Lux Canada

  • Le paradigme hégélien de la reconnaissance, admirablement critiqué par Fanon dans l'oeuvre phare à laquelle ce livre rend hommage, est aujourd'hui évoqué sous sa forme libérale dans les débats entourant l'autodétermination des peuples autochtones d'Amérique du Nord. Politologue et militant, membre de la nation Dené du Nord-Ouest du Canada, l'auteur reprend ici la critique fanonienne et démontre en quoi cette reconnaissance ne fait que consolider la domination colonialiste. Il appelle à redéployer les pratiques culturelles autochtones sur la base de l'autodétermination, seule voie vers le décolonisation. Penseur marxiste, Coulthard signe ici un véritable traité de lutte décoloniale et anticapitaliste.

  • Qui, en dehors d'Haïti, a déjà entendu parler de la bataille de Vertières, point d'aboutissement de la guerre d'indépendance haïtienne? Qui sait que cet affrontement s'est soldé, en 1803, par l'une des pires défaites napoléoniennes? Que les Noirs s'y réclamaient des idéaux de la Révolution? Pourtant, cette bataille aurait dû faire date : son issue, désastreuse pour la puissance coloniale française, allait fissurer de manière irrémédiable les assises de l'esclavage.

    Dans cet ouvrage, Jean-Pierre Le Glaunec décrit la violence inouïe de cette guerre entre maîtres et anciens esclaves, entre les forces des généraux Leclerc et Rochambeau et l'armée, dite «indigène», de Jean-Jacques Dessalines. Il interroge le sens de son occultation par l'historiographie française, mais aussi le rapport trouble que l'élite du pouvoir haïtienne entretient avec sa mémoire, symbole d'émancipation parfois encombrant pour qui désire maintenir les populations asservies.

  • La médiocratie

    Alain Deneault

    Cette édition en format poche du livre qui, à sa sortie en 2015, a enflammé les esprits et fourbi la pensée critique commune est suivie de Gouvernance (initialement paru en 2013), portrait dénonciateur de l'arme de prédilection de la tyrannie de la moyenne: le management.
    L'ensemble décrit un régime qui vise la stérilisation de l'esprit humain par la tiédeur intellectuelle et politique facilitée par la novlangue du management. Un livre salutaire et indispensable pour se prémunir contre la révolution anesthésiante en cours.
    Ce diptyque est précédé d'une nouvelle préface qui revient sur la réception de La médiocratie et qui aborde les contextes français et nord-américain en 2016.

  • Comment le système économique que nous connaissons sous le nom de capitalisme s'est-il développé chez les paysans et les seigneurs de l'Europe féodale?
    Dans cet ouvrage devenu un classique de l'histoire des idées, Ellen Meiksins Wood offre aux lecteurs une introduction claire et accessible aux théories et débats concernant la naissance du capitalisme, de l'impérialisme et de l'État-nation moderne. Le capitalisme n'est pas une conséquence naturelle et inévitable de la nature humaine, ni une simple extension des pratiques séculaires du commerce et du commerce. Il s'agit plutôt d'un produit tardif et localisé de conditions historiques très spécifiques, qui a nécessité de grandes transformations dans les relations sociales et dans les relations entre l'homme et la nature.

  • L'étude des discours des « pères fondateurs » des prétendues « démocraties » modernes aux États-Unis et en France révèle qu'ils s'opposaient ouvertement à un régime où le peuple se gouverne seul, par voie d'assemblées populaires. Comment expliquer qu'aujourd'hui, le régime électoral libéral est perçu comme l'ultime modèle « démocratique », alors qu'il fut fondé par des antidémocrates déclarés ?
    L'histoire du mot « démocratie » montre comment l'élite politique a d'abord refusé ce régime avant de réaliser que ce terme pouvait être utilisé positivement pour séduire l'électorat. Bonifiée par une analyse dans d'autres contextes, cette étude comparée France/Etats- Unis confirme l'extrême malléabilité du sens politique des mots.

  • Victor Serge a participé à plusieurs mouvements révolutionnaires du XXe siècle (anarchistes français, Russie, Espagne), mais il a toujours su résister à la force grisante de la foule et surtout, il s'est toujours fermement opposé, au prix de sa liberté, au totalitarisme que certains d'entre eux couvaient en leur sein.

  • Dirty wars

    Jérémy Scahill

    Jeremy Scahill nous transporte au Proche Orient et en Afrique où il a recueilli des témoignages des proches de civils tués par les forces spéciales ou les tirs de drones américains. Il en ressort que loin de "prendre fin", les bavures contribuent à fabriquer toujours plus de prétendus ennemis des États-Unis et de l'Occident.Cette enquête à la fois rigoureuse et haletante, porte un éclairage nouveau sur la lutte contre le terrorisme. De l'Afghanistan au Yémen, en passant par la Somalie et le Pakistan, Scahill décrit les opérations secrètes et clandestines des nouvelles unités guerrières américaines. Loin des lignes de front des guerres déclarées, là où les autres journalistes ne vont pas, Jeremy Scahill enquête sur les nouvelles formes que prennent les guerres modernes.

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