Anastasia Meidani

  • Les parcours de santé des personnes LGBT s'inscrivent dans des expériences et des représentations particulières. De grandes fresques marquent ainsi nos imaginaires. Celle du VIH/sida en fait évidemment partie. D'Hervé Guibert à 120 battements par minute, c'est l'image du corps maltraité, abandonné, rejeté qui ressurgit. C'est aussi l'image du corps anormal, indocile, pathologique, qui rejaillit dans de nombreux écrits et représentations cinématographiques ou télévisuelles autour des transidentités. Corps suspectés, corps niés, corps incriminés, corps négligés, corps psychiatrisés, corps abimés : et si les corps des personnes LGBTIQ devenaient aussi des corps soignés ? Des corps dont on prend soin. Des corps sur lesquels on se penche, non pour les objectifier, en faire des cas d'étude, des diagnostics, mais pour les accompagner ? À travers les questions de cancérologie, de relation au corps, de santé scolaire ou la notion du vieillir, ce livre ouvre de nouveaux horizons de santé pour les minorités de genre et de sexualité.

  • Dans une approche pluridisciplinaire inédite, des historiens, anthropologues, sociologues et médecins s'attachent à rendre compte des mutations historiques des relations entre les vivants et les défunts, de même qu'ils se penchent sur les manières de faire société « autour de » et « avec » la mort. L'ouvrage envisage les mutations historiques et constances anthropologiques dans les relations entre vivants et défunts, puis, dans une seconde section, à l'aune de l'interventionnisme médical contemporain, la prise en charge de la fin de vie et de la mort.
    Les auteurs se proposent de faire état de la réalité sociale qui accompagne l'expérience du mourir, sujette aux mutations socioculturelles, à l'échelle de l'histoire occidentale.

  • Face à l'allongement de la longévité et à l'entrée massive ces prochaines années des baby- boomers dans le grand âge, il est important d'améliorer les savoirs sur les dynamiques de vieillissement. Conçu comme un outil d'analyse des expériences du vieillir, le concept de la déprise désigne le travail d'aménagement du parcours de vie qui s'appuie sur des tentatives de substitution d'activités ou de relations.

    C'est à travers trois registres de l'expérience du vieillir - l'autonomie, les parcours de santé et l'expérience corporelle du vieillissement - que cet ouvrage se propose de discuter, à échelle internationale, le concept de la déprise. Si vieillir, c'est s'accommoder aux transformations induites par le temps qui passe, au creux des accommodations qui accompagnent l'avancée en âge, le « pouvoir » se décroche parfois du « vouloir ». Mais cette expérience, loin d'être disqualifiante témoigne d'une prise de distance aux choses qui s'aménage. En s'éloignant des figures incapacitantes du vieillir, les auteurs rendent compte de ces « arts de faire » en questionnant leurs inscriptions dans le temps et l'espace, le rapport à soi et aux autres et, ce faisant, font place aux disparités sociales conçues comme un mode de hiérarchisation opérant au sein du sociétal.

    Porté par des travaux internationaux réunissant sociologues et professionnels de soins, ce livre a pour objectif de développer et d'enrichir la réflexion autour des expériences du vieillissement à l'aune du concept de déprise. La déprise pourrait représenter un outil précieux de compréhension des figures du vieillir. C'est dans l'articulation entre théorie et recherche empirique que se situe la principale ligne de force de ce projet éditorial.
    Une conception biomédicale de la vieillesse associée à des préoccupations d'ordre économique et politique, a fini par construire une image négative du vieillissement, largement critiquée par les sociologues depuis une vingtaine d'années.
    Tenant tête à ce modèle de pensée hégémonique, la déprise a permis de déplacer le regard et de nuancer les approches portant sur le vieillissement. À l'aune de l'allongement de l'espérance de vie, ce modèle et les injonctions qu'il comporte révèlent les limites d'une réflexion techniciste et laissent entrevoir les insuffisances et les dénis d'une pensée sur le vieillissement résultant d'approches réductionnistes, âgistes et sexistes.
    À contrecourant de ces tendances, la théorie de la déprise contribue à relever la complexité et la diversité des expériences du vieillir. Penser le vieillir à travers la théorie de la déprise, c'est faire entrer la discordance réflexive dans le panorama des consensus normatifs socioéconomiques et politiques qui se voudraient hégémoniques. C'est rétrocéder aux aînés des valeurs repoussées par les dictats de productivité marchande et de performance. C'est reconsidérer l'aménagement de l'espace, du temps et des réseaux sociaux au grand âge, et questionner la notion de l'autonomie et des « pertes » qui la traversent.

    Porté par des travaux internationaux réunissant sociologues et professionnels de soins, ce livre a pour objectif de développer et d'enrichir la réflexion autour des expériences du vieillissement à l'aune du concept de déprise. La déprise pourrait représenter un outil précieux de compréhension des figures du vieillir. C'est dans l'articulation entre théorie et recherche empirique que se situe la principale ligne de force de ce projet éditorial.
    Une conception biomédicale de la vieillesse associée à des préoccupations d'ordre économique et politique, a fini par construire une image négative du vieillissement, largement critiquée par les sociologues depuis une vingtaine d'années.
    Tenant tête à ce modèle de pensée hégémonique, la déprise a permis de déplacer le regard et de nuancer les approches portant sur le vieillissement. À l'aune de l'allongement de l'espérance de vie, ce modèle et les injonctions qu'il comporte révèlent les limites d'une réflexion techniciste et laissent entrevoir les insuffisances et les dénis d'une pensée sur le vieillissement résultant d'approches réductionnistes, âgistes et sexistes.
    À contrecourant de ces tendances, la théorie de la déprise contribue à relever la complexité et la diversité des expériences du vieillir. Penser le vieillir à travers la théorie de la déprise, c'est faire entrer la discordance réflexive dans le panorama des consensus normatifs socioéconomiques et politiques qui se voudraient hégémoniques. C'est rétrocéder aux aînés des valeurs repoussées par les dictats de productivité marchande et de performance. C'est reconsidérer l'aménagement de l'espace, du temps et des réseaux sociaux au grand âge, et questionner la notion de l'autonomie et des « pertes » qui la traversent.

  • Ce cinquième numéro prend appui sur un ensemble de réflexions autour des discriminations dans le domaine de la santé, aussi bien du point de vue des pratiques discriminantes qu'en termes de politiques publiques. Apportant un éclairage nouveau, les textes interrogent les inégalités sociales de santé et les discriminations afférentes non pas seulement comme notions scientifiques, mais également comme expression des significations politiques, en tant que signifiant social.

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