Michel Lafon

  • Encensé par ses admirateurs, critiqué parbeaucoup de magistrats, la « Bête noire »des prétoires s'explique pour la première fois.



    Non, il n'est pas fasciné par le mal, mais il défend autant la présomption d'innocence que le droit - pour les criminels de tout bord - à une juste peine qui ne varie pas du simple au double d'une cour d'assises à l'autre.

    Non, il n'est pas l'ennemi des magistrats, mais il s'interroge sur l'absence de la notion d'humanité dans leur serment, alors qu'elle figure dans celui des avocats. Car ceux qui lui confient leur destin sont aussi des êtres humains, dont la ligne de vie a parfois de quoi inspirer aux jurés une certaine clémence.

    Non, il n'est pas contre l'État, mais il est souvent révolté par le fonctionnement de la Justice. Comme personne ne l'a fait auparavant, il raconte les petits arrangements, les influences et les pièges qui peuvent biaiser un verdict. À travers les anecdotes et les souvenirs édifiants des grands procès d'assises auxquels il a participé, il dresse le portrait d'un système judiciaire implacable, au sein duquel la défense n'est guère que tolérée, même quand elle tente désespérément d'éviter les erreurs judiciaires.

    « J'ai décidé de devenir avocat à quinze ans. C'était le 28 juillet 1976 et j'avais entendu à la radio que Christian Ranucci, l'homme du "pull-over rouge", avait été exécuté à l'aube. Ce n'est pas le récit d'une vocation que je fais ici, mais d'une sorte de fatalité. Je suis condamné à plaider. »

  • Il y a les procès historiques, les affaires médiatiques, il y a les acquittements parfois et les polémiques souvent.
    Et puis il y a l'homme derrière la robe d'avocat.
    Libre. En colère. Révolté.
    Éric Dupond-Moretti, à la barre, livre ses vérités.

  • Recordman des acquittements aux assises, Éric Dupond-Moretti aurait un peu trop tendance, selon ses détracteurs, à faire relaxer tous ses clients. Il nous montre ici que la Justice, elle, à une réelle propension à condamner tous ceux qui paraissent devant elle.
    À travers le récit de plusieurs affaires criminelles dans lesquelles il est intervenu, traitées comme des thrillers dans des chapitres coups de poing, il dénonce les imperfections d'un système qui respecte de moins en moins les droits de la défense.
    Oubli délibéré de la présomption d'innocence, comme si juger consistait surtout à prouver la culpabilité... Écoutes tous azimuts, atteinte non justifiée à la vie privée... Communications intempestives à la presse qui influencent le public et sans doute les jurés... Ruses procédurales qui tordent le cou au déroulement équitable du procès... S'ensuit une guerre de plus en plus dure entre la magistrature et les avocats qui en ont assez d'être traités à leur tour comme des suspects. Sans compter tous les citoyens sans peur et sans reproche qui croyaient jusqu'ici qu'il suffisait, face à un tribunal, d'avoir la conscience tranquille...

  • Novembre 2000. Police et justice s'abattent sur Loïc Sécher. Une jeune fille de 14 ans se déclare victime d'un viol. La description de l'agresseur correspond à Loïc et il est son voisin. Une enquête et un jugement sans preuves réelles, sans ADN, sans aveux et sans faisceau de présomptions autre que les déclarations de la jeune victime : il n'en faudra pas plus pour le jeter derrière les barreaux pendant sept longues années, dans les conditions de détention que les autres prisonniers réservent aux violeurs.
    Il faudra attendre 2008 pour que Me Dupond-Moretti obtienne que s'ouvre un procès en révision à la suite des rétractations de l'accusatrice, qui ne supportait pas d'avoir chargé un homme n'ayant, en fait, jamais posé les mains sur elle.

    C'est la première fois qu'un procès en révision a lieu après une double condamnation, en première instance et en appel.

    Et il a fallu ensuite un combat acharné pour que la justice accorde à Loïc Sécher une indemnité de compensation pour le préjudice subi par celui qui est enfin, non pas acquitté, mais INNOCENTE.
    Mais un chèque, si important soit-il, peut-il tout effacer quand un innocent a perdu sept années de sa vie en prison ?

    ET SI CELA VOUS ARRIVAIT, A VOUS ?

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