La guerre de l'attention. Comment ne pas la perdre.

Une guerre est menée contre notre attention et nous sommes en train de la perdre. Une guerre contre l'attention au monde, l'attention aux autres, l'attention à la vie. La Guerre de l'Attention, sortie ce 21 janvier 2022, vous propose de la gagner ! Vous trouverez aussi en fin d'ouvrage de nombreuses références ainsi qu'une bibliographie proposée par Yves Marry et Florent Souillot, les cofondateurs de l'association Lève les yeux ! 

  • C'est une guerre qui nous fait passer l'essentiel de notre temps devant un écran. Une guerre dont nous sommes à la fois les victimes et les agents quand nous réagissons sur Twitter, quand nous notons un chauffeur sur Uber, quand nous swipons sur Tinder... Une guerre qui fait de nombreux dommages, en premier lieu chez les plus jeunes :
    Obésité, troubles du sommeil et de la concentration, isolement... sans compter la mise en danger du lien social et du débat démocratique, et l'accélération de la catastrophe écologique. Une guerre que se livrent les plus grandes entreprises pour capter notre temps de cerveau.
    Cette guerre, c'est celle de l'attention.
    Au fondement de notre liberté et de notre bien-être, l'attention est une ressource rare et précieuse. Elle pourrait disparaître si son exploitation, immense gisement de profits, n'est pas limitée. Pour cela, les manuels de « bon usage » du numérique ne suffiront pas. Refusant les fausses promesses du « techno-solutionnisme vert », ce livre est une arme pour mener la reconquête collective de notre attention.
    Nourri par un travail de terrain, il propose une plongée dans les rouages de l'économie de l'attention ainsi que des propositions politiques concrètes. Ou comment faire de la déconnexion un pilier de la transition écologique à venir, au service d'une société conviviale et décroissante.

  • L'obsolescence de l'homme

    Günther Anders

    • Encyclopedie des nuisances
    • 10 April 2002

    " tout le monde est d'une certaine manière occupé et employé comme travailleur à domicile.
    Un travailleur à domicile d'un genre pourtant très particulier. car c'est en consommant la marchandise de masse - c'est-à-dire grâce à ses loisirs - qu'il accomplit sa tâche, qui consiste à se transformer lui-même en homme de masse. alors que le travailleur à domicile classique fabriquait des produits pour s'assurer un minimum de biens de consommation et de loisirs, celui d'aujourd'hui consomme au cours de ses loisirs un maximum de produits pour, ce faisant, collaborer à la production des hommes de masse.
    Le processus tourne même résolument au paradoxe puisque le travailleur à domicile, au lieu d'être rémunéré pour sa collaboration, doit au contraire lui-même la payer, c'est-à-dire payer les moyens de production dont l'usage fait de lui un homme de masse (l'appareil et, le cas échéant, dans de nombreux pays, les émissions elles-mêmes). il paie donc pour se vendre. sa propre servitude, celle-là même qu'il contribue à produire, il doit l'acquérir en l'achetant puisqu'elle est, elle aussi, devenue une marchandise.
    " " le monde comme fantôme et comme matrice ".

  • La fabrique du crétin digital

    Michel Desmurget

    • Points
    • 1 October 2020

    Les dangers des écrans : un scientifique nous alerte !

    Troubles du comportement, déficits intellectuels, problèmes de santé... : l'usage généralisé du numérique par les jeunes est lourde de conséquences. Première synthèse des études scientifiques sur le sujet, ce livre est celui d'un homme en colère. « Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l'histoire de l'humanité, une telle expérience de décérébration n'avait été conduite à aussi grande échelle », estime Michel Desmurget. La conclusion est sans appel : attention écrans, poisons lents !

  • Pour une écologie de l'attention

    Yves Citton

    • Points
    • 7 January 2021

    À contre-pied des lamentations courantes, cet essai propose une vision d'ensemble des questions que pose le déferlement d'images et d'informations qui condamnerait notre société à un déficit attentionnel pathologique. La sur-sollicitation de notre attention est un problème à mettre au coeur de nos analyses économiques, de nos réformes pédagogiques, de nos réflexions éthiques et de nos luttes politiques. Rien ne nous condamne toutefois à une dissipation abrutissante.

    Comment rediriger notre attention ? Faut-il apprendre à « gérer » nos ressources attentionnelles pour être plus « compétitif » ? Ou à nous rendre mieux attentionnés les uns envers les autres, ainsi qu'envers les défis environnementaux et sociaux qui menacent nos milieux existentiels ? Ce livre esquisse une écologie de l'attention porteuse d'alternatives à une suroccupation qui nous écrase.

