Frédéric Rouvillois

  • Lecteur, lectrice, vous êtes imbattable sur le chapitre de la politesse. Vous ne mettez pas vos coudes sur la table ni vos doigts dans le nez ; vous dites aimablement merci et s'il vous plaît. Mais savez-vous seulement que les révolutionnaires tentèrent d'interdire aux Français le vouvoiement et les voeux de Nouvel An ? Que l'on pouvait encore, sous la monarchie de Juillet, manger la salade avec les doigts, mais que l'on encourait l'excommunication mondaine, ce faisant, sous le Second Empire ? Que le baisemain, cet hommage galant que l'on croit immémorial, est apparu en France au tout début du XXe siècle seulement ? Ou encore qu'il était fort impoli, jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, de louer une maîtresse de maison pour la qualité des mets qu'elle proposait à ses convives ?

    Laissez-vous entraîner dans les arcanes du Bottin mondain et dans les salles à manger bourgeoises, aux courses et à l'opéra, dans les ambassades et les maisons closes, en compagnie de vos mentors : la baronne Staffe et autres auteurs de manuels de savoir-vivre lus par des millions de Français depuis deux siècles, mais aussi Honoré de Balzac, Alexandre Dumas, Marcel Proust, Robert de Montesquiou, Sacha Guitry, Hermine de Clermont-Tonnerre et Nadine de Rothschild...

    1 autre édition :

  • Quasi inconnu des Français deux ans avant d'être élu à la présidence de la République, Emmanuel Macron ne vient pourtant pas de nulle part. Il se rattache clairement à un courant progressiste remontant au xixe siècle, le saint-simonisme, qui, à l'époque, promouvait la résorption du politique dans l'économie, l'attribution du pouvoir aux experts et aux scientifiques, le dépassement des cadres traditionnels et la fusion des identités par l'abolition des frontières, l'intégration européenne et la globalisation financière.
    Ce lien étroit avec le saint-simonisme éclaire les choix politiques de l'actuel Président de la République. Plongeant dans le passé pour mieux décrire notre avenir, Frédéric Rouvillois dévoile ainsi le sens caché du macronisme : sa volonté de liquider les réalités anciennes afin de leur substituer, sur tous les plans, un « nouveau monde » fluide, ouvert, sans identités ni barrières, afin que rien ne vienne gêner le mouvement perpétuel des individus et des biens qu'exige la mondialisation.
    Voici, amplifié par la gestion erratique de la pandémie qui a frappé la planète et dérouté la France, un dernier inventaire avant liquidation.

  • Le droit, qui offre à la réflexion une masse virtuellement infinie de faits - normes juridiques par millions, soumises à un renouvellement permanent, sans cesse appliquées, interprétées, violées, sanctionnées -, est aussi foisonnant que la vie sociale, qu'il encadre et qu'il reflète. Quels sont les fondements du droit ? Ne suppose-t-il pas la violence autant qu'il s'y oppose ? Quels rapports entretient-il avec la contrainte, la raison, l'éthique ? Quels sont les problèmes posés par sa mise en application ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans cette anthologie, qui explore une notion d'autant plus riche et mouvante qu'elle implique un lien étroit entre l'absolu et le relatif, la théorie et la pratique.

  • L'utopie

    Frédéric Rouvillois

    Les anthologies de la collection Corpus se composent d'une introduction, d'un choix de textes présentés, d'un répertoire des principales notions liées au thème et d'une bibliographie. Cette anthologie comporte notamment des textes de : Babeuf, Bacon, Bellamy, Cabet, Campanella, Condorcet, Engels, Fénelon, Fontenelle, Fourier, Guevara, Harrington, Hugo, Montesquieu, More, Orwell, Platon, Robespierre, Saint-Just, Abbé de Saint-Pierre, Saint-Simon, Wells, Zamiatine, Zola.

  • Ce manuel en deux volumes (1. Fondements et pratiques ; 2. La Ve République) est destiné aux étudiants en première année de licence de droit et aux élèves des Instituts d'études politiques, ainsi qu'aux candidats aux concours de la fonction publique.

