Marc Senechal

  • L'effet réel de la procédure collective peut être défini comme l'effet de saisie des biens du débiteur par la collectivité de ses créanciers représentée par le mandataire de justice.
    C'est la mise en oeuvre du gage commun des créanciers dans la procédure collective. L'objet de la recherche est double. Il s'agit d'abord de mesurer l'étendue de l'effet réel de la procédure collective en le comparant à celui d'une voie d'exécution du droit commun. La première partie de l'étude montre que le droit des procédures collectives appréhende le gage tel qu'il est défini par le droit civil et de la même manière que le ferait une procédure civile d'exécution.
    Ainsi en est-il par exemple des règles de fond régissant la revendication des meubles qui s'apparentent aux règles de la distraction de saisie, ou encore des poursuites portant sur les biens de la communauté conjugale ou sur des biens indivis entre le débiteur et un tiers. La compensation des créances connexes peut également être opposée à la procédure collective comme à l'auteur d'une saisie individuelle.
    La seconde partie de cet ouvrage démontre au contraire que le droit des procédures collectives cristallise, reconstitue et étend le gage commun des créanciers à des biens appartenant à d'autres personnes que le débiteur, voire à la totalité du patrimoine de celles-ci. Il recourt alors à des techniques qui lui sont propres comme les nullités de la période suspecte ou les extensions. Un second enjeu de la recherche est de voir comment la notion de gage commun dans les procédures collectives transcende les différences de gage pouvant exister entre les différents créanciers du débiteur.
    Pour chaque action collective, il y a toujours un ou plusieurs créanciers dont la situation n'est pas identique à celle des autres : certains peuvent par exemple avoir connaissance de l'existence d'un crédit-bail non publié tandis que d'autres ignorent ce contrat, certains peuvent encore avoir subi un préjudice personnel résultant d'une faute commise par le banquier dispensateur de crédit ou le dirigeant social alors que d'autres sont devenus créanciers après que cette faute ait été commise.
    Cette étude montre que ces disparités de gage ne sont pas traitées de la même manière lorsque l'effet réel de la procédure collective porte sur les biens du débiteur et lorsqu'il tend à reconstituer ou étendre l'actif de cette procédure. Dans le premier cas, le gage commun mis en oeuvre par le représentant des créanciers est le gage de principe d'un créancier quelconque, c'est-à-dire d'un créancier diligent mais qui n'est pas particulièrement informé.
    Dans le second cas, la collectivité des créanciers bénéficie du gage le plus étendu.

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  • Quel est le tribunal compétent pour ouvrir une procédure d'insolvabilité au sens du nouveau règlement insolvabilité (UE) n° 2015/848, entré en vigueur le 26 juin 2017 ? Quel est le champ d'application territorial et matériel de ce nouveau règlement et quel est le droit applicable à la procédure d'insolvabilité ? Et quelles sont les clés de raisonnement de la Cour de justice de l'Union européenne dans l'interprétation de ce nouvel instrument ? Quelle est la place résiduelle du droit international privé de droit commun en matière de procédures d'insolvabilité transfrontalières impliquant les États tiers et quel est à cet égard l'impact du Brexit ? Comment s'articulent les règles de droit international privé en matière de sûretés personnelles et réelles et le droit de l'insolvabilité internationale ? Enfin, quel est le régime de l'insolvabilité bancaire et quel est le visage de l'harmonisation en marche des procédures collectives en Europe ?
    Deux praticiens reconnus, qui sont intervenus dans la plupart des dossiers emblématiques des procédures d'insolvabilité transfrontalières au cours de la dernière décennie, apportent des réponses à l'ensemble de ces questions.
    Le présent ouvrage s'adresse aux praticiens comme aux universitaires.
    Son approche se veut didactique. Les auteurs se livrent à une analyse fouillée de la jurisprudence qui facilite la compréhension de la matière.
    L'ouvrage est à jour de l'ordonnance du 4 novembre 2017 et de la jurisprudence de la Cour de justice à fin 2017.

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