Littérature générale

  • Cachées par la forêt

    Eric Dussert

    En 2013, Éric Dussert publiait à La Table Ronde 156 portraits d'écrivains oubliés, Une forêt cachée.
    Cette fois, il s'intéresse aux femmes de lettres qui, au fil des siècles, ont contribué à l'histoire littéraire sans que leur nom ni leur oeuvre soient forcément parvenus à résister au temps, à la censure, à la diffi- cile progression du droit des femmes et de leur place dans la littérature.
    Christine de Pizan, Margaret Cavendish, Fortunée B. Briquet, Charlotte-Adélaïde Dard, Julie Lavergne, Johanna Spyri, Olive Schreiner, Marguerite Au- doux, Myriam Harry, Gabrielle Réval, Marcelle Tinayre, Grazia Deledda, Marie-Louise Pailleron, Colette Yver, Louise Hervieu, Daisy Ashford, Out-el- Kouloub, Freya Stark, Lydia Tchoukovskaïa, Emma Dante... 138 femmes de lettres injustement oubliées se côtoient dans cet ouvrage indispensable.

  • Fugace et délicat, le haiku est un petit poème japonais de dix-sept syllabes, « lucarne ouverte un instant sur un petit fait naturel, sourire à demi formé, soupir interrompu avant d'être entendu ». En dignes héritiers des artistes et intellectuels qui ont promu le japonisme en France dans la seconde moitié du XIXe siècle, trois jeunes poètes s'essaient en 1903 à appliquer les contraintes de cette forme poétique à la langue française. Saisissant visions et impressions éphémères lors d'une promenade sur les rivières du Centre, ils composent soixante-douze tercets en vers libres qu'ils publient dans une brochure anonyme de trente pages, Au fil de l'eau : tiré à trente exemplaires, ce document rare et exceptionnel propose les tout premiers haïku français.

    Rapidement intégrée à notre patrimoine, cette forme littéraire exotique fera le bonheur de nombreux poètes français du siècle dernier.

  • Raconté par un homme vieillissant que la vérole a défiguré mais qui reste précieux car il sait inséminer les fleurs du vanillier, Les Tortues nous plonge dans un épisode dramatique de la vie de ce survivant :
    Une épidémie qui ravagea l'équipage d'un bateau de trafiquants transportant des tortues géantes. Au son des carapaces s'entrechoquant, dans l'angoisse d'un navire noir qui les poursuit, les hommes ont vécu dans l'espoir d'un trésor sans cesse plus éloigné. Incapables de se libérer de leur prison sur les eaux, ils ont dû affronter leur propre terreur, la variole et enfin la mort tapi dans l'ombre.
    Inspiré par Melville, envahi par les vapeurs alcoolisées qui rappellent Lowry, dans une ambiance à la B.Traven, ce roman symbolique est un des diamants noirs de la littérature du XX° siècle.

  • Lorsqu'il avait besoin d'expliquer pourquoi le livre était à peu près immuable, en tant que codex, cette forme qui a remplacé le rouleau par un appareillage subtil et efficace de pages protégées par une couverture, Umberto Eco expliquait que le livre était tout comme la fourchette : indépassable. Irremplaçable. Pérenne.
    Notre vieux livre empégué, surligné, corné, refuse décidément de céder le pas devant les injonctions du temps ou des techno-devins obnubilés par l'emprise de l'informatique. Et, de fait, le livre est lui-même le fruit d'un assemblage hautement précis d'une grande variété de technologies extrêmement précises : encres nées de mé- langes de plusieurs métaux lourds, fabrication des papiers évolutive dans le temps, règles de mise en page centenaires, méthodes d'im- position variées, comme les presses dont se servent les imprimeurs, etc.
    L'opuscule que nous vous proposons aujourd'hui, petit dernier de l'innombrable troupe des ouvrages qui se publient depuis la fin du premier millénaire, n'est ni un dictionnaire, ni une encyclopédie, pas plus qu'un lexique, non plus qu'un compendium, un guide, un traité ou un manuel ; il a été pensé comme une joyeuse collection de mots, de figures et de notions qui se lisent dans le désordre pour découvrir ou se souvenir de ce qui fait de la civilisation humaine une exception dans toute la galaxie.

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