Le Livre de Poche

  • A qui Georges Duroy doit-il son irrésistible ascension ? Aux femmes séduites par sa jeunesse et sa beauté. La petite fille de l'une de ses maîtresses le surnommera Bel-Ami. Et ce fils d'aubergistes normands, à Canteleu, deviendra baron Du Roy de Cantel. L'amitié lui ouvrira la carrière journalistique. L'amour lui donnera l'argent et la gloire. Maupassant a été journaliste. Il a connu ce monde parisien du xixe siècle, les salles de rédaction qui font et défont les ministères, et leurs annexes, les salons mondains où naissent intrigues et liaisons. Ses portraits de femmes dévorées d'amour ou d'ambition, ses tableaux de la vallée de la Seine à Rouen, ses fiacres, avenue du Bois de Boulogne, sont oeuvre de peintre. Maupassant était un maître du récit.

  • Jeanne, fille unique très choyée du baron et de la baronne Le Perthuis des Vauds, avait tout pour être heureuse. Son mariage avec Julien de Lamare, rustre et avare, se révélera une catastrophe. Sa vie sera une suite d'épreuves et de désillusions.
    Ce roman, le premier de Guy de Maupassant, est une peinture remarquable des moeurs provinciales de la Normandie du xixe siècle : hobereaux, domestiques, paysans y sont décrits avec beaucoup de réalisme.

    Préface de Henri Mitterand, Commentaires et notes d'Alain Buisine 

  • Edition enrichie (Introduction, notes, dossier sur l'oeuvre, annexe, chronologie, bibliographie et filmographie)« Boule de Suif, le conte de mon disciple dont j'ai lu ce matin les épreuves, est un chef-d'oeuvre, je maintiens le mot, un chef-d'oeuvre de composition, de comique d'observation. » Paul Morand n'est pas moins enthousiaste que Flaubert : « une grande nouveauté, une parfaite réussite », souligne-t-il, tout en comparant la nouvelle à l'Olympia de Manet. Issue, seule de son espèce, d'une sorte de concours littéraire lancé lors d'une des soirées de Médan, Boule de Suif fait figure non de manifeste, mais d'accomplissement. Le bonheur d'un titre, la virtuosité d'un conteur qui joue sur tous les registres - y compris le comique -, servis par une plume souple et ferme à la fois, employée à peindre la cupidité aussi bien que l'amour, les préjugés ou le bonheur, n'y sont pas étrangers. Mais quelle recette mystérieuse et efficace est ici à l'oeuvre ? Maupassant à son meilleur saisit « dans leurs côtés cruels les réalités de la vie », non sans dégager de cet amalgame soigneux de bourgeois avides et d'humiliés perdus une poésie âcre et forte. 

  • Chaque automne, un vieux chasseur régalait ses amis de bécasses. Les têtes de ces délicieux oiseaux étaient donnés à un seul convive désigné par le sort. Et ce dernier, pour dédommager les autres, devait raconter une histoire. Les seize nouvelles de ce recueil se situent presque toutes en Normandie où Maupassant vécut une jeunesse heureuse. Ses paysans chasseurs, ses aristocrates, sa rempailleuse, ses pêcheurs sont saisis sur le vif dans leur vie quotidienne. La folie de la femme qui a perdu toute sa famille, l'avarice sordide de la maîtresse du petit chien, la triste vieillesse des danseurs de menuets, la revanche de l'épouse bafouée, Maupassant voit tout dans les détails les plus poignants. Le célèbre auteur de Bel Ami nous donne dans ce recueil ses meilleurs contes.
    Préface de Jacques Chessex Commentaires et notes de Louis Forestiers.

  • Un couple de retraités parisiens vit au Havre, avec ses deux fils. Le cadet, Jean, est blond et sage ; l'aîné, Pierre, noir et emporté. Leur vie s'écoule paisible, agrémentée de parties de pêche en mer ou sur la plage quand un grain éclate. Le ciel s'obscurcit. Les vents se déchaînent, chassant le bonheur. En mourant, un vieil ami de la famille laisse à Jean sa fortune. Pourquoi à Jean seulement ? Pierre y pense nuit et jour. Il plonge dans le passé de sa mère, à la recherche du secret empoisonné.
    L'émotion intense, l'histoire cruelle et vraie, les odeurs de la mer, la lumière célèbre de l'embouchure de la Seine font de ce roman un des chefs-d'oeuvre de Maupassant.
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    Edition de Marie-Claire Ropars-Wuilleumier. 

