Jérôme Prieur

  • On connaît moins ou pas du tout le second et ses Mémoires récréatifs, scientifiques et anecdotiques d'un physicien aéronaute. En plein siècle des Lumières, Étienne-Gaspard Robertson (peintre, dessinateur, physicien aéronaute, mécanicien, fantasmagorien et mémorialiste) est un véritable illusionniste. Comme l'écrit Jérôme Prieur dans sa préface, Robertson propose « de l'intérieur, une réflexion sur le spectacle lumineux, sur l'illusion et la croyance, une réflexion sur le spectateur - ce hors champ laissée dans l'ombre des histoires du cinéma et du pré-cinéma, cette part d'ombre consubstantielle aux images nocturnes. Bien avant le grand Hitchcock, Étienne-Gaspard Robertson a été le premier à comprendre que les spectacles optiques que préfigure sa fantasmagorie ne devaient pas se contenter de mettre en mouvement les images, mais qu'ils devaient mettre en scène les désirs et les peurs que suscitent les images, qu'ils devaient diriger le spectateur, notre double assis à notre place dans la nuit lumineuse.

    Est-ce vraiment un hasard si son écran de projection, Robertson l'appelait « miroir » ?

  • Turin, mai 1898. Lucia, fille unique du baron Tomaso Pastore d'Urbino, se donne pour la première fois à Enrico Spitiero, un jeune avocat et député socialiste. Le baron, chef du parti monarchiste est un catholique fervent, alors que l'amant de Lucia, Enrico, est un athée notoire. Tandis que dans la rue des manifestants crient "À bas la monarchie", Secondo Pia photographie le "suaire" dans la cathédrale San Giovanni Baptista. Pour le baron d'Urbino, c'est le visage du Christ qui se révèle. Aussitôt, à la chambre des députés, Enrico dénonce un tour de passe-passe des monarchistes pour "asseoir le trône de la maison de Savoie". Les esprits s'échauffent, Tomaso et Enrico en sont presque à venir aux mains. Dans le public, Lucia assiste, impuissante, à la querelle qui oppose son père et son amant...

  • Des falaises de Normandie aux plages des Landes, de Dunkerque à Biarritz, des milliers de blockhaus sont aujourd'hui les dernières ruines de la Seconde Guerre mondiale. Ils font tellement partie de notre paysage qu'ils sont devenus presque invisibles. Ce sont pourtant les vestiges de la plus importante opération de collaboration économique de l'Occupation.

    Cette sombre histoire est restée incroyablement méconnue depuis des décennies. Pour la première fois, ce livre rassemble les pièces du dossier et démonte le système.

    Nouvelle édition revue et corrigée.

  • En regardant les images filmées il y a quatre-vingts ans lors des Jeux olympiques de 1936, on en oublierait qu'elles ont été tournées en plein coeur de l'Allemagne nazie.
    Le triomphe de Jesse Owens qui remporte à Berlin quatre médailles d'or (au 100 mètres, au 200 mètres, au 4x100 mètres et au saut en longueur) semble consacrer encore aujourd'hui la victoire du sport et de l'idéal olympique, comme si le jeune athlète noir américain avait été notre champion, et qu'il était parvenu, sportivement, à vaincre le monstre nazi.
    L'exploit superbe de Jesse Owens est incontestable, mais cette belle histoire à laquelle nous aimerions croire, n'est qu'un arrangement avec la réalité, une fiction dans laquelle le sport a été un alibi.
    /> En héritant des XIe Olympiades attribuées à la ville de Berlin avant son arrivée au pouvoir, Hitler avait bien compris que cet événement mondial devrait être un instrument décisif dans la prise de contrôle de la société allemande par le parti National-socialiste en même temps que les Jeux offriraient une vitrine grandiose pour la reconnaissance internationale de l'Allemagne nazie.
    Le livre de Jérôme Prieur raconte en détail cette gigantesque opération de propagande commencée dès 1933, ainsi découvre-t-on la préparation, l'orchestration et la mise en scène d'un spectacle qui fut bien moins sportif que politique, et les Jeux de 1936, un jeu avec les apparences.

