Voir De Pres

  • Au milieu des années 80, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans et l'attention qu'il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir... Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l'ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Elle questionne aussi les dérives d'une époque, et la complaisance d'un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

  • Le lambeau

    Philippe Lançon

    Journaliste et écrivain, Philippe Lançon raconte l'attaque de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, dont il a été l'une des victimes. Il a perdu beaucoup d'amis et a été très grièvement blessé au visage.

    Sans haine ni larmoiement, il nous parle de cette épreuve et de sa lente reconstruction.

    Ce récit rempli d'humanité, unanimement applaudi aussi bien par la presse que par le public, souvent qualifié de chef-d'oeuvre, est une lecture magistrale et indispensable.

  • L'Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe paraît inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d'intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l'Anschluss.

  • Le discours

    Fabrice Caro

    « Tu sais, ça ferait très plaisir à ta soeur si tu faisais un petit discours le jour de ta cérémonie. » C'est le début d'un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu'il vient d'envoyer à son ex. Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques.
    Un récit savamment construit où le rire le dispute à l'émotion.

  • « Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d'une femme à l'asile.
    - Et alors, qu'y a-t-il d'extraordinaire à cela ? demandai-je.
    - Sous sa robe, c'est là que je les ai cachés.
    - De quoi parlez-vous ?
    - Les cahiers... Ceux de Rose. » Ainsi sortent de l'ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.
    Une plume magnifique au service d'une histoire bouleversante.

  • On retrouve Vernon, SDF et mal en point. Ses anciens amis se sentent coupables de ne pas l'avoir accueilli, tandis que d'autres cherchent toujours à récupérer l'enregistrement de la rock star défunte, Alex Bleach. L'histoire continue...
    « Rarement le lecteur s'émouvra pour une telle galaxie de personnages. » Thomas Mahler Le Point « Une comédie humaine d'aujourd'hui dont Balzac pourrait bien se délecter dans sa tombe. » Pierre Vavasseur, Le Parisien « Une grande fresque d'aujourd'hui. On se doutait que Despentes pouvait l'écrire, mais on ne savait pas qu'elle y parviendrait avec une telle grâce. » Frédéric Beigbeder, Le Figaro magazine

  • Suite et fin des aventures de Vernon et de sa bande qui vont se faire rattraper par l'ennemi.
    La description d'une société rongée par les haines, les tensions et l'incompréhension entre les classes sociales, les appartenances culturelles ou religieuses, est sans concession. L'ultime volet de la trilogie romanesque de Virginie Despentes est saisissant. Un regard porté sur notre monde d'une âpreté inouïe, mais toujours sensible et chargé d'humanisme. Addictif et époustouflant !

  • Karel grandit dans la cité Antonin Artaud, au nord de Marseille, une cité fictive adossée au massif de l'Étoile et flanquée d'un bidonville, « le passage 50 », habité par des gitans sédentarisés. Il vit avec sa soeur Hendricka et son petit frère Mohand, infirme. Ils essaient de survivre à leur enfance, entre maltraitance, pauvreté des parents, et indifférence des institutions. Dans la communauté de gitans, ils trouveront l'amitié, l'amour, et un secret bien enfoui... Un roman magnifique, sombre et lumineux à la fois, sur la France des laissés-pour-compte.

  • À l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, Kya doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même... Un roman bouleversant et merveilleux !

  • Soif

    Amélie Nothomb

    « Pour éprouver la soif il faut être vivant. » « Amélie Nothomb publie un roman ambitieux, original, âpre, dur, philosophique, où elle se met en danger à travers un héros archiconnu qui a déjà fait couler beaucoup d'encre : Jésus-Christ. Le livre est si inattendu et si réussi qu'il sera l'un des événements littéraires de la rentrée. » Bernard Pivot - JDD

  • Vernon Subutex a levé le rideau de fer de son magasin de disques, durant vingt ans. Puis la crise du disque est arrivée et il l'a baissé, définitivement. Le chômage sans indemnités, la débrouille qui ne dure qu'un temps, la mort de son ami Alex Bleach, la star de rock qui le dépannait généreusement, et c'est la dégringolade, la galère, la rue. D'hébergements provisoires en rencontres éphémères, Vernon Subutex déambule dans Paris, poursuivi sans le savoir par ceux qui convoitent la vidéo en sa possession, le dernier enregistrement de la star du rock. Humour au vitriol, rythme intense, portraits magnifiques, descriptions sans concessions dans cette comédie humaine, inhumaine et urbaine, aussi effarante que réjouissante. Le roman que tout le monde s'arrache, pas étonnant : l'enfant terrible de la littérature française a frappé très fort.

