Carine Guichard

  • L'argument est le suivant : ce qui se passe autour des Roms n'est pas l'éternel retour d'une haine du nomade (les Roms bougent surtout parce qu'ils sont chassés.), ce n'est pas identique à ce qui se passe autour des immigrés extra-européens (précisément parce qu'ils sont européens), ce n'est pas non plus la simple répétition de ce qu'on a connu sous Sarkozy (et si c'est pire, c'est que les mesures transitoires touchent à leur fin).
    Il s'agit ici de race - et non pas simplement de racisme. En effet, parce que les Roms sont (quasi) européens, ils ne peuvent (plus) faire l'objet de discriminations légales. Pour autant, il n'est pas question de les intégrer. En pratique, se met en place aujourd'hui ce qu'on peut appeler « auto-expulsion : on rend la vie impossible aux Roms pour les dissuader de rester ou de venir.
    Pour justifier la discrimination, il faut supposer, a priori ou a posteriori, une différence radicale - qui seule autorise ce traitement inhumain. C'est en cela qu'il faut bien parler de race. Il n'est donc pas étonnant qu'on retrouve un discours sur la « culture » qui est la forme moderne de la « race » : les Roms sont de nature différente (« ils n'ont pas vocation à rester en France », « ils ont vocation à rentrer dans leur pays » - Manuel Valls).
    Ce qui est frappant, c'est qu'on ne trouve pas ici de justifications « démocratiques », comme c'est le cas pour l'immigration et l'islam (au nom de l'égalité entre les sexes, ou de la laïcité, ou encore parce qu'à la différence de « nous », « eux » seraient homophobes ou antisémites, autrement dit, antidémocratiques). Le racisme à l'encontre des Roms n'a pas à être justifié :
    La différence radicale s'impose comme une évidence.
    Comment fonder une politique de la race, que les principes de la France et de l'Europe interdisent ? En la dépolitisant. La dépolitisation passe par un double déplacement : d'une part, un transfert de l'État aux autorités locales - une municipalisation ; la politique d'État se donne ainsi comme une simple réponse à la demande locale ; d'autre part, en même temps, les autorités municipales revendiquent pareillement de ne pas faire de politique - elles s'abritent derrière une demande populaire : les riverains.
    Il importe ici d'éviter toute équivoque : il ne s'agit pas de valider ce populisme, mais de montrer comment il s'autorise du peuple. Le riverain n'est pas une catégorie sociologique. C'est une catégorie produite politiquement. Toutefois, elle peut devenir réelle : le riverain, avec l'aide des autorités locales, peut mener des pogroms.
    Reste une question : si le racisme n'est pas la cause, mais l'effet de la politique (autrement dit, si l'on inverse la logique du populisme), pourquoi nos politiques, en particulier de gauche aujourd'hui, réinventent-ils la race - alors même qu'ils se veulent antiracistes ? L'hypothèse ( banale mais fondée), c'est que le racisme d'Etat (ou sa version municipalisée) est l'envers logique, voire nécessaire, du ralliement de la gauche aux politiques néolibérales.

  • Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.
    Franchement, si c'était aussi simple, ça se saurait !

    Thylane est une jolie jeune femme de de 35 ans à qui tout semble réussir.

    Célibataire, sa vie est à la fois simple et compliquée car elle veut tout et son soit disant contraire ! C'est une néo-féministe qui veut s'épanouir professionnellement, s'assumer financièrement, avoir des enfants, une vraie vie de famille le tout en préservant sa liberté et son indépendance bien sûr !
    Avec humour et recul, elle revient sur ses aventures amoureuses de son premier bisou à l'école primaire à sa dernière relation plutôt très sérieuse.

    Grâce à Thylane, l'auteur donne la possibilité au lecteur de se poser toutes les questions - plus ou moins évidentes - du parcours sentimental. Faut-il toujours dire la vérité à son conjoint ? Le couple libre est-il possible ? Peut-on aimer toute sa vie la même personne ? Avoir du désir pour une personne du même sexe, est-ce être homo ou plus simplement bi ? Au fil des aventures de Thylane, de ses doutes, de ses décisions, de ses questions, le lecteur se découvre, se surprend et s'enrichit.

  • Ce SHORT 12 est celui du Printemps, des bourgeons délicats, des premières siestes au soleil... et des premiers coups de soleil.

    C´est le SHORT qu´on lit allongé dans un champ de pâquerettes, le SHORT dont les pages se tournent sous la caresse du vent.
    Tout au long de ses pages, il vous dévoilera le Palmarès du Grand Prix du Court Printemps 2015 dont les 4 Lauréats sélectionnés par les Internautes : Julie déroule dans Que la vie est belle ! une farandole d´instants précieux et Libellaisne vous emporte Au gré filant de sa poésie. Mon tendre amant de Carine Guichard dévoile une douceur exquise alors qu´une étonnante rigueur ressort dans La Ferme ! de Claude Lauret.



    Pour découvrir et savourer chaque oeuvre courte, laissez-vous porter, page à page... Si le printemps n´a pas déployé votre âme d´aventurier et vous laisse encore frileux, voici quelques pistes pour vous lancer !



    Laissez Renaud, Jean-Marc Bassetti et Claire Joanne vous envelopper de tendresse dans Vois, c´est ma main posée..., La Pièce de Rosalie et Les Sablés de Noël.
    Puis aérez-vous l´esprit, partez en promenade sur les chemins sylvestres et profitez de la beauté des paysages en lisant Ouverture de chasse, de Christine Rousselle de la Perrière et Couleurs du ciel d´Origami 38... ou savourez l´Amère victoire d´Alexandre, les Débiles manteaux d´Anthony Degois et La Majorette de Charlus80, des oeuvres tout en sourires.



    Avec ce SHORT, comptez les pages et lisez un peu, beaucoup, passionnément...

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