    La Ve République est née de la volonté de restaurer un État fort et de rendre au pouvoir exécutif un rôle prépondérant. Mais les cohabitations successives et les révisions constitutionnelles favorables au renouveau du Parlement ont malmené ce schéma initial. C'est dans cette perspective, celle d'une fragilisation encore accrue par la révision du 23 juillet 2008, qu'il faut envisager la Ve République.
    Après avoir évoqué la genèse de la Constitution du 4 octobre 1958, cet ouvrage présente les institutions qu'elle met en place - le peuple, le président de la République, puis le couple gouvernement/Parlement - (première partie), avant de s'attacher à sa dimension « normative » (seconde partie), c'est-à-dire aux règles qu'elle contient ou qu'elle organise sous l'égide du Conseil constitutionnel, nouveau « gardien de la Constitution ».

  • Ce manuel est destiné aux étudiants en droit et AES (licence 3e année) ainsi qu'aux candidats aux concours administratifs.
    La France, patrie des droits de l'homme ? Rien n'est moins sûr. Elle serait plutôt le pays du mythe des droits de l'homme qui, pour les avoir sacralisés, s'est longtemps privé des moyens de les appliquer. Or ce n'est qu'en reconnaissant que « les droits » sont d'abord « du droit » que l'on en fait autre chose qu'un vain mot. En France, on n'en prend pleinement conscience qu'au début des années 1970. À partir de là seulement, on voit se construire, en même temps qu'un authentique « État de droit », un véritable « droit des libertés fondamentales ».
    La liberté ne se décrète pas ; elle résulte d'un effort d'organisation juridique et institutionnelle. C'est bien pourquoi l'objet de ce livre n'est pas « la Liberté » mais « les libertés » : les libertés publiques, auxquelles des sources juridiques nationales et internationales confèrent valeur de norme (première partie). Des libertés que l'État se donne les moyens de garantir et de faire respecter (deuxième partie). Des libertés indissociables d'une interrogation dynamique sur leur contour et leurs bénéficiaires ainsi que sur leurs limites (troisième partie).

  • Quel est le véritable esprit de la Ve République ?
    En revenant au texte constitutionnel de 1958, Frédéric Rouvillois livre une analyse puissante et inégalée des lignes de force et des ambiguïtés de notre régime politique « semi-présidentiel ». Spécialiste du droit constitutionnel, l'auteur nous permet de comprendre pourquoi et comment la Ve République a pu évoluer dans une direction et non pas dans une autre. Et comment elle peut encore évoluer : un système se transforme en fonction de son point de départ. À l'heure où résonnent encore les idées et expressions (« la faillite du système », par exemple) qui ont commandé sa genèse, il reste plus utile que jamais de revenir aux origines de notre système politique. Un ouvrage didactique, précis et indispensable.

    1 autre édition :

  • Le comte de Saint-Fiacre, âgé de 80 ans, subit la pression de la plupart de ses enfants pour se défaire de son patrimoine. Leur but ? Vendre le château et le domaine et installer leur père en maison de retraite. Mais Henri, le petit-fils, va s´opposer à ce complot et prendre la tête des fidèles. Une querelle entre anciens et modernes qui fait résonner les précédentes ""trahisons"" et ""fidélités"" de l´histoire familiale secouée par la Grande Histoire.

  • La France, dit-on, est la "patrie des droits de l'homme". Et la déclaration de 1789 le texte fondateur de la pensée politique moderne. Mais qu'est-ce que cet acte révolutionnaire a réellement changé au cours de l'histoire et des pratiques politiques? La liberté, l'égalité, le bonheur peuvent-ils être promulgués? Et n'a-t-on pas parfois intérêt à clamer haut et fort les droits de l'homme pour mieux bafouer les droits de la personne? C'est afin de répondre à ces questions que Frédéric Rouvillois nous donne à lire les textes réunis dans cette anthologie. Du Bill of Rights à la Charte de l'environnement en passant par la constitution de la République de Haïti, ou encore la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'on assiste ainsi à la préhistoire des droits de l'homme, à leur affirmation dans la France révolutionnaire puis à leur développement tous azimuts, tendant à l'universalisation. Oscillant sans cesse entre idéalisme et pragmatisme, l'histoire des droits de l'homme connaît aujourd'hui de nouveaux avatars (déclarations des droits de la femme, de l'enfant, des personnes handicapées, etc.), dont la surenchère n'est peut-être pas sans menacer leur principe fondamental

