Clarisse Nicoidsky

  • Célèbres ou anonymes, elles se sont, bien avant l'invention du féminisme, insurgées contre un monde qui voulait faire d'elles des « potiches » ou des « bonniches ». On sait que l'humour, entre les mains des plus défavorisés, devient arme blanche à la pointe acérée. Certes, nul ne songerait plus aujourd'hui à dire qu'elles représentent « le sexe faible ». Les femmes, à travers le temps et l'espace, n'ont cessé de lancer des mots d'esprit, qu'il s'agisse de l'indomptable Ninon de Lenclos qui demandait : « Faites de moi un honnête homme, mais n'en faites jamais une honnête femme » ou de la pétulante Zsa Zsa Gabor qui donne ce conseil : « Une seule règle dans la chasse au mari : le capturer vivant. » Ce livre n'est pas la preuve - elle n'a d'ailleurs pas à être faite - que les femmes sont spirituelles. Il est une moisson colorée de reparties audacieuses. L'histoire drôle, le mot mémorable sont aussi pétillants que le champagne et, parfois, des plus corrosifs. Dans un éclat de rire ou avec un sourire irrésistible, elles s'attaquent à tout : à l'image que les hommes se font d'elles, à l'image qu'elles se font d'eux, à la vie conjugale, à l'amour et même à la mort.

  • Dans la salle des profs devenue de 12 heures à 13 heures 30, leur cantine, ils n'échangent guère que le sel et la moutarde. Un collègue vient de se suicider et tout bascule. Les masques tombent. La mémoire met à jour des drames proches ou lointains, les souvenirs font une sarabande effroyable et les personnages perdent de leur réalité. Le quotidien débouche sur le fantastique et ces visages tour à tour grimaçants, terrifiés ou agressifs appartiennent au monde du grotesque « la plus riche source que la nature puisse offrir à l'art » (Victor Hugo).

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