  • Apocalypse cognitive

    Gerald Bronner

    • Puf
    • 6 January 2021

    La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison.

    Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle.

    C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner.

  • Depuis la fin des années 1990, une science du bonheur a fait son apparition : la psychologie positive. Elle s'attache à conférer une légitimité scientifique à une idée fort simple : le bonheur se construirait, s'enseignerait et s'apprendrait. Il suffirait donc de vouloir, et d'écouter les experts, pour devenir heureux. L'industrie du bonheur affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d'elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.
    Mais n'aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l'échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ; que les maux des individus importent infiniment plus que les problèmes sociaux ? Et si la dite science du bonheur visait à nous convertir à un modèle individualiste niant toute idée de société ?
    Se faisant autant archéologues d'un pseudo-savoir que sociologues, Edgar Cabanas et Eva Illouz reconstituent ici avec brio les origines de cette nouvelle « science » et explorent les implications d'un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle.
    Un livre urgent, accessible et provocateur.

  • Nous ne pouvons plus le nier, il nous faut faire désormais face à la catastrophe climatique. N'est-il pas temps d'entrer en résistance contre les logiques de destruction massive, frénétique, de nos écosystèmes ? Dans ce "Petit manuel", revu et augmenté, sans chercher à apporter de réponses définitives, Cyril Dion propose de nombreuses pistes d'actions. Plus encore, il nous invite à renouer avec notre élan vital, à mener une existence où chaque chose que nous faisons, depuis notre métier, jusqu'aux tâches les plus quotidiennes, participe à construire le monde dans lequel nous voulons vivre. Nouvelle édition revue et augmentée.

  • Enseignants, intellectuels, soignants, parents, syndicalistes...
    Développent une critique de la numérisation de l'éducation, de la petite enfance à l'université.

  • La décroissance est plus que jamais nécessaire. Ces cinquante penseurs - dont les oeuvres très diverses se déploient sur les deux derniers siècles - nous aident à comprendre pourquoi, et nous donnent des pistes pour sortir de la mégamachine et construire une société centrée sur l'humain. Leurs réflexions, profondes, intemporelles et clairvoyantes, exposées ici de manière simple et didactique, remettent radicalement en cause les processus de destruction de l'environnement, le culte de la croissance, l'esprit de calcul, la foi dans les technologies, l'aliénation par la marchandise... Elles en appellent à une sagesse immémoriale : il n'y a de richesse que la vie.

  • The game

    Alessandro Baricco

    • Folio
    • 11 February 2021

    « Quand les gens pensent voir la fin de la culture chez un jeune de seize ans qui n'emploie pas le subjonctif, sans remarquer que par ailleurs ce garçon a vu trente fois plus de films que son père au même âge, ce n'est pas moi qui suis optimiste, ce sont eux qui sont distraits. » Nous voilà immergés dans une nouvelle ère numérique. Et si cette révolution n'était pas tant technologique que mentale ? De l'invention du jeu vidéo jusqu'au premier iPhone, en passant par la naissance de Google ou d'Uber, les nouvelles technologies ont bouleversé notre mode de vie. Mêlant sérieux et humour, Alessandro Baricco raconte les événements fondateurs qui ont forgé notre monde moderne où, comme dans un jeu, chaque problème est devenu une partie à gagner.

  • Le Web affectif. ; une économie numérique des émotions

    ,

    • Ina
    • 13 October 2017

    J'aime, je clique. Le web se résume-t-il à ça ? La joie, la peur, la tristesse, la colère mais aussi l'ennui sont un ensemble d'affects qui circulent sur les réseaux sociaux. Cette circulation est facilitée par le design des interfaces. C'est même une stratégie pour les principales plateformes numériques. Nos émotions sont provoquées, capturées, évaluées : mais quelle valeur les acteurs économiques du web accordent-ils à nos impulsions ? Quel bénéfice en tirent-ils ? L'émotion est-elle une monnaie à partir du moment où son échange permet d'enrichir nos expériences ? Ou bien suppose-t-elle une nouvelle forme de travail de milliards d'internautes ? En tant qu'usagers du web, comment ce travail affectif change nos manières de nous exprimer et de nous informer ? Au travers d'une analyse à la fois technique, socioéconomique et critique, cet ouvrage propose des éléments de réflexion pour saisir l'émergence d'une économie numérique des émotions.

