Littérature traduite

  • Roberto Longhi (1889-1970), l'un des plus grands historiens de l'art du XXe siècle, est l'auteur d'une oeuvre monumentale explorant en détail la peinture italienne. En 1914, le jeune Longhi n'a pas vingtcinq ans, mais déjà une plume alerte et des ambitions affirmées : le voici qui écrit pour ses élèves du lycée une Brève mais véridique histoire de la peinture italienne, énonçant les principes formels de l'art italien et étudiant son développement depuis les mosaïques byzantines jusqu'à la Renaissance et à l'ère baroque.
    La première partie de l'ouvrage, intitulée « Idées », fournit une méthode nouvelle pour l'analyse du style des artistes ; la seconde, « Histoire », déroule une histoire de l'art italien à la lumière de cette méthodologie.
    /> Longhi se révèle un maître subversif : au classicisme de Raphaël ou des Carrache, il préfère largement Piero della Francesca et Caravage, deux peintres encore peu célébrés qu'il contribuera grandement à faire sortir de l'oubli. Quant à Cézanne et aux impressionnistes, ils trouvent ici leur place comme la quintessence de la peinture italienne ! Mieux qu'aucune autre synthèse, ce voyage initiatique permet au lecteur de regarder des tableaux majeurs avec autant de savoir que de passion.

  • Considéré comme un classique par les historiens de l'art, le Léonard de Vinci de Kenneth Clark fut publié en 1938.
    Certes, d'autres points de vue ont depuis été développés à propos cet artiste exceptionnel de la Renaissance, mais l'ouvrage n'a rien perdu de son intérêt ni de son originalité.
    Avec une passion communicative, Clark présente la vie et l'oeuvre de Léonard de Vinci (1452-1519) selon une approche chronologique, de ses débuts dans l'atelier de Verrocchio à Florence jusqu'à ses dernières années en France, en passant par ses longs séjours à la cour des Sforza à Milan. Plus que ses recherches scientifiques, c'est son génie pictural qui est ici analysé et décrypté de façon lumineuse, ainsi que son apport unique dans l'histoire de l'art.

  • Michel-Ange a laissé principalement des lettres familières à ses parents ou amis, des lettres d'affaires, de sollicitation et de plaidoirie, des lettres professionnelles concernant ses activités de sculpteur, peintre, architecte ou entrepreneur. Ce Carteggio fourmille ainsi d'indications d'un grand intérêt historique :
    Chroniques de la vie contemporaine, fonctionnement quotidien d'une famille de la petite bourgeoisie toscane, tractations commerciales, immobilières, matrimoniales, moeurs domestiques des artisans et artistes, relations souvent tumultueuses avec les commanditaires, sans compter de précieuses informations sur les techniques artistiques de l'époque.
    En revanche, on y trouve peu de considérations esthétiques, de réflexions sur la créativité et les tourments qu'elle peut impliquer. Avant tout, ces lettres dressent le portrait d'un homme au caractère contrasté, à la fois parcimonieux et généreux, compréhensif ou hargneux face aux très nombreux conflits qui l'opposent à ses patrons ou à ses adversaires. Elles tendent à dépouiller le « divin » Michel-Ange des atours « célestes » que lui ont valu ses oeuvres artistiques et leur exceptionnelle notoriété, pour révéler son monde intime, avec ses défauts et ses faiblesses, mais aussi la fermeté de son tempérament, sa générosité, sa noblesse parfois dans les démêlés quotidiens, sa fière conscience d'être un artiste sans égal.

  • Publié en 1940 (en anglais, sur la base de notes préparatoires rédigées en allemand, alors que Pevsner enseignait encore à Göttingen), salué pour son sérieux, l'ouvrage connut initialement une diffusion modérée dans le grand public - précisément à cause de son objet d'étude qui ne remportait pas la faveur d'une époque exaltant la créativité de l'artiste.
    Le temps a contribué à la diffusion de l'ouvrage. Il a été traduit en italien en 1982 et en français en 1999. C'est cette traduction, aujourd'hui indisponible, que nous republions.

  • En 1775, Thomas Blaikie, botaniste et jardinier écossais, franchit la Manche pour aller étudier la flore des Alpes, découvrant la France et ses moeurs, qu'il juge parfois étranges. Sociable et enthousiaste - il a 25 ans -, il multiplie les rencontres, et dès l'année suivante se fait engager comme jardinier chez le comte d'Artois, frère de Louis XVI. Bientôt il rencontre l'architecte du prince, François-Joseph Bélanger, qui l'associe aux travaux du domaine de Maisons, puis à ceux de Bagatelle.
    Ce Journal permet de suivre la progression de l'aménagement des jardins, mais aussi de partager l'atmosphère de la Cour. Devenu la coqueluche de l'aristocratie et de riches propriétaires, amateurs de « nouveaux jardins anglais à la mode », Blaikie aménage notamment les domaines du duc de Chartres, Monceau, Le Raincy ou encore Saint-Leu. Il quittera la France en 1792, laissant un témoignage émouvant sur les premières années de la Révolution.
    À la fois récit d'aventure et chronique mondaine, le Journal de Blaikie - très célèbre en Grande-Bretagne -, est avant tout un précieux document sur la création en France des premiers jardins pittoresques.

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