  • Février 1914 : une grande enquête est lancée pour déterminer le sujet le plus " parisien " du moment.
    Alsace-Lorraine, tensions avec l'Allemagne, poudrière des Balkans ? Erreur : c'est Bergson ! Chers snobs, que le Collège de France préoccupe davantage que la guerre qui menace. Bergsoniens à la Belle Epoque, ils ont été amateurs de loirs au miel dans l'Antiquité, bourgeois gentilhommes ou précieuses ridicules au Grand Siècle, Incroyables ou Merveilleuses sous le Directoire, fashionables sous la Restauration...
    Mais il leur a fallu attendre le milieu du XIXe siècle pour connaître la consécration, grâce au romancier anglais Thackeray, auteur du Livre des snobs, acte de baptême du snobisme. Après la Grande Guerre, la séduction du grand monde finit par se tarir. Fleurit alors un snobisme nouveau, aujourd'hui plus vivace que jamais : il tarit être dans le vent, ou mourir ! Goûter l'art cubiste puis abstrait, quand la foule est aux impressionnistes ; s'affoler de la cuisine dite nouvelle pour, quand elle vieillit, célébrer les élucubrations chimiques de chefs inspirés...
    Ridicules, les snobs ? Avant de leur jeter la pierre, faites votre examen de conscience...

    1 autre édition :

  • Ce manuel en deux volumes (1. Fondements et pratiques ; 2. La Ve République) est destiné aux étudiants en première année de licence de droit et aux élèves des Instituts d'études politiques, ainsi qu'aux candidats aux concours de la fonction publique.
    Le droit constitutionnel régit l'organisation et le fonctionnement de l'État, c'est-à-dire du pouvoir institutionnalisé, compétent pour édicter et sanctionner l'ensemble des règles juridiques. Ce droit occupe donc une position suprême, qui explique son importance, mais aussi nombre de ses caractéristiques : sa perméabilité aux évolutions politiques et sociales, sa dimension nécessairement idéologique et sa paradoxale fragilité. Le droit de la Constitution est forcément un droit différent : c'est en partant de ce constat qu'on doit en étudier les principes et les concepts fondamentaux, ainsi que la manière dont ils s'inscrivent dans une pratique. Cet ouvrage analyse les fonctions et les structures de l'État (première partie), avant de s'intéresser au pouvoir (deuxième partie) et à un mode particulier d'exercice de ce pouvoir - la démocratie - puis aux pratiques françaises du parlementarisme, de 1875 à 1958 (troisième partie).

  • En 1900, il semblait inenvisageable que l'État devienne propriétaire d'entreprises, qu'il se transforme en industriel, en marchand ou en banquier. N'était-ce pas risquer d'aboutir un jour au collectivisme ? Un siècle plus tard, c'est l'amorce d'une privatisation de l'État, oxymore que certains jugent scandaleux et inadmissible, qui est à l'ordre du jour – y compris lorsqu'un ministre brandit contre un groupe industriel la menace d'une nationalisation. Selon une approche héritée de la Révolution, l'État ne saurait être que res publica, la chose de tous, échappant radicalement à toute privatisation. Pourtant, certaines structures étatiques ont, ou ont pu avoir, des rapports beaucoup plus complexes et plus nuancés avec la sphère privée : et en particulier l'État français sous l'Ancien régime, moderne, structuré et décentralisé, qui n'hésite pas à déléguer à l'initiative privée une large part de ses missions régaliennes. La figure de l'État exclusif et monopolisateur n'est donc pas une fatalité, et il est d'autres façons de le concevoir. Cette privatisation de l'État constitue du reste une tendance lourde dans la plupart des pays développés, où cette évolution se réalise selon deux modalités : la première (" l'État vers le privé ") correspondant à un transfert graduel de compétences, la seconde, plus novatrice (" l'État comme privé "), tendant à assimiler l'État à une personne privée, sans qu'il soit tenu compte de la singularité irréductible qui résulte de son objet et de sa nature. Pour le juriste, pour l'économiste et le financier, pour le politique, et plus largement, pour le citoyen, l'État et son devenir sont plus que jamais au centre du débat.

