Francis Combes

  • « Cévennes ou Le ciel n'est pas à vendre.
    Cette négation m'est aussitôt apparue comme une affirmation que venaient souligner les lettres rouges du titre de l'édition originale. Rouges comme le sang des galets ferrugineux du Luech, comme l'engagement de ces deux hommes envers les mineurs de Carmaux et de Ladrecht, envers les paysans du Larzac héritant de l'insoumission téméraire des Camisards dont la révolte en bras de chemise se répandit quelques siècles plus tôt du massif du Bougès jusqu'aux Basses Cévennes.
    À sa lecture j'ai aussitôt ressenti le désir de l'entendre résonner dans la langue des Cévennes et du Sud de la France, dans la langue maternelle des femmes et des hommes qui hantent ces pages, celle de la civilisation occitanienne théorisée par la philosophe Simone Weil. » A. Lassaque

  • Les tribulations d'un jeune de banlieue à l'âge de la précarité généralisée. Délirant et réaliste, dramatique mais pas triste. De stages en petits boulots, de trafics divers en combines ratées, de colocations hasardeuses en errances malencontreuses et en expéditions improbables, nous suivons les aventures parfois dramatiques mais pas tristes de Jean-Pïerre Moineau et de ses compagnons de galère. Ce livre est aussi un roman sur les aventures et les avatars actuels de la langue française.

  • Leïla est énigmatique et fantasque. Marc, chercheur de rêves comme on est chercheur d'or.
    Leur univers nous est à la fois proche et lointain.
    Cette romance d'amour, qui flirte avec l'utopie, relève d'un merveilleux moderne, où, sans respect pour la distinction des genres, prose et poésie se mêlent. À travers les amours contrariées de Marc et Leïla, ce récit au charme onirique, où humour et émotion se côtoient, est traversé par le vif sentiment de l'étrangeté du monde où nous vivons.
    « Il eût sans doute été plus vite s'il avait pris son aile.Mais l'utilisation des ailes, en ville, les jours de semaine, était strictement réglementée. Il y avait des agents de police sur presque tous les toits, en faction ou en embuscade, équipés de leur panoplie complète, avec leurs ailes de polyuréthane bleuté, le carnet de contraventions à la main et, leur battant le côté, le bâton blanc à encoller les aéropiétons récalcitrants. Pour eux, pas de dimanche et pas de jours fériés. Toujours sur le qui-vive pour coincer qui volerait plus vite ou plus haut que les autres, ou qui s'amuserait à faire des arabesques, des loopings, des chandelles retournées ou tout autre figure de style non expressément mentionnée par le Code. »

  • Faire table rase du passé ne prépare en rien les lendemains qui chantent, Francis Combes est un homme de son temps, préoccupé de l'avenir ; on le sait, le repli sur le passé est mortifère. Or, Francis Combes, poète, travaille sa langue. Ce que tout poète fait ou devrait faire. Il se trouve que cette langue est la française, avec une longue histoire de métissage dont il nous donne à voir les images. L'histoire d'un pays ne fait qu'un avec celle de sa langue. Nous voilà donc au coeur de l'entreprise de Francis Combes : la France. Le moins qu'on puisse dire est qu'il ne manque pas d'audace, dans un temps où il semble que les poètes ont d'autres préoccupations. Déjà Aragon n'en faisait-il pas le constat, non sans ironie : «Nous avons aujourd'hui le goût d'une autre poésie» ? Mais de quelle France parlons-nous ? «J'entreprends de chanter la France au moment qu'elle se désagrège / quand elle doute d'elle-même / et s'efface comme un dessin à la craie / sur le tableau de l'écolier». Francis Combes chante la France dans une période obscure de l'Histoire, entre deux mondes, l'ancien, sans doute à jamais révolu, et le nouveau dont nul ne connaît encore la figure : une période intervallaire dirait Alain Badiou. Extrait de la préface de Jean Ristat

  • Pendant deux ans, des jeunes de la cité du Franc-Moisin à Saint-Denis se sont retrouvés chaque semaine dans un atelier d'écriture autour du poète Francis Combes. Ces textes écrits par eux parlent d'histoires individuelles singulières, mais aussi d'une histoire collective qui mérite d'être écrite.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Une utopie poétique suivie de 50 poèmes-affiches.
    « On a décrété la levée de l'embargo des âmes.
    Rejoignez la Conjuration des coquelicots Echangeur des oiseaux pirates Un soleil casqué marche sur la Terre !
    Les hommes sont des chemises qui claquent en plein vent L'espoir nous élargit (comme cela se dit d'un prisonnier que l'on libère) Debout !
    C'est la levée d'écrou des coeurs...
    La clef du monde est dans l'entrée à gauche. »

  • Extrait de: L'art de tuer le dragon

    Tchouang Tseu
    (le philosophe qui s'intéressait aux papillons)
    rapporte qu'un certain Tchou Pingman
    se rendit auprès de Tchi Li
    pour apprendre de lui
    l'art de tuer les dragons.
    Il y consacra 3 ans de sa vie
    et toute sa fortune
    (qui n'était pas petite).
    Hélas,
    jamais il ne rencontra de dragon.
    (Cette histoire, de plusieurs points de vue, n'a rien à voir avec la nôtre.)

