Langue française

  • Nagori

    Ryoko Sekiguchi

    Nagori, littéralement « l'empreinte des vagues », signifie en japonais la nostalgie de la séparation, et en particulier, la nostalgie de la saison qu'on ne laisse partir qu'à regret. Le goût de Nagori annonce déjà le départ imminent de tel fruit, tel légume, jusqu'aux retrouvailles l'année suivante, si l'on est encore en vie. Cet étonnant et savoureux petit livre nous propose de faire la découverte de l'art poétique et culinaire japonais en méditant sur nos émotions qu'éveillent les saisons, et leur disparition. Sur l'empreinte fugitive des goûts et des saveurs dans le corps et la mémoire, les paysages, la littérature. Du Japon à Rome, en passant par la Villa Médicis où l'auteure était pensionnaire, le lecteur est ainsi invité à une traversée littéraire, culinaire, politique, et à la rencontre de grands chefs cuisiniers, de plats et de produits délicieux.

  • Une anthologie, illustrée, de la littérature japonaise sur la cuisine, et proposée par Ryoko Sekiguchi. Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais !
    Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs : Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun'ichirô Tanizaki...

    Ryoko Sekiguchi a rassemblé, du 12e siècle à nos jours, dix gourmets littéraires qui racontent leurs histoires de goût et de cuisine. Le titre du recueil, Le Club des Gourmets, est emprunté à l'oeuvre de Jun'ichirô Tanizaki. Ryoko Sekiguchi a également écrit toutes les présentations des textes et réalisé les traductions des oeuvres citées en collaboration avec Patrick Honnoré.

  • Si vous aimez le gâteau au chocolat, pouvez-vous décrire son goût ? Si vous n'aimez pas les courgettes, pouvez-vous expliquer pourquoi ? Quelle est la couleur des aliments qui vous attirent le plus ? On croit savoir beaucoup de choses sur l'alimentation, sur ce qui nous nourrit ; mais la nourriture est en réalité pleine de mystères.

    La cuisine, par exemple, n'est pas une chose banale et ennuyeuse du quotidien comme on le dit parfois. Manger et faire la cuisine font partie des rares actions qui éveillent les cinq sens. À cet instant, toutes les portes de ce monde nous sont ouvertes.

    Le monde est fait d'échanges constants. En étant simplement assis à côté de quelqu'un, peut-être échangez-vous avec lui, même sans le savoir, un peu de l'eau qui est dans votre corps et qui s'évapore dans l'air que l'autre aspire.

    La terre est une marmite, et on y danse, nous les êtres humains, avec les arbres, les poissons, les animaux, l'eau, et les mots pour les nommer, avec pour assaisonnement les grands mystères de la vie et de la mort.

  • Nagori, littéralement « l'empreinte des vagues », signifie en japonais la nostalgie de la sépara- tion, et en particulier, la nostalgie de la saison qu'on ne laisse partir qu'à regret. Le goût de Nagori annonce déjà le départ imminent de tel fruit, tel légume, jusqu'aux retrouvailles l'année suivante, si l'on est encore en vie. De nos jours, on invoque les saisons comme un temps comptable. Saisons à découper, à dénommer, à désirer ou à oublier. Et selon quels critères ?
    Cet étonnant et savoureux petit livre nous propose de faire la découverte de l'art poétique et culinaire japonais en méditant sur nos émotions qu'éveillent les saisons, et leur disparition. Sur l'empreinte fugitive des goûts et des saveurs dans le corps et la mémoire, les paysages, la littéra- ture...
    Il y a plus de six ans dans un bistrot populaire d'une banlieue de Tokyo, le chef sert à l'auteure un plat de légumes qui semble n'être déjà plus de saison. Elle lui pose la question. Il répond : « Mademoiselle, je suis beaucoup plus âgé que vous, et je ne sais pas si je pourrai encore goûter ce légume l'année prochaine ». Combien de saisons dans une année, une vie, une cuisine ? Qu'est- ce qu'un produit « de saison » ? Quand fait-il sa première apparition dans l'année ? Dans quelle région ? Jusqu'à quelle distance parcourue peut-on dire d'un fruit qu'il est « de saison » ? À quel moment telle espèce de poisson sera-t-elle « de saison », et comment la définir ?
    Le lecteur est ainsi invité à une traversée littéraire, culinaire, politique, et à la rencontre de grands chefs cuisiniers, de plats et de produits délicieux. Du Japon à Rome, en passant par la Villa Médicis où l'auteure était en résidence d'écriture.

