Albin Michel

  • Pour accompagner la sortie événement de la biographie de Daphné du Maurier par Tatiana de Rosnay, une nouvelle traduction de Rebecca s'imposait. La première version française parue en 1940 comportait en effet de nombreuses coupes et omissions. C'est donc Anouk Neuhoff, traductrice émérite de Sylvia Plath, de Dorothy Parker, ou encore de Dawn Powell et d'Angela Huth, qui s'est chargée de redonner vie à ce grand classique de la littérature anglaise, vendu à des millions d'exemplaires dans le monde.

  • Le jeune chevalier génois Médard de Terralba, naïf et enthousiaste, part se battre contre les Turcs.
    Au cours de la bataille, un boulet le coupe en deux, du haut en bas. Néanmoins, sa moitié droite survit. Dès lors, ce vicomte pourfendu, de retour sur ces terres, va se montrer d'une odieuse cruauté. Injuste, perfide, néfaste, il fait régner la terreur. Mais voici que l'autre moitié fait son apparition au pays...

  • Dans un château de la campagne hongroise, henri, un général de l'armée impériale à la retraite, attend la venue de conrad, son ami de jeunesse et condisciple de l'école militaire.
    Cela fait 41 ans exactement qu'ils se sont perdus de vue, depuis cette partie de chasse au cours de laquelle conrad a pointé son fusil vers henri, avant de disparaître le lendemain, sans aucune explication. pourquoi ce geste ? pourquoi ce long silence ? pourquoi la femme d'henri, impliquée dans l'affaire, a-t-elle toujours refusé de parler ?
    Aujourd'hui, après toutes ces années, les deux hommes vont enfin pouvoir s'expliquer.
    De cette confrontation dramatique, sandor marai a fait un beau roman qui renoue par son style avec la célèbre conversation de bolzano. roman flamboyant de l'amitié et de l'amour, oú les sentiments les plus violents couvent sous les cendres du passé, les braises est également un tableau de la monarchie austro-hongroise agonisante - celle que joseph roth a décrite dans la marche de radetzky.

  • En octobre 1940, David Sparsholt fait son entrée à Oxford. Athlète et rameur acharné, il semble d'abord ignorer la fascination qu'il exerce sur les autres - en particulier sur le solitaire et romantique Evert Dax, fils d'un célèbre romancier. Tandis que le Blitz fait rage à Londres, l'université d'Oxford apparaît comme un lieu hors du temps où les attirances secrètes s'expriment à la faveur de l'obscurité. Autour de David, des liens se tissent qui vont marquer les décennies à venir.Dans ce nouveau roman magistral, Alan Hollinghurst, l'un des plus grands romanciers anglais contemporains, dessine le portrait d'un groupe d'amis liés par la peinture, la littérature et l'amour à travers trois générations. Après L'Enfant de l'étranger, prix du Meilleur Livre Etranger, il poursuit une oeuvre exigeante.« Peut-être le plus beau roman d'Alan Hollinghurst. » The Guardian 

  • Un jeune jésuite français est venu avec d'autres en Nouvelle-France évangéliser les Indiens. Il n'est là que depuis un an quand ses guides l'abandonnent et le laissent à la merci des Iroquois lancés à leurs trousses. Ainsi commence pour le jeune homme une odyssée incroyable où très vite les Hurons le font prisonnier à leur tour ainsi qu'une jeune captive iroquoise à la personnalité mystérieuse. Leur ravisseur, un grand guerrier qui a perdu toute sa famille, sait qu'un grand et nouveau danger menace son peuple.
    Ce roman épique, qui restitue l'atmosphère des premiers contacts entre Indiens et Blancs en Amérique du Nord, est enraciné tout à la fois dans la beauté naturelle et la brutalité de la colonisation de ce continent.
    Les trois personnages principaux dont les voix tissent l'écheveau de cette fresque saisissante nous entraînent dans un monde où se côtoient la guerre et l'espoir, la méfiance et la concorde, la destruction et la vie, la haine et l'amour.
    C'est à un vrai voyage dans le temps que nous invite Joseph Boyden dans ce livre fort, inoubliable, incroyablement dépaysant et émouvant, qui réussit le tour de force d'être d'une incroyable modernité.