  • Au XXIe siècle, les micro-États semblent relever à la fois de l'énigme et du paradoxe.
    De l'énigme, dès lors que leur identification reste incertaine et que leur caractère étatique lui-même peut parfois paraître discutable. Mais aussi du paradoxe : apparemment archaïques et souvent anciennes, du moins pour celles qui se situent en Europe, ces entités se portent mieux que jamais, au point qu'elles semblent constituer, comme l'écrivait naguère le ministre d'État de la Principauté de Monaco, de véritables « laboratoires » des nouvelles pratiques économiques, sociales et politiques.
    Et peut-être même, à l'ère de la mondialisation, des modèles inédits pour les États « ordinaires »...

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  • En 1900, il semblait inenvisageable que l'État devienne propriétaire d'entreprises, qu'il se transforme en industriel, en marchand ou en banquier. N'était-ce pas risquer d'aboutir un jour au collectivisme ? Un siècle plus tard, c'est l'amorce d'une privatisation de l'État, oxymore que certains jugent scandaleux et inadmissible, qui est à l'ordre du jour ? y compris lorsqu'un ministre brandit contre un groupe industriel la menace d'une nationalisation.
    Selon une approche héritée de la Révolution, l'État ne saurait être que res publica, la chose de tous, échappant radicalement à toute privatisation.
    Pourtant, certaines structures étatiques ont, ou ont pu avoir, des rapports beaucoup plus complexes et plus nuancés avec la sphère privée : et en particulier l'État français sous l'Ancien régime, moderne, structuré et décentralisé, qui n'hésite pas à déléguer à l'initiative privée une large part de ses missions régaliennes. La figure de l'État exclusif et monopolisateur n'est donc pas une fatalité, et il est d'autres façons de le concevoir.
    Cette privatisation de l'État constitue du reste une tendance lourde dans la plupart des pays développés, où cette évolution se réalise selon deux modalités : la première (« l'État vers le privé ») correspondant à un transfert graduel de compétences, la seconde, plus novatrice (« l'État comme privé »), tendant à assimiler l'État à une personne privée, sans qu'il soit tenu compte de la singularité irréductible qui résulte de son objet et de sa nature.
    Pour le juriste, pour l'économiste et le financier, pour le politique, et plus largement, pour le citoyen, l'État et son devenir sont plus que jamais au centre du débat.

  • Tout le monde il est beau, tout le monde il est républicain - sans que personne se demande sérieusement ce que cela veut dire. Et la chose n'est pas nouvelle, si l'on en croit le petit dialogue imaginé par Proudhon en 1840 :
    - Vous êtes républicain ?
    - Républicain, oui ; mais ce mot ne précise rien. Respublica, c'est la chose publique. Or quiconque veut la chose publique, sous quelque forme que ce soit, peut se dire républicain. Les rois aussi sont républicains.
    Près de deux siècles plus tard, le mot « républicain » n'a jamais été aussi envahissant. Pourtant, soit il s'agit, comme au temps de Proudhon, d'un terme creux que n'importe qui peut s'attribuer ; soit d'un label construit sur la base du mythe républicain né durant l'affaire Dreyfus, mais qui s'avère si étroit que ni la Ve République, ni l'État de droit, ni même le pluralisme ne peuvent plus être considérés comme républicains ! En somme, ce mot est un piège sans issue, qui contribue immanquablement à geler ou à vider le débat politique.