  • Depuis l'enfance, j'ai voulu écrire mes souvenirs de la guerre de 14.
    J'ai mis des années avant de m'aventurer sur les traces de cette vieille guerre qui s'était déposée en moi, alors qu'aucune raison biographique, apparemment, ne justifiait cette obsession.
    Cette guerre appartient à notre histoire intime, à nos familles, à nos secrets de famille. Partout les monuments viennent nous le rappeler, avec leur litanie de noms. Survivants et rescapés, combattants oubliés ou disparus, les soldats de 14-18 sont restés des soldats inconnus. Avec leur moustache, leur képi, leur casque, n'ont-ils pas tous l'air de se ressembler ?
    Alors j'ai laissé les revenants m'approcher. J'ai fouillé leurs visages, leurs photos, et même un petit film amateur tourné au front, qui m'est parvenu comme une bouteille à la mer. Je suis parti rechercher les êtres vivants, fossilisés à l'intérieur de ces images, et pourquoi cette guerre s'était fichée au fond de mes yeux.

    J. P.

  • Babylone 1900

    Jérôme Prieur

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  • Ingres en miroir

    Jérôme Prieur

    À l'invitation du Musée Ingres de Montauban, Jérôme Prieur, écrivain, essayiste et cinéaste, s'est livré à un choix parmi les milliers de dessins que l'artiste a légué à sa ville natale. Autour du thème du portrait, Ingres en miroir est le résultat de ce choix : un exercice d'admiration pour les superbes portraits dessinés par Ingres ; plus encore, le témoignage informé, sensible et finalement très personnel de la complicité éprouvée pour un artiste au travail.
    Jérôme Prieur à propos de Ingres en miroir : " Les portraits d'Ingres nous fascinent, ils nous aspirent. J'ai eu envie de pousser le rideau, de voir le peintre au travail. Ses milliers de dessins qui sont aujourd'hui au Musée Ingres de Montauban permettent d'apercevoir comment il travaillait, ce qu'il cherchait, de quoi étaient faits ses rêves, les corps, les visages, les modèles, les odalisques et les femmes du monde autour desquels tourne sa peinture. Au début et à la fin de son oeuvre, en 1808 et en 1864, il peint presque la même toile, Oedipe et le Sphinx. Ingres se représente, toujours jeune, sous les traits du héros antique. Il décalque sa toile, il l'inverse. Comme dans un miroir. Un des miroirs que la peinture d'Ingres n'a cessé de vouloir traverser. "

  • L'au-delà a été confisqué par les religions. Nous y croyons sans y croire. Nous savons, sans oser nous l'avouer, que les morts n'ont pas vraiment disparu.

    À Pompéi, à Pétra, à Deir el-Médineh, comme en des lieux bien plus intimes, les ruines sont toujours des maisons hantées. Les formes, les anatomies, les visages conservés dans la cire, le sable, le celluloïd ou la nuit ne sont pas des objets inertes mais nos empreintes, l'image de nos doubles. Les vestiges les plus troublants sont à l'intérieur de nos yeux.

    Le passé n'est jamais perdu. Il n'est même pas passé. Pourquoi les êtres oubliés ne reviendraient-ils pas puisque nous les attendons ? N'existe-t-il pas sur terre, quelque part entre les cercles de l'au-delà, des cachettes où les vivants d'hier, les proches que nous continuons de chérir comme les êtres lointains que nous n'avons pas connus, seraient encore là ? Présents pour nous fixer rendez-vous, rendez-vous dans une autre vie...

  • Au commencement, il y a les spectres, les possédés, les démons. Satan, le décor de ruines ou de châteaux lointains. Les couvents abritent des bas-fonds, la Bible est un livre d'épouvante. Le diable est-il l'autre nom de Dieu ? Mais que sont ces romans noirs ? Romans gothiques, romans frénétiques, romantisme noir, sous des noms divers, le « roman noir » s'épanouit en Angleterre d'abord, puis en France, en Allemagne, en Irlande, en Ecosse. Son âge d'or se situe au tournant du XVIIIème et du XIXème siècle. C'est l'époque des révolutions, politiques, religieuses, sociales, qui secouent la pointe avancée de l'Europe. Le vieux monde craque, le siècle des Lumières s'assombrit. Il s'agit d'une littérature populaire - exactement comme un siècle plus tard le cinéma se voudra le divertissement de l'homme des foules. Les romans noirs sont des romans d'initiation. Ils sont une initiation, un voyage, une aventure, une expédition. Les romans noirs sont des lumières dans la nuit. Un coup d'oeil sur ce nouveau livre de J. Prieur montre combien cet essai, un récit des fictions noires de l'Occident, trouve naturellement sa place dans «La Librairie du XXIème siècle».