  • Fade ? Quelle est cette saveur, si c'en est une, pour des occidentaux ? Pour les japonais, c'est un goût rafiné des plus apprécié.
    Et l'umami ? Dite aussi 5e saveur, elle est cette fois absolulent inconnue de nos palais européens. L'umami pour un japonais est le comble de la saveur, la plus douce et la plus indescriptible, le bon...

  • Il y a beaucoup d'invisible et d'inquiétant dans notre alimentation moderne : colorants, conservateurs, exhausteurs de saveurs, bactéries tueuses, et depuis les drames de Tchernobyl puis de Fukushima, des éléments impalpables nous cernent définitivement, terribles et angoissants.
    Ryoko Sekiguchi, attachée personnellement aux questions culinaires, avec légèreté, humour, et une vraie gravité qui sied à son questionnement, dans Manger fantôme interroge ce qui nous nourrit aujourd'hui. Manger fantôme est la première approche métaphorique, philosophique et concrète d'un déni contemporain.

  • L'astringent : un goût, une saveur ? On ne sait comment nommer cet inconnu dans notre culture française. Ryoko Seguchi, Japonaise, nous l'apprend dans son livre, drôle, savant, philosophique et toujours vif.

  • La voix sombre

    Ryoko Sekiguchi

    Il faut entendre le titre La voix sombre dans les deux sens possibles.
    La tristesse, mais aussi la disparition. Ce livre est en effet une suite de pensées sur ce qu'il reste d'une voix quand celle ou celui à qui elle appartenait n'est plus. Qu'est-ce qu'une voix enregistrée ? Qu'est-ce que la trace que laisse une voix ? est-elle matérielle, corporelle ? Et de là, le livre s'étend à l'image, aux odeurs, et puis il devient une réfl exion sur l'absence, la mort.
    La langue est simple, directe, la pensée est claire.

  • Heliotropes

    Ryoko Sekiguchi

    Ce livre propose une structure inspirée de la forme poétique de la muwashshah pratiquée dans l'Andalousie arabe du Moyen Age, et notamment de sa kharja, " sortie " du poème résolue par l'insertion de la voix d'un autre, d'une voix autre, pour aborder dans le même geste la question de la " fin du poème ". Comment sortir d'un poème ? Comment un poème peut-il parvenir à sa fin ? Le thème du jardin déploie une réflexion sur les noms scientifiques des plantes. Les noms savants des plantes, leurs noms latins, ne sont qu'exceptionnellement prononcés, comme s'ils prenaient leurs distances avec les langues parlées pour demeurer dans une altérité irréductible. En convoquant les noms propres qui n'ont jamais été appelés, il s'agit de rendre leur place aux rangs de la nature, de les décrire sans réduire la part d'incompréhensible qu'ils recèlent afin d'en préserver la distance. " Je passe la parole à l'Autre " ; cette formule caractéristique de muwashshah serait un bon modèle pour réunir les questionnements proposés ici.

  • Deux marches, de nouveau

    Ryoko Sekiguchi

    • P.o.l
    • 13 October 2005

    Le personnage erre dans le marché.
    Ou plutôt, dans deux marchés. et se transforme lui-même en texte - en lisant. il s'agit ici de l'expérience physique de la lecture, et des modes de citation possibles : comment inviter les phrases d'un autre dans son propre texte, ou comment écrire après la lecture d'un livre.

  • " Je n'ai ni beaucoup de temps pour t'écrire ni, d'ailleurs, mon petit amour méchant, grand-chose à te dire que je ne puisse dire bien mieux demain de vive voix dans le laps de temps, malheureusement bref, que dure le parcours de la rua do Arsenal à la maison de ta soeur. " Lettres à la fiancée, Fernando Pessoa. Livre sur le rendez-vous mais aussi histoire d'amour qui se donne à parcourir de nouveau.