    Sur commande

  • Les nouvelles lois du web ; modération et censure

    Romain Badouard

    • Seuil
    • 29 October 2020

    Depuis l'avènement de l'internet grand public dans les années 1990, le web a été perçu comme un outil au service de la liberté d'expression. Mais face à la montée de la désinformation et des discours de haine, une régulation nouvelle se met en place. Les États légifèrent pour encadrer la prise de parole en ligne. Les grandes entreprises du numérique se voient octroyer des pouvoirs de filtrage et de blocage des contenus. Le problème survient lorsque l'opacité de ces opérations transforme la modération en censure. Il est urgent d'inventer une régulation démocratique des contenus sur internet, afin que celui-ci demeure pour tous et toutes un espace de débat, d'engagement et de liberté.

  • Démocratie ou technologie : de la lutte entre deux systèmes incompatibles ne peut triompher qu'un seul gagnant.
    La technologie a radicalement changé notre façon de vivre. Mais ne nous sommes-nous pas confiés trop à la légère à une poignée d'utopistes de la Silicon Valley et de capital-risqueurs ? Que nous apprennent les scandales récents de violation de données impliquant des sociétés comme Facebook et Cambridge Analytica ? Que signifie l'intelligence artificielle pour notre démocratie d'avant Big Data ?
    Jamie Bartlett s'invite dans le débat en affirmant que l'utilisation inconditionnelle de ces technologies use lentement les fondements de la démocratie : la classe moyenne s'érode, l'autorité souveraine et la société civile s'affaiblissent, et nous, citoyens, perdons progressivement nos facultés critiques, voire notre libre arbitre. Belle illustration de ces tendances, le mouvement des Gilets jaunes en France, auquel l'auteur consacre un chapitre.
    Dans un récit passionnant, il explique pourquoi la technologie est en train de gagner la bataille mais aussi comment, en soutenant les piliers de la démocratie, nous pouvons la sauver avant qu'il ne soit trop tard.

  • The Valley

    Fabien Benoît

    • Arenes
    • 2 May 2019

    Une histoire politique de la Silicon Valley.

    La Silicon Valley s'empare des domaines fondamentaux : santé, environnement, transport, énergie, éducation... jugés défaillants, cassés. Mais on ne les répare pas, on les repense ex nihilo. C'est la « destruction créative ». Partout l'homme est vu comme imparfait, à remplacer par des robots et des algorithmes. L'État, qui freine le progrès, est l'ennemi à abattre. Cette vallée qui ne dort jamais travaille à une gestion scientifique et technologique des affaires humaines, en clair de nos vies.
    The Valley soulève les questions qui engagent notre avenir à tous. La révolution numérique nous conduit-elle irrémédiablement à une société toujours plus inégalitaire et individualiste ? Est-on conscient que ce projet libertarien détruit toute idée de société ? Est-il vraiment trop tard pour s'interroger ?

  • La France compte plus de cartes SIM en circulation que d'habitant·es, et demain, avec l'arrivée de la 5G, ce seront tous les objets du quotidien qui seront connectés. Les voitures seront autonomes. Les foyers communicants. Les villes « intelligentes ».

    Mais est-on vraiment sûr que l'utilisation tous azimuts d'ondes électromagnétiques ne présente aucun risque ? Absolument pas, répond Nicolas Bérard au terme d'une enquête sur l'envers de cette « révolution technologique ».

    Comment et par qui les normes, censées nous protéger, ont-elles été mises en place ? Quels liens entre opérateurs téléphoniques, médias et gouvernements ? Quels sont les effets de cette technologie sur la santé humaine et le vivant ?

    À l'aube du développement d'une nouvelle pollution de masse, ces questions ne sont jamais posées dans le débat public.

  • Tous les élèves derrière un ordinateur, de la maternelle à l'université : la panacée ? Ou une fausse bonne idée qui va tourner au désastre ? L'école numérique, c'est un choix pédagogique irrationnel, sans fondement scientifique. C'est le gaspillage de ressources rares et la production de déchets dangereux. C'est une étonnante prise de risque sanitaire quand les alertes sur la surexposition des jeunes aux écrans se multiplient. C'est la mainmise des startupers des « Edtechs » sur l'école. Et s'il fallait au contraire faire de l'école une zone refuge, sans connexions ni écrans, et réinventer les pistes non numériques du vivre-ensemble ? Un document indispensable d'une actualité brûlante.

  • Face aux signaux alarmants de la crise environnementale globale - changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation des sols, pollution généralisée, tensions sur l'énergie et les matières premières -, nous fondons nos espoirs sur les technologies « vertes » et le numérique.

    Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies nous conduisent pourtant, à terme, dans l'impasse. Ce livre démonte les mirages des innovations high tech, et propose de questionner la course en avant technologique en développant les low tech, les « basses technologies », plus sobres et plus résilientes. Il ne s'agit pas de revenir à la bougie, mais d'explorer les voies possibles vers un système économique et industriel compatible avec les limites planétaires.

  • Le culte de l'Internet ; une menace pour le lien social ?

    Philippe Breton

    • La decouverte
    • 26 September 2000

    Pour le première fois dans l'histoire de l'humanité, l'homme a construit un dispositif technique, Internet, capable de dispenser les hommes de toute communication directe. Personne n'aurait sans doute penséà un tel usage, si Internet n'était pas devenu l'objet d'un véritable culte, porté par la promesse d'un monde meilleur, celui du « cyber espace ». Ses thuriféraires, partisans du « tout-Internet », semblent aujourd'hui l'avoir provisoirement emporté face aux « technophobes », mais surtout face à tous ceux qui réclament un usage raisonné des nouvelles technologies. Ces militants fondamentalistes appellent de leurs voeux une « société mondiale de l'information », où le nouveau lien social serait fondé sur la séparation des corps et la collectivisation des consciences. Une vision où se mêlent l'héritage de Teilhard de Chardin, le bouddhisme zen et les croyances New Age. Et qui mobilise des valeurs propres à la culture américaine, comme le puritanisme, le manichéisme, la recherche de l'harmonie sociale et le jeunisme. Elle s'inscrit dans une nouvelle religiosité, qui célèbre l'utopie de la transparence, dans un contexte marqué par la crise du politique, mais également l'affaiblissement de l'influence du monothéisme et de l'humanisme. Telle est la thèse de ce livre provocateur. L'un des meilleurs spécialistes français de la communication y répond à des questions très actuelles : d'où vient ce nouveau culte, quelles sont ses racines historiques, pourquoi son succès ? N'est-il pas porteur, dans ses excès, d'un risque majeur pour un lien social déjà très fragilisé ?

  • L'homme révolté

    Albert Camus

    • Folio
    • 2 May 1985

    « Deux siècles de révolte, métaphysique ou historique, s'offrent justement à notre réflexion. Un historien, seul, pourrait prétendre à exposer en détail les doctrines et les mouvements qui s'y succèdent. Du moins, il doit être possible d'y chercher un fil conducteur. Les pages qui suivent proposent seulement quelques repères historiques et une hypothèse de lecture. Cette hypothèse n'est pas la seule possible ; elle est loin, d'ailleurs, de tout éclairer. Mais elle explique, en partie, la direction et, presque entièrement, la démesure de notre temps. L'histoire prodigieuse qui est évoquée ici est l'histoire de l'orgueil européen. »

  • " L'individu moderne vit dans une course éperdue pour oublier à la fois qu'il va mourir et que tout ce qu'il fait n'a strictement pas le moindre sens. " Les intellectuels ont tellement parlé depuis plus d'un siècle de la crise du sens qu'on a fini par ne plus y croire - par oublier que cela pourrait concerner un jour la société tout entière. La montée de l'insignifiance, c'est l'entrée dans une société qui n'a plus d'image d'elle-même, à laquelle les individus ne peuvent plus s'identifier, où les mécanismes de direction se décomposent. Mais une société qui refuse l'autolimitation et l'acceptation de la mortalité est vouée à l'échec. Des deux grandes significations constitutives du monde moderne, celle qui avait fini par s'imposer sans partage - l'expansion illimitée - est aujourd'hui en crise. L'éclipse de l'autre - l'autonomie individuelle et collective - sera-t-elle durableoe Saurons-nous créer de nouvelles façons d'être ensembleoe Les questions soulevées dans ces textes de 1982-1995 se posent à nous de façon toujours plus pressante.

  • Après le succès d'Éloge du carburateur, qui mettait en évidence le rôle fondamental du travail manuel, Matthew B. Crawford s'interroge sur la fragmentation de notre vie mentale. Ombres errantes dans la caverne du virtuel, hédonistes abstraits fuyant les aspérités du monde, nous dérivons à la recherche d'un confort désincarné et d'une autonomie infantile qui nous mettent à la merci des exploiteurs de « temps de cerveau disponible ».
    Puisant chez Descartes, Locke, Kant, Heidegger, James ou Merleau-Ponty, le philosophe-mécanicien revisite les relations entre l'esprit et la chair, la perception et l'action, et voit dans les processus mentaux et la virtuosité des cuisiniers, des joueurs de hockey, des pilotes de course ou des facteurs d'orgue des écoles de sagesse, de maîtrise et d'épanouissement.
    Contre un individualisme sans individus authentiques et une prétendue liberté sans puissance d'agir, il plaide avec brio pour un nouvel engagement avec le réel qui prenne en compte le caractère « incarné » de notre existence et nous réconcilie avec le monde.

