Mille Et Une Nuits

  • Fugace et délicat, le haiku est un petit poème japonais de dix-sept syllabes, « lucarne ouverte un instant sur un petit fait naturel, sourire à demi formé, soupir interrompu avant d'être entendu ». En dignes héritiers des artistes et intellectuels qui ont promu le japonisme en France dans la seconde moitié du XIXe siècle, trois jeunes poètes s'essaient en 1903 à appliquer les contraintes de cette forme poétique à la langue française. Saisissant visions et impressions éphémères lors d'une promenade sur les rivières du Centre, ils composent soixante-douze tercets en vers libres qu'ils publient dans une brochure anonyme de trente pages, Au fil de l'eau : tiré à trente exemplaires, ce document rare et exceptionnel propose les tout premiers haïku français.

    Rapidement intégrée à notre patrimoine, cette forme littéraire exotique fera le bonheur de nombreux poètes français du siècle dernier.

  • La guerre de 14-18, ce n'est pas que la figure du Poilu. Il y a un revers à la médaille de gloire et d'horreur : beaucoup d'hypocrisie, de lâcheté et de compromission, à l'arrière, loin du front. L'autre figure, par trop oubliée, est celle de l'Embusqué. Souvent même, l'Embusqué a le visage du harangueur qui exhorte à l'héroïsme patriotique, à la bravoure, au sacrifice, sans quitter son siège de député, son fauteuil de rond-de-cuir au ministère. Aurèle Patorni (1880-1955), libraire, poète, publiciste après la guerre pour de nombreux journaux pacifistes, relate dans ce livre corrosif et drôle, paru dès 1919 à Paris, le quotidien du « planqué ». Un compte rendu sur le vif, ironique et accusateur, de l'autre versant de la guerre.

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