Eric Dussert

  • Cachées par la forêt

    Eric Dussert

    En 2013, Éric Dussert publiait à La Table Ronde 156 portraits d'écrivains oubliés, Une forêt cachée.
    Cette fois, il s'intéresse aux femmes de lettres qui, au fil des siècles, ont contribué à l'histoire littéraire sans que leur nom ni leur oeuvre soient forcément parvenus à résister au temps, à la censure, à la diffi- cile progression du droit des femmes et de leur place dans la littérature.
    Christine de Pizan, Margaret Cavendish, Fortunée B. Briquet, Charlotte-Adélaïde Dard, Julie Lavergne, Johanna Spyri, Olive Schreiner, Marguerite Au- doux, Myriam Harry, Gabrielle Réval, Marcelle Tinayre, Grazia Deledda, Marie-Louise Pailleron, Colette Yver, Louise Hervieu, Daisy Ashford, Out-el- Kouloub, Freya Stark, Lydia Tchoukovskaïa, Emma Dante... 138 femmes de lettres injustement oubliées se côtoient dans cet ouvrage indispensable.

  • Maintenir sous la coupe de désirs enfantins une armée de citoyens irresponsables mais solvables est la grande affaire du capitalisme contemporain.
    Pour autant, notre clairvoyance collective n'a pas encore porté son attention sur la plus insidieuse des plaies sociales : le détournement de l'enfance par la grande industrie. Ce constat, nourri d'observations et de réflexions sur les valeurs promues à grand renfort de marketing par les médias lourds, est aussi l'incroyable révélateur d'une tare de notre société que l'on feint de ne pas voir : l'infantilisation générale, laquelle confine chacun d'entre nous au rôle de spectateur béat, de consommateur abruti et impulsif, ou d'électeur inconscient.
    Voici venu l'âge pédophile du capitalisme, un temps où les rires et les chants ne parviennent plus à maintenir l'illusion que c'est tous les jours le printemps.

  • Fugace et délicat, le haiku est un petit poème japonais de dix-sept syllabes, « lucarne ouverte un instant sur un petit fait naturel, sourire à demi formé, soupir interrompu avant d'être entendu ». En dignes héritiers des artistes et intellectuels qui ont promu le japonisme en France dans la seconde moitié du XIXe siècle, trois jeunes poètes s'essaient en 1903 à appliquer les contraintes de cette forme poétique à la langue française. Saisissant visions et impressions éphémères lors d'une promenade sur les rivières du Centre, ils composent soixante-douze tercets en vers libres qu'ils publient dans une brochure anonyme de trente pages, Au fil de l'eau : tiré à trente exemplaires, ce document rare et exceptionnel propose les tout premiers haïku français.

    Rapidement intégrée à notre patrimoine, cette forme littéraire exotique fera le bonheur de nombreux poètes français du siècle dernier.

  • Les tortues Nouv.

    Raconté par un homme vieillissant que la vérole a défiguré mais qui reste précieux car il sait inséminer les fleurs du vanillier, Les Tortues nous plonge dans un épisode dramatique de la vie de ce survivant :
    Une épidémie qui ravagea l'équipage d'un bateau de trafiquants transportant des tortues géantes. Au son des carapaces s'entrechoquant, dans l'angoisse d'un navire noir qui les poursuit, les hommes ont vécu dans l'espoir d'un trésor sans cesse plus éloigné. Incapables de se libérer de leur prison sur les eaux, ils ont dû affronter leur propre terreur, la variole et enfin la mort tapi dans l'ombre.
    Inspiré par Melville, envahi par les vapeurs alcoolisées qui rappellent Lowry, dans une ambiance à la B.Traven, ce roman symbolique est un des diamants noirs de la littérature du XX° siècle.