  • Peu de livres ont provoqué autant de controverses que le chef-d'oeuvre coup de poing de Hubert Selby Jr. L'auteur y dresse le portrait fulgurant et halluciné de marginaux new-yorkais, des victimes et des dépossédés qui évoluent dans un monde fait de violence, de drogue et de sexe. L'auteur leur rend hommage en plongeant au coeur de leur détresse avec une puissance d'évocation incroyable. Il retranscrit au plus près la façon dont leur vie se déroule, mais aussi leur style oral, presque à la façon d'une partition musicale.
    On pénètre ainsi tour à tour l'esprit d'une bande de gros durs qui aiment casser du marin et du pédé, d'un travesti amoureux, Georgie, ou celui d'une prostituée aux seins hors du commun.
    /> Last Exit to Brooklyn est un chef-d'oeuvre littéraire qui a su s'émanciper des conventions et créer son propre style. Ecrit et retravaillé par Selby Jr. pendant 6 ans, une nouvelle traduction de ce texte s'imposait.

  • Rabindranâth Tagore (1861-1941) fut marqué dans son enfance par le climat panthéiste du mouvement religieux dont son père était le maître spirituel. Après des études en Angleterre, il revient en Inde, à Bolpur, y fonde son école (la Voix universelle), puis sillonne le monde. Antinationaliste, il a toujours milité pour la Paix et la non-violence. Auteur de nombreux recueils de poèmes tels L'Offrande lyrique, qui lui valut une célébrité mondiale immédiate, Le Jardinier d'amour ou La Jeune Lune, il a reçu le prix Nobel en 1913.
    Sâdhanâ, ou « La Réalisation du but suprême », occupe une place à part dans l'oeuvre du poète et philosophe. Ce recueil, qui expose les conceptions de l'auteur sur la vie, Dieu et la nature, constitue la plus accessible des initiations à l'enseignement de l'Inde éternelle. En toute limpidité, Tagore y aborde des questions essentielles en cette fin de millénaire : problèmes du mal et du moi, accomplissement de l'être dans l'amour...

  • Première neige sur le mont Fuji est une anthologie de six nouvelles inédites réunies par la traductrice et spécialiste de Kawabata Cécile Sakai, qui les a choisies pour montrer toute la palette des qualités littéraires de l'auteur. Quatre d'entre elles sont tirées d'un recueil de textes compilés par l'auteur lui-même.
    Ce recueil inédit sera publié à l'occasion d'une grande exposition sur l'oeuvre de Kawabata présentée à la Maison de la Culture du Japon à Paris en septembre 2014 (présentation de manuscrits, festival de films adaptés de son oeuvre, conférence universitaire).

  • Lorsqu'en 1914, Ashley Crowther revient en Australie, dans le Queensland, pour s'occuper de la propriété héritée de son père, il découvre un paysage merveilleux peuplé de bécasses, d'ibis et de martins-chasseurs. Il y fait également la connaissance de Jim Saddler, la vingtaine comme lui, passionné par la faune sauvage de l'estuaire et des marais. Au-delà de leurs différences personnelles et sociales, les deux jeunes hommes ont en commun un véritable amour de la nature. Et ils partagent un rêve : créer un sanctuaire destiné aux oiseaux migrateurs.
    Loin de là, l'Europe plonge dans un conflit d'une violence inouïe. Celui-ci n'épargnera ni Jim, qui rejoint un camp d'entraînement à Salisbury, ni Ashley, envoyé à Armentières. Seul témoin de la parenthèse heureuse qui les a réunis, Imogen, une photographe anglaise amoureuse comme eux des oiseaux, saura-t-elle préserver le souvenir des moments exceptionnels qu'ils ont connus ?
    Traduit pour la première fois en français, ce roman signé par l'un des plus grands écrivains australiens contemporains, et publié il y a près de quarante ans, s'impose avec le temps comme un chef-d'oeuvre empreint de poésie et de lumière. « Le roman magnifiquement sobre d'un immense poète. »
    The Daily Telegraph

  • Rome, 1598. L'Inquisition sévit contre les hérétiques.
    Enfermés dans des cellules, affamés, torturés, ces derniers reçoivent à la veille de leur exécution sur le Campo dei Fiori la visite d'un inquisiteur pour les inciter à se repentir et à reconnaître publiquement leurs fautes.
    Venu prendre des « leçons d'Inquisition », un carme d'Avila demande à suivre la dernière nuit d'un condamné.
    Malgré sept ans de prison et de tortures, celui-ci ne s'est jamais repenti. Son nom : Giordano Bruno. L'Espagnol assiste aux dernières exhortations, vaines, des inquisiteurs, et accompagne au petit matin le prisonnier au bûcher. Saisi par la violence de cette expérience, il voit toutes ses certitudes vaciller.
    Écrit en 1974 - Sándor Márai vit alors en Italie -, ce roman autour de la figure de Giordano Bruno, où s'entremêlent passé lointain et passé proche, révèle un aspect inédit de l'oeuvre du grand écrivain hongrois. Nourri de l'expérience de la guerre, du fascisme, et du stalinisme qui poussera Márai à l'exil, il expose le regard lucide d'un homme sur l'idéologie totalitaire, conçue pour broyer la volonté et la dignité humaines.