  • Chaque année, à la mi-carême, se tient l'étrange « bal des folles ». Le temps d'une soirée, le Tout-Paris s'encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles - d'un côté les idiotes et les épileptiques ; de l'autre les hystériques, les folles et les maniaques - ce bal est en réalité l'une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont le parcours heurté met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

  • Si c'est un homme

    Primo Levi

    « Pourquoi ?
    - Ici, il n'y a pas de pourquoi. » La réponse du kapo d'Auschwitz au détenu N° 174 517, Primo Levi, est emblématique de la déshumanisation des camps de concentration.
    Si c'est un homme témoigne sur un ton neutre de cette plongée dans les cercles de l'enfer : de la peur, de la faim, du froid...
    Un livre essentiel.

  • Un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l'enfance où tout se vit intensément. Sur la plage, il rencontre Baptiste. Se noue entre eux une amitié d'autant plus forte qu'elle se fonde sur un déséquilibre : Baptiste a des parents parfaits, habite dans une maison parfaite. Sa famille est l'image d'un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui. Flanqué d'une grand-mère à l'accent prononcé, et d'une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami. Un roman fait de silences et de scènes lumineuses.

  • Quinze ans après les événements de La Servante écarlate, le régime théocratique de la République de Galaad a toujours la mainmise sur le pouvoir, mais il est en train de pourrir de l'intérieur. À cet instant crucial, les vies de trois femmes radicalement différentes convergent, avec des conséquences potentiellement explosives. Des secrets depuis longtemps enfouis vont les réunir, les forçant chacune à s'accepter et à accepter de défendre ses convictions profondes. En dévoilant l'histoire des femmes des Testaments, Margaret Atwood nous donne à voir les rouages internes de Galaad dans un savant mélange de suspense haletant, de vivacité d'esprit et de virtuosité créatrice.

  • Je m'appelle Fatima Daas. Je suis la petite dernière. Celle à laquelle on ne s'est pas préparé. Française d'origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J'écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. L'amour, c'était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j'avais besoin et ce qu'il me manquait. Je m'appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom.

  • Turtle, quatorze ans, arpente la nature immense et majestueuse de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour compagnons. Elle a grandi seule, sous la coupe d'un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu'au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu'elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide d'échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.
    Livre phénomène aux États-Unis, ce roman inoubliable sur le combat d'une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d'un nouvel auteur au talent prodigieux.

  • La vie devant soi

    Romain Gary

    Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu'il n'est « pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d'eux-mêmes » qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort. Bouleversant, drôle, tellement beau ! Un roman culte.

    À une époque où il était très critiqué, Romain Gary a écrit ce roman sous le pseudonyme de Émile Ajar afin de retrouver une liberté de ton. Sa véritable identité ne fut révélée qu'à sa mort, en 1980.

  • Le 29 septembre 1759, le navire La Virginie fait naufrage. Seul rescapé, Robinson échoue sur une île déserte où il tente de survivre à une nature hostile en déployant des trésors d'ingéniosité. Mais son existence solitaire bascule le jour où un autre être humain fait son apparition sur l'île : Vendredi, le sauvage...
    Une aventure inoubliable, une ode à la liberté et à la nature.

  • Un pavillon comme les autres, ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu'au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.
    Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l'autre. La vraie. Elle fait diversion, passe entre les coups et conserve l'espoir fou que tout s'arrange un jour.
    Une plume drôle et fulgurante. Un univers acide. Un roman coup de poing.

  • Tel un roman d'aventures, cette histoire vraie nous tient en haleine de la première à la dernière page. Celle de l'auteur, alors directeur de l'Alliance française d'Irkoutsk, capitale de la Sibérie orientale, arrêté en février 2015 sous les yeux de sa petite fille, par des hommes cagoulés. Dans les geôles de Sibérie, il tente de comprendre cette mécanique de destruction, grossière et implacable, dont il est victime et qui porte un nom inventé par le KGB : kompromat. On lui promet quinze années de camp à régime sévère. Il va s'échapper.
    Un récit terrifiant et magnifique.

  • Devant la chute drastique de la fécondité, la récente dictature théocratique militaire à la tête de la république de Gilead, a réduit au rang d'esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d'autres à qui l'on a ôté jusqu'à son nom, met son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire et de travailler... En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

    Le quotidien glaçant décrit dans ce classique de la littérature anglophone vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde nous rappelle combien fragiles sont nos libertés.

  • Kentucky, 1957. Après la mort de sa mère, Beth Harmon, neuf ans, est placée dans un orphelinat où l'on donne aux enfants de mystérieuses « vitamines » censées les apaiser. Un vieux gardien passionné d'échecs lui en apprend les règles. Beth commence alors à gagner, trop vite, trop facilement. Plus rien n'arrêtera l'enfant prodige pour conquérir le monde des échecs et devenir une championne. Mais, si Beth prédit sans faute les mouvements sur l'échiquier, son obsession et son addiction la feront trébucher plus d'une fois dans la vie réelle.

  • Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n'avait besoin de rien. Or ce monstre de Grenouille, car il s'agissait bel et bien d'un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l'univers, car « qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le coeur des hommes ».

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