  • « ... un matin, comme je me promenais près de mon parterre de rosiers, je vis, je vis distinctement tout près de moi, la tige d'une des plus belles roses se casser comme si une main invisible l'eût cueillie, la fleur resta suspendue dans l'air transparent, toute seule, immobile, effrayante, à trois pas de mes yeux.
    Saisi d'une épouvante folle, je me jetai sur elle pour la saisir. Je ne trouvai rien. Elle avait disparu...
    à partir de ce moment-là, je sus qu'il existait près de moi un être invisible qui m'avait hanté et qui revenait. Un peu plus tard, j'en eus la preuve. » Confession lucide et maîtrisée d'un homme qui assiste au naufrage de sa propre raison, Le Horla nous révèle la trajectoire secrète et fulgurante qui relie la plénitude de la santé au martyre de la démence. Nul autre récit fantastique - en raison, peut-être, de certains accents autobiographiques - n'a développé avec plus de rigueur et de vérité clinique l'implacable logique de l'imaginaire. 

  • Edition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Parricides, ivrognes, enfants pervers, maris aveugles, ravissantes idiotes, bourgeois lâches et mesquins, paysans cruels et cupides, vous ne trouverez dans ces contes, de jour comme de nuit, que bourreaux ou victimes.
    Mais s'ils sont tous à tuer, ils tuent aussi beaucoup, ou se pendent, ou se tirent à la rigueur un coup de revolver dans la bouche par peur de la mort...
    Maupassant serait-il le grand ancêtre méconnu du néo-polar ?

    Edition de Francis Marcoin.
    Préface de Louis Forestier.

  • Voici trois nouvelles exemplaires par le souci du détail vrai, la rigueur de la construction, la maîtrise du récit, l'art de la chute. « La Parure » dépeint avec alacrité le menu peuple des bureaux. « Sur l'eau » évoque la vie nocturne d'une rivière, ses bruissements mystérieux, sa faune secrète, ses maléfices, ses drames. « La Légende du Mont Saint-Michel » nous transporte au coeur du folklore normand où la roublardise paysanne fait bon ménage avec le goût du merveilleux.
    Une même ironie, tantôt enjouée tantôt cruelle, sous-tend ces trois textes. Elle illustre la profonde acuité d'une oeuvre qui, de Boule de Suif au Horla, n'a cessé de mettre au jour avec une égale curiosité les ressorts inattendus de la mécanique humaine.

    Présentation et notes de Gilles Ernst. 

  • Ce volume de récits fantastiques, pour la plupart écrits de 1882 à 1887, Maupassant ne l'a pas lui-même composé. A les lire à la suite, rassemblés selon leur ordre de publication, on comprendra mieux cependant que le fantastique est une constante de l'oeuvre - et qui est apparue très tôt : contrairement à ce qu'une certaine légende a fait croire, Maupassant, bien que la folie l'ait terrassé à la fin de sa vie, n'a pas écrit sous sa dictée.
    Mais s'agit-il vraiment de fantastique ? Rien de surnaturel ici, ni de merveilleux. Mais des histoires qui font place à l'angoisse et à la cruauté, à la folie et à la peur, à la division de l'être qui s'analyse avec lucidité. Le génie de l'auteur est alors de rendre son lecteur captif, d'agir sur sa conscience et de lui faire croire avec naturel et simplicité que ce fantastique intérieur, cohérent et logique, est aussi la vie ordinaire, mais devenue soudain étrange.
    Edition de Mariane Bury 

  • La petite Roque

    Maupassant Guy

    Edition enrichie (Préface, introduction, notes, et bibliographie) 
    « Un livre fort et qui dure, qui agit longuement dans notre mémoire. C'est que Maupassant agit en nous comme une substance vénéneuse, et qu'il nous contraint à son tour, qu'il nous lie à son désir, à son effroi, à ses éblouissements noirs, en nous faisant ses témoins et ses complices. J'aime cet envoûtement et cette peur. J'aime ces paysages et ces figures. Et j'admire de plus en plus cet art, sublime et délétère, qui m'apparaît, même sous ses aspects ensoleillés ou voluptueux, comme une décisive écriture de la mort.
    Jacques Chessex.
    Neuf contes où les hommes ne conduisent pas leur destinée, neuf contes où l'homme est le jouet de ses passions, où Maupassant se penche sur la misère des humbles et la cruauté de l'homme pour l'homme.
    Edition de Louis Forestier. 