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  • Tuer quelqu'un, c'est moins simple qu'on ne croit. Surtout quand cela ne vous est jamais arrivé. Et puis tuer une femme, je ne me serais pas douté que c'était plus difficile à faire qu'à imaginer. Avant de me débarrasser d'elle, il fallait déjà que je la retrouve. Elle avait disparu, elle s'appelait Madeleine. J'avais trois jours devant moi, trois jours et trois nuits pour remonter le temps. Je marcherais sur ses pas, je guetterais son ombre.
    Je n'aurais qu'à suivre les traces qu'elle avait dû semer. Ne passons-nous pas chacun nos vies à en faire autant ? J'étais prêt à voir ce que ses yeux avaient vu, à sentir son souffle, à toucher son empreinte. Je fouillerais sa vie, je remuerais ses souvenirs, j'aimerais ses amies. Elles me mèneraient jusqu'à elle, j'en étais sûr. J'étais prêt à courir le risque que mon passé m'explose au visage.

  • Champagne, février 1357. Henri, évêque de Troyes, chevauche vers le lazaret de Lirey, pour tenter de convaincre sa cousine Lucie, dont il est amoureux, de renoncer à ses voeux religieux. Dans la chapelle où ils sont réunis, les moines font cet amer constat : les caisses sont vides, et les travaux de l'abbatiale, qui doit accueillir un morceau de la Vraie Croix, seront bientôt arrêtés, faute de moyens... "Nous avons fait le serment de bâtir une abbatiale qui accueillera la relique, et nous serons fidèles à notre parole, quoi qu'il en coûte", s'exclame Thomas, le prieur de la communauté. Les ressorts de la tragédie, tant amoureuse que religieuse, sont désormais en mouvement...

  • Pour préparer un film de fiction (En compagnie d'Antonin Artaud), adapté du journal de Jacques Prevel, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur ont rendu visite aux amis d'Antonin Artaud (1896-1948), ont retrouvé un à un ceux qui, jusqu'alors, s'étaient abstenus de parler de lui. De ces visites, et de façon tout-à-fait inattendue, est né un film documentaire : La véritable histoire d'Artaud le Mômo (1993). Ce document fait revivre Antonin Artaud dans les paroles de Paule Thévenin, Marthe Robert, Henri Thomas, Henri Pichette, Rolande Prevel, Alain Gheerbrant, André Berne-Joffroy, Alfred Kern, Jany de Ruy, etc. D'abord dif- fusé sur Arte (1994), il est ici proposé dans une version restaurée.

    Le livre offre une transcription des propos qui composent ainsi le portrait du poète, réputé fou et dépendant de la drogue, dans sa complexité et son génie. Un texte de chacun des deux auteurs complète, à distance et dans l'admiration, cette mosaïque. Il s'y ajoute enfin un ensemble de photographies de ces figures, réalisées en cours de tournage par Mordillat et le chef-opérateur François Catonné - ainsi qu'une série de portraits d'Artaud saisis à la toute fin de sa vie par Georges Pastier.

  • Un récit de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur. Dessins d'Éric Liberge.

  • Turin, mai 1898. Lucia, fille unique du baron Tomaso Pastore d'Urbino, se donne pour la première fois à Enrico Spitiero, un jeune avocat et député socialiste. Le baron, chef du parti monarchiste est un catholique fervent, alors que l'amant de Lucia, Enrico, est un athée notoire. Tandis que dans la rue des manifestants crient À bas la monarchie, Secondo Pia photographie le suaire dans la cathédrale San Giovanni Baptista. Pour le baron d'Urbino, c'est le visage du Christ qui se révèle. Aussitôt, à la chambre des députés, Enrico dénonce un tour de passe-passe des monarchistes pour asseoir le trône de la maison de Savoie. Les esprits s'échauffent, Tomaso et Enrico en sont presque à venir aux mains. Dans le public, Lucia assiste, impuissante, à la querelle qui oppose son père et son amant...