  • Lorsqu'il avait besoin d'expliquer pourquoi le livre était à peu près immuable, en tant que codex, cette forme qui a remplacé le rouleau par un appareillage subtil et efficace de pages protégées par une couverture, Umberto Eco expliquait que le livre était tout comme la fourchette : indépassable. Irremplaçable. Pérenne.
    Notre vieux livre empégué, surligné, corné, refuse décidément de céder le pas devant les injonctions du temps ou des techno-devins obnubilés par l'emprise de l'informatique. Et, de fait, le livre est lui-même le fruit d'un assemblage hautement précis d'une grande variété de technologies extrêmement précises : encres nées de mé- langes de plusieurs métaux lourds, fabrication des papiers évolutive dans le temps, règles de mise en page centenaires, méthodes d'im- position variées, comme les presses dont se servent les imprimeurs, etc.
    L'opuscule que nous vous proposons aujourd'hui, petit dernier de l'innombrable troupe des ouvrages qui se publient depuis la fin du premier millénaire, n'est ni un dictionnaire, ni une encyclopédie, pas plus qu'un lexique, non plus qu'un compendium, un guide, un traité ou un manuel ; il a été pensé comme une joyeuse collection de mots, de figures et de notions qui se lisent dans le désordre pour découvrir ou se souvenir de ce qui fait de la civilisation humaine une exception dans toute la galaxie.

  • Le livre, assemblage de feuilles de papier recouvertes d'encre, reste l'un des objets les plus utilisés qui soient, quasiment inchangé depuis son invention. Qu'a donc de si particulier cet objet pour avoir perduré de la sorte ?
    C'est à cette question que répondent Éric Dussert et Éric Walbecq en puisant dans la très riche histoire du livre des moments - essentiels ou mystérieux -, des fi gures et des pratiques qui racontent, aussi, la grande histoire de l'humanité.
    Depuis les scandales qui ont émaillé la vie littéraire jusqu'à la gloire éternelle de certains écrivains maudits, en passant par les livres réputés écrits par des anges - ou des esprits -, sans oublier les journaux vaguement intimes ou l'écriture de l'enfermement, chaque chapitre des Mille et une vies des livres se nourrit d'anecdotes et de faits méconnus...
    Restent aussi les énigmes du livre, ses mystères, ses mystifi cations et ses idées reçues (qui a donc inventé l'imprimerie ?) et des questions en suspens qu'il serait plaisant d'éclairer : quel est le livre le plus cher ? le plus rare ? quid des écritures disparues et des livres de la mort, des manuscrits perdus ?

  • La guerre de 14-18, ce n'est pas que la figure du Poilu. Il y a un revers à la médaille de gloire et d'horreur : beaucoup d'hypocrisie, de lâcheté et de compromission, à l'arrière, loin du front. L'autre figure, par trop oubliée, est celle de l'Embusqué. Souvent même, l'Embusqué a le visage du harangueur qui exhorte à l'héroïsme patriotique, à la bravoure, au sacrifice, sans quitter son siège de député, son fauteuil de rond-de-cuir au ministère. Aurèle Patorni (1880-1955), libraire, poète, publiciste après la guerre pour de nombreux journaux pacifistes, relate dans ce livre corrosif et drôle, paru dès 1919 à Paris, le quotidien du « planqué ». Un compte rendu sur le vif, ironique et accusateur, de l'autre versant de la guerre.

  • Par décret du 8 décembre 1944, le général De Gaulle dissout les groupes Mobiles de Réserve (G.M.R.) et crée les Compagnies Républicaines de Sécurité (C.R.S.) afin de rétablir l'Etat de droit après quatre années d'occupation et de collaboration et assurer ainsi l'autorité de la République.
    Laissez-vous entraîner dans la vie trépidante de ces hommes issus de divers milieux (paysans, ouvriers, instituteurs, comptables...) et qui ont vécu la guerre dans la Résistance, les camps de concentration, le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) ou les Groupes Mobiles de Réserve (G.M.R.).

    Leur premier déplacement en 1945 sera marqué par la visite privée du Premier ministre britannique Winston Churchill au Pays basque. S'enchaîneront la surveillance des frontières afin de maintenir un million de soldats allemands prisonniers sur le sol français, les violentes grèves de 1947 et 1955 et la guerre d'Algérie. Mais aussi les histoires inédites des C.R.S. en Martinique, de la C.R.S. 205 de Constantine, de la Brigade Routière Motocycliste de Bordeaux et du début des maîtres-nageurs sauveteurs sur nos côtes de l'Atlantique. Certains assureront même leur devoir jusqu'au sacrifice suprême.

    Cet ouvrage recense quelque 600 photographies et documents, en partie inédits, grâce aux auteurs qui ont effectué d'innombrables recherches. La participation des acteurs de l'époque et de leurs trois cents familles, avec leurs anecdotes, a permis d'aboutir à ce livre qualitatif et riche en souvenirs.
    Tous ces témoignages contribuent à mieux comprendre ce que signifie la devise des C.R.S.: «Servir».

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