  • Edition enrichie (Préface, notes, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)« Fermé pour cause de première communion » : un tel avis, sur la porte d'une maison close, n'est pas chose courante, et les habitués de la maison Tellier, de Fécamp, n'en reviennent pas. Pendant ce temps, Madame et ses cinq pensionnaires vont retrouver à la campagne, le temps d'une fête, leurs émois et leur innocence de petites filles...
    A côté de ce chef-d'oeuvre, huit autres nouvelles déploient ici l'éventail du génie de Maupassant. Petits employés parisiens, paysans timides, noceurs désabusés, filles rouées ou naïves : toute une humanité, où de surprenantes candeurs se mêlent à la violence des appétits et des intérêts, est dépeinte avec la couleur éclatante et le réalisme vigoureux des toiles de Renoir, de Manet ou de Toulouse-Lautrec.

  • Les époux Christiane et William Andermatt décident de quitter Paris pour s'installer en Auvergne. La jeune femme doit suivre une cure, tandis que son mari, homme d'affaires sans scrupule, se lance dans la construction d'une station thermale. Pour la faire prospérer, il utilise tous les stratagèmes, n'hésite pas à faire appel à des médecins charlatans et à tirer profit des malades. Pendant ce temps, sa femme prend un amant...
    Publié en 1887, le roman Mont-Oriol, une oeuvre satirique à la fois comique et sentimentale, offre également une description du capitalisme et de la corruption médicale, des maux qui n'ont rien perdu de leur actualité.

  • " Car l'amour est fort comme la Mort, la passion inflexible comme le Schéol. Maupassant ne lisait pas comme nous le Cantique des Cantiques. Pour lui et ceux de son temps, la passion était la jalousie. Mais ce roman, qui s'achève dans l'agonie d'un feu étouffé par des lettres brûlées qui avaient dit l'amour, raconte le vieillissement d'un peintre. " Il avait aimé la mère, dans un élan de servitude volontaire, il commençait à aimer cette petite fille comme un esclave, comme un vieil esclave tremblant à qui on rive des fers qu'il ne brisera plus [...]. Elle était à peine une femme dont le coeur et l'âme dormaient encore du sommeil de la jeunesse. Lui, maintenant, il était presque au bout de sa vie ! [...] Sait-on jamais pourquoi une figure de femme à tout à coup sur nous la puissance d'un poison ? [...] On en est ivre, on en est fou, on vit de cette image absorbée et on voudrait en mourir ! " Et il en mourra... Comme l'a si bien vu Roger Martin du Gard, Maupassant " a plusieurs fois prouvé magistralement qu'il possédait le sens tragique dans la vie quotidienne ". Introduction et notes de Marie-Claire Bancquart. Texte intégral. "

  • Maupassant fut le meilleur élève de Flaubert. Ils étaient, tous deux, normands et réalistes. Les nouvelles de Maupassant : des instantanés ou des petits morceaux de vie inoubliables. Mademoiselle Fifi est, en réalité, un jeune officier prussien, occupant la France en 1870, blond, à la taille fine, fier et brutal, surnommé ainsi parce qu´il méprise tout et tout le monde et répète sans cesse : « Fi, fi donc ». Il trouvera plus fort que lui.
    Provinciales inassouvies, amants surpris, prostituées, femmes de notaires, nobles ruinés, amis pêcheurs, chacun a son portrait juste et émouvant.
    Ces nouvelles sont brèves, ainsi l´exigeait la presse quotidienne qui les publiait avec succès. Brèves mais exprimant l´essentiel. Chaque personnage, à un moment décisif, touche le fond et reste marqué à jamais. Maupassant affirmait appartenir à la famille des écorchés. « J´ai froid de la solitude de la vie », disait-il.

