieu. Bien que nous nous suivions tous trois de près, nous avons eu chacun des enfances très différentes, et bien que nous ayons toujours entretenu un contact des plus étroit, à l'occasion même fusionnel, chacun déploya sa tactique propre pour contrer les menées, que d'instinct nous savions destructrices, de notre mère, et celles, plus douces mais pas moins délétères, de notre père, dont j'étais, de surcroît, le fils préféré.»

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