  • Présentée à Rome le 18 juin 2015, la nouvelle encyclique du pape François, Laudato Si', sous-titrée « Sur la sauvegarde de la maison commune », met en avant un concept d'une grande portée, celui d'écologie intégrale.
    Intégrale, dans la mesure où, par-delà l'environnement, « tout est lié dans le monde ». Tout se tient. C'est pourquoi l'Eglise ne peut plus désormais ignorer le caractère central de la question écologique - laquelle irrigue, domine, sinon détermine toutes les autres, et s'invite très directement dans la crise démographique, économique, morale et politique de notre temps : où l'on peut songer par exemple, en lien direct avec elle, à la remise en cause des identités, au phénomène des migrants, à la perte des repères, ou encore, à l'anéantissement de cultures locales broyées sans états d'âme par les mécanismes impitoyables de la nouvelle civilisation consumériste. Voilà pourquoi le pape François a décidé de s'interroger sur les éléments constitutifs de ce désastre annoncé, et sur les réponses susceptibles d'y être apportées.
    Or, sur ce point, Frédéric Rouvillois montre qu'à rebours de l'image habituelle véhiculée par les médias, l'orientation du pape François, si elle se caractérise bien par l'humanité, la tendresse, la poésie et l'attention aux fragilités que chacun lui reconnaît, n'en est pas moins résolument anti moderne. Pour le pape François, en effet, les causes du mal ne sont autres que les principes constitutifs de la modernité, de l'individualisme égoïste et de l'anthropocentrisme dominateur, l'idée d'un progrès nécessaire et la négation du passé.
    Et à l'anti modernisme du diagnostic correspond celui des réponses. Sur ce plan, François appelle à rien de moins qu'à une véritable révolution culturelle, une révolution profonde, beaucoup plus radicale que les modestes propositions de la Cop 21, et qui permettrait à l'homme de se réapproprier son destin. Une révolution qui, sur un plan institutionnel, oblige à s'interroger sur la question de la longue durée inhérente à toute démarche écologique - et donc, sur la capacité des démocraties représentatives contemporaines à répondre à ce problème qui engage la survie de la nature et l'essence même de l'homme.

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  • Droit constitutionnel t1 Nouv.

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  • On finit par ne plus distinguer ce que l'on a trop vu ; pareillement, on conçoit mal que ce que l'on connaît depuis toujours ait pu ne pas être : qu'à un certain moment, il se soit trouvé des hommes pour l'inventer, le répandre, le défendre ou le combattre.
    Cette double illusion d'optique peut être assez courante. Mais elle se manifeste avec une vigueur particulière dans l'idée de Progrès - à la fois thème fondateur et lieu commun, banalité insignifiante et matrice intellectuelle de tous les totalitarismes contemporains.
    Nul doute que cette idée de Progrès constitue l'une des clefs décisives de la modernité. Mais une clef cachée, au même titre et de la même manière que la Lettre volée d'Edgar Poe, rendue invisible par sa présence même.
    C'est à la retrouver qu'est consacré cet essai : à la tirer hors des champs magiques du mythe et de l'évidence, et pour cela, à en décrire l'invention, à l'aube des Lumières (1680-1730).
    L'invention, ou comment l'impact des révolutions scientifiques et techniques du premier XVIIe siècle, la nouvelle philosophie, le déisme naissant et " l'esprit bourgeois " se combinèrent pour susciter ce qui ne fut d'abord qu'un sentiment - celui de la supériorité générale des modernes sur les anciens -, mais qui très vite allait devenir une véritable philosophie de l'histoire.
    Vers 1715, le pas est franchi : dans l'oeuvre délirante et sérieuse de l'étrange abbé de Saint-Pierre se dessine à grands traits un " système du Progrès " auquel ses successeurs n'ajouteront rien de fondamental.
    Un " système " qui, conformément à son inspiration mécaniste et cartésienne, prétend à une cohérence totale. Loin des modes flous de l'intuition, ses défenseurs définissent désormais le progrès à partir du modèle de la Machine : comme un mouvement global de perfectionnement que caractérisent sa forme linéaire, sa nécessité radicale et sa permanence.
    Ce faisant, ils peuvent aussi le transposer à l'ensemble du réel.
    Au même rythme que la raison, la morale, le bonheur ou l'Etat sont appelés à progresser. Rien n'y échappe, tout doit forcément s'améliorer avec le temps, dans une direction unique mais vers des horizons illimités. Et l'histoire, enfin dotée d'un sens, devient ainsi le lieu où pourra s'accomplir la promesse de Descartes : où l'homme, parfaitement libre et tout-puissant, sera bientôt " comme maître et possesseur de la nature ".