  • Peu de gens le savent : Jésus occupe dans le Coran une place éminente. C'est de cette surprise que Prieur et Mordillat sont partis. Bien que le Livre sacré de l'islam soit un texte difficile à appréhender pour les non-musulmans, il existe des points de contacts qui leur en permettent la lecture : une lecture critique à la fois littéraire et historique, une lecture non religieuse comme celle entreprise précédemment avec le Nouveau Testament.
    La sourate IV qui raconte de manière très particulière la crucifixion de Jésus est le point de départ. A partir de ces quelques versets, les auteurs ont cherché à reconstituer ce qu'ils pouvaient savoir de la prédication de Mahomet et pourquoi elle s'est développée dans une région de réputation païenne, tout en étant très marquée par les références bibliques et l'influence des églises syriaques. Une religion ne naît jamais de rien.
    L'islam s'est voulu l'ultime révélation après la révélation juive et la révélation chrétienne. Elle en est à la fois l'héritière et l'adversaire. C'est au carrefour des trois formes du monothéisme, dans l'héritage du judaïsme de Moïse et du judéo-christianisme de Jésus, que les auteurs ont voulu comprendre les origines de l'islam. Pourquoi et comment le juif de Galilée mué en Christ fondateur du christianisme est devenu, dans la péninsule arabique au VIIe siècle de notre ère, "le messie Jésus, fils de Marie, envoyé d'Allah'", l'ultime prophète avant le Prophète...

  • Gérard Mordillat et Jérôme Prieur se proposent de raconter comment et pourquoi, entre la fin du Ier siècle de notre ère et le début du ve, s'est produit un événement considérable pour l'Occident, la naissance d'une religion : le christianisme. Quels ont été les étapes et les tournants décisifs de cette histoire ? Comment le messianisme d'un courant marginal du judaïsme, entièrement tourné vers l'attente de la fin des temps, a-t-il abouti à une nouvelle religion, et même à la religion officielle de l'Empire romain, malgré l'obstacle du paganisme, les conflits internes au mouvement chrétien, les mesures de persécution ?

    « Jésus annonçait le Royaume et c'est l'Église qui est venue », a dit Alfred Loisy. La conversion de l'État au christianisme était-elle vraiment inéluctable ?

  • entre l'an 30 et l'an 150, c'est-à-dire en un peu plus d'un
    siècle, le christianisme se détache du judaïsme dont il est
    issu, au point que les chrétiens se revendiqueront comme le
    " véritable israël ".
    comment en est-on arrivé là ? car jésus est né juif, il a vécu en juif, il est mort juif. il n'a donc pas " fondé " le christianisme, et c'est un abus de langage de le désigner comme " fondateur " de religion. un groupe de disciples s'est réclamé de lui après sa mort en annonçant sa résurrection, mais comment ce groupe a-t-il fini par devenir " chrétien " ? quel rôle jouèrent ses grandes figures : marie, mère de jésus, pierre, chef des disciples, jacques, frère du seigneur, et surtout paul, qui se dit " apôtre " alors qu'il n'a jamais rencontré jésus ? quelles rivalités et quels conflits se sont mis en place dès les origines ? un livre percutant, sans concessions, sur un tournant de l'histoire du monde.

  • Avec Jésus contre Jésus, les auteurs de la célèbre série Corpus Christi mènent leurs propres investigations à travers les récits de la Passion et de la Résurrection. Ils éclairent d'un jour nouveau les contradictions innombrables entre les Évangiles et l'histoire, découvrent des indices surprenants, explorent les hypothèses les plus audacieuses pour reconstituer les secrets de fabrication du Nouveau Testament. Leurs témoins sont Lazare, Judas, Barabbas, Simon de Cyrène, Joseph d'Arimathie, Marie-Madeleine, toutes les figures 'obscures de cette histoire, et la plus obscure d'entre elles, celle de Jésus lui-même, crucifié comme " roi des juifs "... Un personnage insaisissable sous les identités multiples que les évangélistes lui ont attribuées. Comment Yeshua, le prophète galiléen, est-il devenu Jésus-Christ ?

  • Un certain Marcel Proust, dix]neuf ans en juillet 1890, fait paraitre son premier texte imprime dans le troisieme numero de la revue Le Mensuel. De novembre 1890 a septembre 1891, sous son nom, ses ini..ales et quelques pseudonymes, il donne au Mensuel dix textes : recits, chroniques sur la mode ou les beaux]arts, comptes rendus de la vie mondaine et culturelle. Il y evoque aussi des á choses normandes â et le souvenir d'une certaine Ode..e, jadis aimee, et qu'il visite des annees plus tard dans la nostalgie du temps perdu. Jerome Prieur s'est penche sur l'histoire et le contexte de ces premiers pas li..eraires jusqu'ici demeures inedits. Il nous invite a decouvrir le jeune Marcel dans le monde ephemere et brillant dont lfoeuvre, ici en germe, s'est nourrie.

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