  • " L'un des plus grands romans de Thomas Mann, composé aux Etats-Unis de 1943 à 1947, et dont la trajectoire trouve un écho flamboyant et tragique dans l'histoire contemporaine, le triomphe et l'apocalypse de l'Allemagne hitlérienne.
    Brassant les mythes, renouant avec le démoniaque, paraphant son véritable testament spirituel d'artiste, Mann nous livre la biographie imaginaire d'un artiste qui, comme Nietzsche, braverait la folie pour porter la souffrance d'une époque dans son orgueil de créateur et, comme Schsnberg, serait l'inventeur de la musique sérielle.
    " Jamais, disait-il, je n'ai autant aimé un personnage imaginaire. " Texte intégral "

  • Roman d'amour, roman de moeurs, fresque sociale, Métamorphoses d'un mariage s'impose comme une oeuvre maîtresse de l'auteur des Braises. Ilonka, Peter, Judit sont les acteurs d'un même drame. Chacun à leur tour, ils confient « leur » histoire comme on décline un rôle. L'épouse amoureuse et trahie. Le mari cédant à la passion. La domestique ambitieuse qui brise le couple. En trois récits-confessions qui cernent au plus près la vérité des personnages par un subtil jeu de miroirs, Sándor Márai analyse avec une finesse saisissante sentiments et antagonismes de classe. Mais, au-delà, c'est la fin d'un monde et d'une société - la bourgeoisie hongroise de l'entre-deux-guerres - que dissèque avec lucidité le grand écrivain de la Mitteleuropa.

  • Un jeune Hongrois de 27 ans, docteur en philosophie, dont nous ne saurons pas le nom, arrive à Paris en juin 1926 après un an d'études à Berlin. Il restera deux années en France, entre un Paris où ses points d'attache se résument à quelques cafés, cabarets et hôtels, et une Bretagne idyllique où l'entraîne une femme rencontrée à Montparnasse.
    Etranger à ce pays qui le fascine et le maltraite, étranger aux autres, étranger à lui-même, ce jeune homme sur le fil du rasoir cherche à conforter sa condition d'Européen et à appréhender qui il est, ce qu'il aime ou rejette. Il évolue parmi d'autres étrangers - un Albanais, un sculpteur hongrois, un Russe, une Danoise qui écrit des livres pour enfants - qui tous survivent comme lui tant bien que mal, dans le Paris de la fin des années folles, décrit de façon expressionniste, avec une grande force d'évocation.
    Au terme de son séjour, notre héros aura expérimenté l'étrangeté des rapports humains, et aussi les effets d'une xénophobie qu'il ne soupçonnait pas.

  • « Brillant et hypnotique, un roman dans lequel le lecteur plonge en se laissant habiter par les sons et les rythmes. Paul Lynch fait chanter chacune de ses pages comme le faisaient les grands maîtres. » Philipp Meyer « Un roman sur une Irlande que je reconnais, et que devraient envier tous les écrivains. » Robert McLiam Wilson Après des années passées à New York, Barnabas Kane retrouve le Donegal en 1945 et s'installe sur une ferme avec sa femme et son fils. Mais l'incendie, accidentel ou criminel, qui ravage son étable, tuant un ouvrier et décimant son bétail, met un frein à ce nouveau départ. Confronté à l'hostilité et à la rancoeur d'une communauté qui l'accuse d'avoir tué l'un des leurs, confiné sur cette terre ingrate où l'inflexibilité des hommes le dispute à celle de la nature, Barnabas Kane va devoir choisir à quel monde il appartient.

    L'âpreté lyrique du premier roman de Paul Lynch, Un ciel rouge, le matin, qui métamorphosait le paysage irlandais en un vaste territoire à l'horizon sans limites, se retrouve dans La neige noire, roman pastoral, minéral et tellurique qui confirme le talent de ce jeune auteur révélé en France en 2014, et salué comme le digne héritier de Cormac McCarthy.