  • Mathilde Loisel n'est pas pauvre, mais elle n'est pas riche non plus. Elle qui ne rêve que de luxe et du grand monde, comment peut-elle répondre à l'invitation d'un ministre sans toilette digne de ce nom ? Elle emprunte alors le collier en diamant d'une de ses amies et se rend à la réception, plus belle que jamais. Elle ne sait pas encore que cette parure signera sa chute...

  • Il y a un Maupassant satiriste, un Maupassant fantastique, un Maupassant poète, un Maupassant naturaliste... Il y a aussi un Maupassant peintre de la vie charnelle, dans ses joyeusetés et ses fureurs, ses bonheurs et ses singularités. C´est celui qu´on rencontrera dans ce livre.
    Des bordels ordinaires aux alcôves des demi-mondaines, des rives de la Seine (Mouche) au décor normand (Une partie de campagne), jusqu´en Afrique et même au cimetière Montmartre (Les Tombales), les contes rassemblés dans ce recueil font l´inventaire des heurs et malheurs du désir dans tous les âges et à travers toutes les couches sociales.
    Truculent ou féroce, d´une étonnante hardiesse et cependant jamais vulgaire, l´auteur de Boule de Suif et de Bel-Ami est ici ce qu´il est toujours : le peintre éclatant et généreux de la Vie sous toutes ses formes.

  • Notre coeur

    Maupassant Guy

    Edition enrichie (Introduction, commentaires et notes) " Après Notre coeur (1890), Maupassant sombre dans la folie qui l'emportera trois ans plus tard. Or ce dernier roman publié, loin de marquer le crépuscule d'une inspiration que le temps et la maladie auraient tarie, montre au contraire un souci de renouvellement, tant dans le rejet du naturalisme sordide, que par le choix d'un décor et d'un milieu élégants. Au coeur de Notre coeur, le coeur de Michèle de Burne, en proie aux tourments amoureux. Ce personnage féminin, autour de qui s'assemble un monde artiste, représente la modernité, à l'opposé de la rusticité archaïque de l'homme. Libre de toute contrainte, débarrassée des scrupules moraux et religieux qui hantaient une Emma Bovary, Michèle de Burne peut s'écrier : " Je suis trop moderne. " Cette " Eve future ", un brin factice, " insexuelle " et hostile à la maternité, annonce la " sphinge " et la garçonne des années suivantes, redoutable mais nécessaire transition entre un monde qui s'achève et celui qui ne se découvre pas encore. Présentation et notes par Francis Marcoin. "

  • " Deux figures féminines, émouvantes et fortes, dominent ce recueil : celle de Mouche, maîtresse de cinq joyeux compagnons, qui, le jour où elle est enceinte, exultent de leur paternité commune ; celle de la comtesse de Mascaret, lasse d'un mari qui n'a jamais vu en elle qu'une jument poulinière ", et dont la revanche sera de lui faire croire qu'un de ses enfants n'est pas de lui.
    Bien d'autres drames obscurs sont explorés dans ces pages. Un prêtre reçoit la visite d'un jeune débauché, qui prétend être le fils qu'il a eu jadis d'une comédienne. Un homme tente désespérément de conjurer par un masque l'arrivée de la vieillesse...
    Onze nouvelles, onze chefs-d'oeuvre dans lesquels l'auteur de Bel-Ami et de Boule de Suif apparaît au sommet de sa puissance créatrice, et déjà hanté par la folie, dont la menace surgit, fantastique, dans le dernier récit du volume.
    Texte intégral Introduction, commentaires et notes de Patrick et Roman Wald Lasowski "

  • Des employés de ministère étriqués, une jeunesse bruyante que distrait le canotage sur la Seine, des petits boutiquiers qui ne rêvent que pêche à la ligne, des paysans âpres au gain de la Haute-Normandie : c'est l'univers familier de Maupassant que nous retrouvons ici dans sa diversité. Et cependant, un thème unit ces contes : la destruction de l'individu.
    C'est en effet la mort qui rôde dans ces quatre récits de la cruauté ordinaire que Maupassant fait paraître de 1881 à 1883. Mais cette dureté n'empêche pas la gaieté, ni que la farce se mêle au tragique. Séduisante et grinçante tour à tour, la réalité que mettent en scène ces histoires de la vie quotidienne n'est donc banale qu'en apparence. L'inquiétante étrangeté n'est jamais très loin et, dans ces contes si réalistes, Maupassant nous conduit aux frontières où s'effacent les explications les plus naturelles.