  • Sans doute toute poésie est-elle en son fond anti-raciste, dans la mesure où elle est parole partagée, conjugaison du réel le plus singulier et de l'universel, à la fois concrète et abstraite, dans la mesure aussi où elle est toujours, quelle qu'en soit la forme, refus de l'enfermement de l'individu dans ses limites étroites.
    « Je est un autre » disait Rimbaud et on sait comment l'a+rmation de cette altérité des êtres, de cette part d'inconnu qu'ils portent en eux, a ouvert la voie à tout un aspect de la modernité qui a cherché (et cherche toujours) à explorer ces territoires étranges.
    Mais reconnaître l'autre en soi n'interdit pas (au contraire) de reconnaître soi en l'autre. Car l'autre est aussi un « Je ».
    Ainsi donc, toute poésie est-elle anti-raciste et on aurait pu à l'appui de cette assertion faire ici un bouquet de poèmes sur des sujets très divers sans sortir du thème pour autant.
    Mais il est des moments où les choses les plus évidentes « vont mieux en les disant ».
    Quand on voit se développer dans notre société la haine de l'autre, la xénophobie, les vieux ré>exes qui font qu'impuissant à a$ronter les causes réelles de la situation on désigne de commodes boucs émissaires, il est compréhensible que de nombreux poètes éprouvent le besoin d'intervenir plus directement.
    Certes, on ne peut pas demander à la poésie de résoudre les problèmes de la société, mais on ne saurait lui interdire de s'en mêler. La poésie est après tout une forme de la conscience, c'est-à-dire une expression de la pensée et de la sensibilité d'une époque.
    Or on sait bien que les préjugés racistes ne mettent pas seulement en mouvement des idées, des conceptions, mais aussi des images plus ou moins conscientes et des sentiments.
    Il est donc normal et nécessaire qu'en la matière la poésie aussi ait voix au chapitre.
    Extrait de la préface de Francis Combes C'est pourquoi les éditions Le Temps des Cerises se sont adressées à de nombreux poètes contemporains, en majorité français mais aussi quelques étrangers, pour composer cette anthologie. Elle présente quelques poèmes aujourd'hui « classiques » sur le sujet et une grande majorité de poèmes nouveaux et inédits.

  • L'année Dix-sept débute par la révolution de Février (qui chasse le Tsar Nicolas II et porte au pouvoir Kerenski), et elle s'achève par la révolution d'Octobre. (La prise du pouvoir par les Bolcheviks eut lieu, en fait, le 7 novembre 1917, selon notre calendrier.) Au cours de cette année qui a changé le visage du monde et déterminé ce que sera le XXe siècle, Lénine ne cesse d'intervenir, par des articles, des discours, des lettres, des télégrammes...
    Ses écrits par lesquels il réagit au jour le jour aux événements et y imprime sa marque, montrent la vivacité de sa réflexion politique, sa force de conviction, alors même qu'il est parfois au départ presque seul sur ses positions, ainsi que sa formidable détermination.
    Le choix de textes présenté ici permet de suivre la marche de la révolution. On y voit Lénine se prononcer contre la Constituante, dominée par les élus bourgeois et défendre le mot d'ordre « tout le pouvoir au soviets » lesquels s'affirment rapidement capables de mobiliser les ouvriers et les soldats et d'instaurer un système de double pouvoir où ils se révèlent vite plus efficaces que les parlementaires.
    Dans ces pages, on voit Lénine prôner l'insurrection, et s'efforcer d'en convaincre ses camarades, dès qu'il constate que le rapport des forces s'est renversé et que les bolcheviks sont devenus majoritaires dans les soviets de Petersbourg et Moscou.
    Mais il insiste aussi sur le fait qu'il faut agir vite, avant que les Allemands ne l'emportent sur l'armée russe et imposent leurs conditions.
    (Au passage, ces textes font justice de l'idée que la révolution d'Octobre ne serait qu'un coup de force, un coup d'État.) C'est dans l'un de ces textes (« Est-ce que les bolcheviks peuvent conserver le pouvoir ? ») qu'il affirme que « la cuisinière peut diriger les affaires de l'État », affirmant ainsi un objectif de démocratie radicale qui paraît encore aujourd'hui utopique aux yeux du plus grand nombre.
    Parmi les sujets abordés, outre l'organisation de l'insurrection et la conquête du pouvoir : les premières mesures sociales, la lutte pour la paix, la question du ravitaillement, l'alliance avec les paysans, les mesures draconiennes contres les spéculateurs, la question de la liberté de la presse et celle du contrôle ouvrier, qui va prendre de plus en plus d'importance dans l'esprit de Lénine.

  • Ce carnet de citations empruntées à des poètes français et étrangers est accompagné de dessins de Selçuk Demirel. Ces paroles sont une forme de réclame poétique, de réclame pour la poésie. Chacun peut en faire l'usage qu'il veut. À condition de rester fidèle à sa source et à son eau vive. Et chacun peut compléter ce carnet comme il l'entend. Y ajouter les citations qu'il aura trouvées de son côté et qui lui plaisent. Y inscrire ses propres poèmes ou ses propres dessins.

  • Cet ouvrage présente non seulement les règles communes, mais également les spécificités propres à chaque forme de fondation et au fonds de dotations.

    Illustré par des cas concrets puisés dans la vie juridique de fondations, l'exposé pédagogique de l'ouvrage est le fruit de l'expérience pratique et de la compétence unique des auteurs.

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