  • Ce livre, qui chronique les dix années entre l'Anschluss (mars 1938) et l'exil définitif de Márai (1948), constitue le dernier volet des Confessions d'un bourgeois. Il n'a jamais été publié du vivant de Márai. On l'a cru perdu. Il a été retrouvé et a paru en 2013 à Budapest.
    Pour répondre à la question centrale du livre, « Comment la Hongrie en est-elle arrivée là ? », c'est-à-dire à pactiser avec l'Allemagne nazie, puis à devenir un satellite de l'Union soviétique, Márai se livre à une analyse approfondie de la société hongroise, indissociable d'une analyse de la situation mondiale, fondée sur une réflexion étonnamment moderne, d'une lucidité presque visionnaire.
    Son point de vue est celui d'un bourgeois assumé, un humaniste aspirant à un ordre juste qui pourrait prendre la forme d'un socialisme modéré.

  • « Comme le temps passe, disait, oui, chuchotait l'empereur au fil de son discours dans la pénombre : mais qu'il rampe, s'arrête, s'envole ou nous subjugue par l'une ou l'autre de ses innombrables variations de vitesse - cela dépend de nous, des instants de notre vie reliés les uns aux autres comme les maillons d'une même chaîne... »
    écrivain à la langue somptueuse, Christoph Ransmayr est une voix exceptionnelle de la littérature autrichienne d'aujourd'hui. Après Atlas d'un homme inquiet (prix du Meilleur Livre étranger et prix Jean-Monnet de littérature européenne), il renoue avec le roman et, en grand voyageur, entraîne son lecteur loin de l'Europe et loin dans le temps.
    Dans la Chine du XVIIIe siècle, l'empereur Qianlong règne en despote sur une cour résignée à la démesure de son souverain. Son dernier caprice est une série d'horloges conçues pour mesurer les variations de la course du temps : le temps fuyant, rampant ou suspendu d'une vie humaine, selon qu'il est ressenti par un enfant, un condamné à mort ou des amants. Venu de Londres à l'invitation du souverain, Alistair Cox, le plus célèbre des horlogers du monde occidental, saura-t-il exaucer les désirs de Qianlong et freiner la course des heures ?
    Avec la précision d'un peintre, Christoph Ransmayr construit un récit singulier et virtuose, méditation sur la fugacité du temps et l'illusion d'en triompher par l'art.

  • Dans une petite ville de la province hongroise, un respectable professeur de latin mène une vie terne et solitaire, dénuée de surprise. Lorsqu'il entreprend de tenir son journal, pour " faire passer le temps ", cette apparente tranquillité vole en éclats. Au fur et à mesure qu'il confie les menus faits et gestes de ses journées, des bribes de souvenirs d'enfance lui reviennent, la glace qui recouvrait ses émotions se craquelle, et sa propre vérité surgit enfin. Cette première fêlure en annonce une autre, qui va faire basculer sa vie : un premier amour, violent, tardif, ravageur...

  • Neuf hommes, âgés de 17 à 73 ans, tous à une étape différente de leur vie et dispersés aux quatre coins de l'Europe, essayent de comprendre ce que signifie être vivant. Tels sont les personnages mis en scène par David Szalay à la façon d'un arc de cercle chronologique illustrant tous les âges de la vie. En juxtaposant ces existences singulières au cours d'une seule et même année, l'auteur montre les hommes tels qu'ils sont : tantôt incapables d'exprimer leurs émotions, provocateurs ou méprisables, tantôt hilarants, touchants, riches d'envies et de désirs face au temps qui passe. Et le paysage qu'il nous invite à explorer, multiple et kaléidoscopique, apparaît alors au fil des pages dans sa plus troublante évidence : il déroule le roman de notre vie.Avec ce livre, finaliste du Man Booker Prize, le jeune auteur britannique offre un portrait saisissant des hommes du XXIe siècle et réussit, en disséquant ainsi la masculinité d'aujourd'hui, à dépeindre avec force le désarroi et l'inquiétude qui habitent l'Europe moderne.
    « La démonstration d'une puissance littéraire hors du commun. Magnifique. » The New York Times

  • Et exaltée de Francesca et l'inquiétant comte de Parme, son vieil époux, il rencontre et finit par vaincre à sa manière la tentation de l'Amour. Inspiré d'un épisode de la vie de Casanova, La Conversation de Bolzano met en scène une aventure troublante du séducteur vénitien. Avec une langue toute musicale, construit comme un opéra, ce roman splendide qui connut un succès considérable dans la Hongrie des années quarante est l'?uvre d'un des plus grands stylistes hongrois.