    Edition de Louis Forestier. 

  • Publié en 1884, Yvette, l'une des oeuvres les plus justement célèbres de Maupassant, nous conte une éducation sentimentale et sociale. Courtisée par l'élégant Servigny, l'ingénue Yvette prend peu à peu conscience du milieu équivoque dans lequel la fait vivre sa mère, une aventurière jouant la marquise. Se gardant de tout recours au larmoyant ou au tragique, l'auteur de Boule de suif dépeint ce demi-monde à petites touches précises et subtiles. Les autres nouvelles du recueil explorent les registres les plus divers, du tableau exotique ou guerrier (Mohammed-Fripouille) au drame psychologique (L'Abandonné) ou criminel (Le Garde). Chacune offre cette alliance de réalisme minutieux, de sens de l'intrigue et de recréation visionnaire qui fait la singularité et la force de Maupassant.
    Présentation et notes de Gérard Gengembre.
    Texte intégral

  • Entre 1880 et 1887, Maupassant voyage sur les rivages de la Méditerranée - Côte d´Azur, Corse, Italie, Afrique du Nord... - et adresse aux gazettes parisiennes le récit de ses pérégrinations. Ces chroniques, ici choisies et commentées par Henri Mitterand, composent un journal de bord passionnant, où Maupassant décrit avec la précision du journaliste et raconte avec le talent de l´écrivain. Depuis plus d´un siècle, tant de choses ont changé, et pourtant... La force d´évocation de Maupassant est telle qu´il nous fait respirer le parfum des roses, naviguer dans la brise du soir, chevaucher dans le désert, dormir à la belle étoile... Lire ses chroniques, c´est découvrir en sa compagnie des terres étrangères, écrasées de soleil, qui conservent tout leur mystère et leur beauté. la lettre et la plume, une collection qui marie littérature et histoire au travers d´ écrits intimes (mémoires, correspondances, journaux, chroniques...) d´une grande qualité littéraire.

  • " C'était le temps de la vie parisienne ", et son âge d'or. A des quotidiens comme Le Gaulois, lu par la meilleure société, Le Figaro, au public plus éclectique, ou encore à l'incisif Gil Blas collaboraient les meilleures plumes du temps. Parmi elles, celle de Maupassant. Ce n'est pas la partie la plus connue de son oeuvre ; ce n'est pas la moins attachante. Le regard sans indulgence, volontiers décapant, court d'une visite à Zola au Faubourg. Moraliste rigoureux mais pas sévère, attentif aux corruptions d'une époque qui s'était donné un conformisme de façade afin de mieux assouvir dans l'ombre une inextinguible soif de plaisirs, Maupassant dénonce les " balançoires " des modes, croque, juge, griffe et n'oublie jamais sa science des êtres et des choses. Rien de plus brillant que ces chroniques, et rien de moins superficiel. Le ton est celui de la conversation civile, le fond celui d'un grand écrivain, à l'opposé l'un et l'autre de cette " causerie française, fine, banale, aimablement malveillante " que dénonce Fort comme la mort.
    Introduction et notes de Jean Balsamo. "

  • Chroniques

    Guy de Maupassant

    Edition enrichie (Introduction et annexes) C´est le besoin d´argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d´une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c´est une rémunération d´écrivain reconnu qu´on lui offre et, l´année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois.
    D´autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu´à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, moeurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son oeuvre qu´on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d´apparaître au point que l´on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu´une chronique. Assurément, l´unité est ici celle d´un monde et d´une époque : mais c´est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d´un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».
    Textes choisis, présentés et annotés par Henri Mitterand.

  • Sous la forme d'un journal, Maupassant rapporte les hallucinations d'un homme obsédé par la mystérieuse présence, chez lui, d'un être invisible auquel il donne le nom de Horla. Cet être, petit à petit, impose sa propre volonté et absorbe insidieusement toute l'énergie vitale de sa victime. Un voyage intérieur aux confins de la folie.

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