  • Ce qui domine quand on lit Ryoko Sekiguchi c'est l'infinie douceur de son écriture, malgré l'incroyable acuité de son regard. Elle
    regarde d'en haut, d'en bas, de l'intérieur, ce qui l'entoure, évidant tous les angles, imperceptiblement. Son précédent livre, Adagio ma
    non troppo (Le bleu du ciel, 2007) se déroulait à Lisbonne, s'attachant à la notion de déplacement, en écho au livre de Fernando Pessoa,
    Lettres à la Fiancée. Études vapeur et Série Grenade se déroulent sur deux étés, à Grenade en Andalousie. Toujours la chaleur, l'eau (les
    bassins, les fontaines), les plantes, la marche, récurrentes dans l'oeuvre de Ryoko, mais ici, le travail sur l'incidence de la perception
    fait écho à l'article éponyme de l'Encyclopédie de Diderot. Et Ryoko, qui n'en est plus à une prouesse près, soigne toujours sa construction
    narrative : ici, les scènes se déploient sur une journée, du matin de la première page, à la nuit de la dernière page.

  • Calque

    Ryoko Sekiguchi

    • P.o.l
    • 5 December 2001

    Calque est composé à partir de textes tirés de deux livres écrits en japonais et traduits par l'auteur elle-même.
    Même s'ils suivent le cours des pages, ces textes ne se déroulent pas. ils se superposent en formant à peine une épaisseur de narration, à peine un contenu déterminable. comme projetés sur un même écran, ils restent indépendants les uns des autres. sans doute, le livre considéré dans son ensemble évoque-t-il une réflexion sur le travail de la traduction. mais il suggère aussi la possibilité d'une définition de la poésie.
    Et parce que les textes semblent rester comme en surface, parce qu'ils semblent flotter sans référence, loin de toute tentation narrative linéaire, ils laissent monter des mots issus d'un temps irremplaçable.

  • 961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui l'accompagnent) Nouv.

    Dans Ce n'est pas un hasard (P.O.L 2011), écrit dans le contrecoup de la triple catastrophe de Fukushima, Ryoko Sekiguchi abordait la question de la « veille de la catastrophe ». En arrivant à Beyrouth en 2018, elle ne pouvait pas se douter que cette ville était à son tour menacée par des drames imminents, la révolte anti-corruption en février 2020 et la terrible explosion du port de Beyrouth en août. Durant sa résidence d'un mois et demi, 961 heures précisément, elle avait prévu de faire le portrait de la ville à travers les gestes des cuisiniers et les histoires de cuisine partagées par les Beyrouthins. Ce projet d'écriture a été en partie bouleversé. Le livre est saisi alors dans la nostalgie d'un Beyrouth d'avant les catastrophes. Ce devait être un livre de cuisine savoureux, rempli de la joie du partage. L'idée était forte : dans une société multiethnique et multiconfessionnelle, une étrangère peut voir s'ouvrir à elle plus de portes qu'aux habitants. Chacun lui livre ses récits les plus intimes. Mais l'autrice comprend alors que le livre s'est écrit dans un avant-drame. La ville qu'elle explore devient « la ville d'avant l'explosion du 4 août 2020 ».
    Japonaise vivant entre la France et le Japon, Ryoko Sekiguchi est familière des moeurs « orientales ». Elle mène une réflexion sur ces « deux Orients » que sont le Liban et le Japon, et les autres Orients qu'elle a connus, comme l'Iran ou la Syrie.
    Celle qui avait, dans Nagori (P.O.L 2018), su réunir divers thèmes sous l'angle du passage des saisons, pousse encore plus loin le défi. A travers le prisme de la cuisine, elle traite ici des questions de transmission, de mythe, de tradition, des symboles culinaires, mais aussi de la mémoire, des catastrophes, des non-dits, de la grande famine libanaise, de la fracture sociale, ou encore de l'immigration. En s'appuyant sur le cas libanais, elle met en lumière le sort des « intouchables » (burakumin) au Japon, grand tabou que les Japonais n'ont pas encore levé à ce jour.
    Le livre est composé de 321 micro-chapitres qui tous font écho d'une certaine façon à une recette de cuisine, un plat, une saveur.