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  • La fin de l'empire austro-hongrois et ses prolongements crépusculaires ont inspiré des écrivains majeurs comme les Autrichiens Joseph Roth, Stefan Zweig ou Arthur Schnitzler. Il faut y ajouter le Hongrois Sandor Marai (1900-1989) qui, aujourd'hui, est enfin reconnu comme un immense écrivain européen.
    L'Héritage d'Esther, publié en 1939, rassemble en un bref récit tout ce qui fait l'art de Marai. Retirée dans une maison qui menace ruine, engourdie dans une solitude qui la protège, une femme déjà vieillissante voit soudain ressurgir le seul homme qu'elle a aimé et qui lui a tout pris, ou presque, avant de disparaître vingt ans plus tôt. La confrontation entre ces deux êtres complexes - Esther la sage, ignorante de ses propres abîmes et Lajos l'insaisissable, séducteur et escroc - est l'occasion d'un de ces face à face où l'auteur des Braises et de La Conversation de Bolzano excelle. Un face à face où le passé semble prêt à renaître de ses cendres, le temps que se joue le dernier acte du drame, puisque "la loi de ce monde veut que soit achevé ce qui a été commencé."

  • L'écrivain hongrois Sándor Márai (1900-1989) est considéré aujourd'hui comme l'une des plus grandes voix de la littérature européenne. Antifasciste avant la guerre, « ennemi de classe » sous l'ère soviétique, témoin d'un monde qui se délite, il connut avant son exil officiel vers les États-Unis un tragique exil intérieur. Rédigés vingt ans après les événements évoqués, ces Mémoires inédits composent une fresque saisissante de la Hongrie à une époque cruciale de son histoire et mettent en lumière le trajet bouleversant de l'auteur des Braises. Avec la sensibilité et la verve caustique qui le caractérisent, Márai raconte l'entrée victorieuse des chars soviétiques en Hongrie en 1944, ses premiers contacts avec l'« homo sovieticus » et l'instauration du régime communiste. Au-delà du témoignage historique, c'est la qualité de son regard, détaché de toute idée préconçue, qui donne à ces écrits toute leur force. Bientôt, face à la bolchevisation forcée, à la censure et à la répression, l'écrivain doit se résigner à l'évidence : l'humanisme est assassiné, on assiste au triomphe d'une nouvelle barbarie à laquelle, une fois de plus, le peuple se soumet. Isolé et impuissant, Márai décide de quitter son pays : « Pour la première fois de ma vie, j'éprouvai un terrible sentiment d'angoisse. Je venais de comprendre que j'étais libre. Je fus saisi de peur », écrit-il la nuit de son départ, en 1948.

  • Au début des années 40, dans le bureau d'un ministère, un haut fonctionnaire hongrois de 45 ans reçoit une jeune réfugiée finlandaise de 22 ans, qui demande son aide pour obtenir un permis de résidence et de travail. Saisi, il croit reconnaître en elle la jeune fille qu'il a aimée mais en aimait un autre, et qui s'est suicidée cinq ans plus tôt. Elle en est le parfait sosie.
    Il invite à l'opéra cette « mouette » venue de si loin, et la soirée se prolonge chez lui, très avant dans la nuit, par une conversation - ou plutôt un de ces doubles monologues dont Márai a le secret. Elle expose son histoire, les détours qui l'ont amenée en Hongrie, il s'exalte sur le hasard, les coïncidences. La tension de cette rencontre énigmatique est encore accrue par l'imminence de la guerre et l'attente d'un coup de téléphone dont on devine qu'il est d'une importance capitale non seulement pour l'homme mais pour le pays...

  • La vie du vieux fonctionnaire Edouard Saxberger bascule le jour où un inconnu frappe à sa porte. C'est un jeune poète venu lui dire son admiration et celle de ses camarades pour l'unique oeuvre lyrique que publia jadis Saxberger. il y a si longtemps que le vieux monsieur l'a quasiment oubliée. Ramené au souvenir de ses lointaines ambitions artistiques, grisé par ces jeunes qui l'adulent et l'invitent à rejoindre leur cercle, Saxberger oscille entre le rêve de débuter une nouvelle carrière littéraire et la tentation de retrouver la « sourde et molle quiétude » de son existence bourgeoise.
    Dans ce texte inédit récemment découvert, Schnitzler fait le portrait d'un vieil homme tourmenté par l'impossible désir de rajeunir, en même temps qu'il brosse le tableau drôle et impitoyable d'un microcosme artistique plus actuel qu'il n'y paraît, où règnent la prétention, la vacuité, la mesquinerie et l'obsession de la publicité.
    « Arthur Schnitzler ressuscite tout le charme mozartien de la culture autrichienne. le brio souriant et la mélancolie légère. » Claudio Magris

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