  • Le nouvel esprit du capitalisme

    ,

    • Gallimard
    • 24 February 2011

    Le capitalisme prospère ; la société se dégrade. Le profit croît, comme l'exclusion. La véritable crise n'est pas celle du capitalisme, mais celle de la critique du capitalisme. Trop souvent attachée à d'anciens schémas d'analyse, la critique conduit nombre de protestataires à se replier sur des modalités de défense efficaces dans le passé mais désormais largement inadaptées aux nouvelles formes du capitalisme redéployé. Cette crise, Eve Chiapello et Luc Boltanski, sociologues, l'analysent à la racine. Ils tracent les contours du nouvel esprit du capitalisme à partir d'une analyse inédite des textes de management qui ont nourri la pensée du patronat, irrigué les nouveaux modes d'organisation des entreprises : à partir du milieu des années 70, le capitalisme renonce au principe fordiste de l'organisation hiérarchique du travail pour développer une nouvelle organisation en réseau, fondée sur l'initiative des acteurs et l'autonomie relative de leur travail, mais au prix de leur sécurité matérielle et psychologique. Ce nouvel esprit du capitalisme a triomphé grâce à la formidable récupération de la « critique artiste », celle qui, après Mai 68, n'avait eu de cesse de dénoncer l'aliénation de la vie quotidienne par l'alliance du Capital et de la bureaucratie. Une récupération qui a tué la « critique artiste ». Dans le même temps la « critique sociale » manquait le tournant du néocapitalisme et demeurait rivée aux vieux schémas de la production hiérarchisée ; on la trouva donc fort démunie lorsque l'hiver de la crise fut venu. C'est à une relance conjointe des deux critiques complémentaires du capitalisme qu'invite cet ouvrage sans équivalent.

  • Par-delà nature et culture

    Philippe Descola

    • Folio
    • 10 September 2015

    Seul l'Occident moderne s'est attaché à classer les êtres selon qu'ils relèvent des lois de la matière ou des aléas des conventions. L'anthropologie n'a pas encore pris la mesure de ce constat : dans la définition même de son objet - la diversité culturelle sur fond d'universalité naturelle -, elle perpétue une opposition dont les peuples qu'elle étudie ont fait l'économie.
    Peut-on penser le monde sans distinguer la culture de la nature ? Philippe Descola propose ici une approche nouvelle des manières de répartir continuités et discontinuités entre l'homme et son environnement. Son enquête met en évidence quatre façons d'identifier les « existants » et de les regrouper à partir de traits communs qui se répondent d'un continent à l'autre : le totémisme, qui souligne la continuité matérielle et morale entre humains et non-humains , l'analogisme, qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités structuré par des relations de correspondances ; l'animisme, qui prête aux non-humains l'intériorité des humains, mais les en différencie par le corps ; le naturalisme qui nous rattache au contraire aux non-humains par les continuités matérielles et nous en sépare par l'aptitude culturelle.
    La cosmologie moderne est devenue une formule parmi d'autres. Car chaque mode d'identification autorise des configurations singulières qui redistribuent les existants dans des collectifs aux frontières bien différentes de celles que les sciences humaines nous ont rendues familières.
    C'est à une recomposition radicale de ces sciences et à un réaménagement de leur domaine que ce livre invite, afin d'y inclure bien plus que l'homme, tous ces « corps associés » trop longtemps relégués dans une fonction d'entourage.

  • TV lobotomie

    Michel Desmurget

    • J'ai lu
    • 5 October 2013

    Sophie, 2 ans, regarde la tête 1 heure par jour : cela double ses chances de présenter des troubles attentionnels.
    Kevin, 4 ans, regarde des programmes jeunesse violents : cela quadruple ses chances de présenter des troubles du comportement à l'école primaire.
    Lina, 15 ans, regarde des séries comme Desperate Housewives : cela triple ses chances de connaître une grossesse précoce non désirée.
    Entre 40 et 60 ans, Yves a regardé la tête 1 heure par jour : cela augmente d'un tiers ses chances de développer la maladie d'Alzheimer.
    Henri, 60 ans, regarde la tête 4 heures par jour. René, son jumeau, moitié moins. Henri a deux fois plus de chances de mourir d'un infarctus que René.
    Pour les spécialistes, il n'y a plus de doute, la télévision est un fléau. Son influence négative nous coûte en moyenne trois ans de vie.

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