    awaiting publication
  • « Si je vous dis que le curry, avec les tempuras, les sushis et les râmen, est l'un des plats représentatifs du Japon, vous ne me croirez peut-être pas immédiatement. Pourtant, un Japonais mange du «karê raisu» (curry and rice) en moyenne 73 fois par an. À la maison comme dans les restaurants, le style du curry développé par les Japonais est si singulier qu'il existe même une plaisanterie à ce sujet : un Indien en visite au Japon, après avoir goûté au curry japonais, s'exclame :
    'C'est délicieux ! Comment ce plat s'appelle-t-il ?' » Ryoko Sekiguchi « Dans la cuisine de la Maison du Voyageur à Cancale, nous avons tâtonné, avancé au nez dans un tunnel d'échantillons des parfums de currys japonais rapportés par Ryoko pour trouver la quintessence de cette composition, afin ensuite d'être en mesure de la réaliser. Après de nombreux essais, nous avons, ensemble, choisi d'y ajouter de la laitue de mer des côtes bretonnes. Cette algue apporte une douceur iodée qui accentue l'umami (du curry déjà présent grâce au hatcho miso. » Mathilde Roellinger Nous souhaitons que ce livre incite les amoureux et les curieux à préparer un curry du levant comme les japonais à la maison et aussi à trouver d'autres inventions.

  • La cuisine japonaise a ceci de particulier qu'elle a longtemps utilisé le nuage comme un ingrédient majeur.
    L'impression aérienne que l'on garde souvent après un repas japonais vient du fait que le nuage est apprécié comme le summum des produits nobles.
    Nous sommes heureux de pouvoir vous livrer ici, dans ce livre de recettes, sans doute le premier consacré aux nuages, les secrets de cet aliment magique. Produit digeste, non allergène et non gras, qui ne contient ni gluten ni sucre, et qui ne pose pas de problème de bilan carbone, le nuage est bien l'ingrédient du XXIe siècle.
    Avec le concours du chef Sugio Yamaguchi et du designer industriel Valentin Devos, inventeur d'attrape-nuage, qui vous expliquent tour à tour comment cuisiner les nuages, vous pouvez concocter un véritable dîner aux nuages qui ravira les papilles de vos invités.

  • Au cours de son séjour à la Villa Medicis, l'écrivain Ryoko Sekiguchi a rencontré un mystérieux K. W. adepte de séances de spiritisme. Cuisinière émérite, Ryoko lui propose aussitôt d'inviter les fantômes à dîner. Avec le photographe Felipe Ribon, amateur de bonne cuisine, elle se lance dans la conception de repas pour les fantômes. Commence alors une aventure culinaire et spirituelle dont ce livre est le récit.
    L'une par les mets et les mots, l'autre par les images, ils conçoivent ce traité sur l'art de la table, l'art d'inviter et de recevoir les fantômes. Un art qui réclame beaucoup d'attention et de délicatesse. Car les défunts entreprennent un long voyage pour revenir et il faut les accueillir avec respect. Il s'agit donc tout d'abord de s'interroger sur ce qu'ils peuvent avoir envie de manger, puis de réaliser les plats et de créer un environnement favorable.
    Il faut ensuite inviter le fantôme pour qui le dîner est destiné, en espérant qu'il viendra et qu'il appréciera les odeurs, les couleurs, les textures de ce qui lui est offert. Tout cela est consigné par Ryoko, non sans humour, sous forme de notes, de recettes, de préceptes, de souvenirs personnels et de récits de traditions japonaises. Concocter des bons petits plats est une façon généreuse d'entrer en communication avec ceux qu'on a aimé.
    C'est une façon conviviale de leur témoigner notre amour. Les invoquer pour les rendre présents à nous-même, les laisser vivre encore en nous. Qui ne pense à sa mère, à sa grand-mère quand l'odeur chaleureuse du plat enfourné s'échappe de la cuisine ? Si ce traité roboratif de savoir vivre avec nos défunts nous invite à réfléchir à la place que nous leur faisont dans notre civilisation, il dit aussi toute la simplicité jubilatoire de faire la cuisine et d'être entièrement dévoué au plaisir des autres.
    Les photographies de Felipe Ribon mettent en scène cette fantasmagorie littéraire et restituent le mystère de cette présence/absence.

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