  • Amoureux de la lecture et curieux d'histoire littéraire qui vous êtes un jour arrêtés devant le succès d'une oeuvre, pour vous en réjouir, le déplorer ou simplement vous en étonner, ce livre est pour vous.
    Si le terme "best-seller" est apparu à la fin du XIXe siècle, le phénomène, lui, est bien plus ancien. Au XVIe siècle, on réimprimait à tour de bras les Commentaires de la guerre des Gaules de César ; au XVIIe siècle, Don Quichotte fit fureur; au XVIIIe, on s'arrachait les exemplaires de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert... Triomphes inespérés, échecs inattendus : l'histoire du succès en littérature regorge de surprises.
    Comment la Vie de Jésus de Renan, ouvrage ardu, parsemé de citations grecques, araméennes, hébraïques et chaldéennes, a-t-il pu atteindre des ventes faramineuses ? Qui se souvient aujourd'hui que le premier tirage du Rouge et le Noir fut de 750 exemplaires ? Pourquoi Les Bienveillantes, de Jonathan Littell, ne sont-elle pas parvenues à conquérir le public américain alors qu'elles avaient provoqué un raz-de-marée dans les librairies françaises ? Qui dit best-seller dit aussi plans de communication, stratégies marketing et recettes miracles.
    De Dumas à Danielle Steel en passant par Harry Potter et Pierre Dukan, ce livre répond dans le fond à l'éternelle question : naît-on best-seller, ou le devient-on ?

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  • Le droit constitutionnel régit l'organisation et le fonctionnement de l'État, c'est-à-dire du pouvoir institutionnalisé, compétent pour édicter et sanctionner l'ensemble des règles juridiques. Ce droit occupe donc une position suprême, qui explique son importance, mais aussi nombre de ses caractéristiques : sa perméabilité aux évolutions politiques et sociales, sa dimension nécessairement idéologique et sa paradoxale fragilité. Le droit de la Constitution est forcément un droit différent : c'est en partant de ce constat qu'on doit en étudier les principes et les concepts fondamentaux, ainsi que la manière dont ils s'inscrivent dans une pratique.
    Cet ouvrage analyse les fonctions et les structures de l'État (première partie), avant de s'intéresser au pouvoir (deuxième partie) et de s'attacher à un mode particulier d'exercice de ce pouvoir - la démocratie - et aux pratiques françaises du parlementarisme, de 1875 à 1958 (troisième partie).
    Ce manuel en deux volumes (1.
    Fondements et pratiques ; 2. La Ve République) est destiné aux étudiants en première année de licence en droit et aux élèves des Instituts d'études politiques, ainsi qu'aux candidats aux concours de la fonction publique.

  • La thèse est audacieuse : le nazisme était un projet utopique au sens fort du terme. Elle est audacieuse parce nous avons tendance à exonérer l'utopie pour n'en conserver que la dimension émancipatrice, en minorant les dérives, les erreurs, les meurtres qu'elle a aussi produits.
    À présent, mettons face à face la rhétorique nazie et les caractéristiques fondamentales de l'utopie : refaire l'homme par l'éducation, le travail et le sport ; bâtir une cité réconciliée, unie et heureuse, tenter de la rendre éternelle... Point par point, Frédéric Rouvillois démontre un emboîtement presque parfait - et mortifère. La volonté nazie de refaçonner le monde avait beau être délirante, elle était strictement réglée et se voulait rationnelle. L'idéologie national-socialiste était paranoïaque, théoriquement indigente, c'est vrai, mais elle aussi promettait l'épanouissement d'un peuple élu. Sinon, comment expliquer l'engouement des Allemands pour un projet aussi monstrueux ?
    Envisager le nazisme sous l'angle de l'utopie permet deux choses. De souligner le parallèle avec l'autre totalitarisme du XXe siècle, le communisme : il n'y a pas d'utopie innocente. De comprendre le « judéocide », massacre conçu et organisé comme la condition et l'une des finalités de cette utopie criminelle. Le premier rapprochement est admis par beaucoup. Le second est plus inédit, mais l'idée de l'utopie comme intrinsèquement porteuse de génocide s'impose à nous à la lecture de cet essai.

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