Le Livre Sur La Place - NANCY 2021 #1 Auteurs grecs invités

Αγαπητοί έλληνες συγγραφής Καλώς Ήλθατε στην όμορφη πόλη του Νάνσι! (Chers écrivains grecs, bienvenus dans la belle Ville de Nancy!) C’est avec la Grèce, berceau de la démocratie, du théâtre et de la philosophie, que nous ouvrons ce cycle, avec une dizaine d'auteurs dont les ouvrages traduits en français portent en eux une part de l’héritage d’un pays qui fête cette année les deux cents ans de son indépendance, et les quarante ans de son entrée dans l’Union Européenne.

  • Au large d'une petite île de la mer Égée, 130 âmes hors saison, un terrible orage met en péril un bateau chargé de migrants : 400 survivants - hommes, femmes, enfants - vont devoir cohabiter, le temps de leur transfert, avec les habitants de l'île coupée du monde par le mauvais temps. Avec ce récit choral des quelques jours partagés par les réfugiés et leurs hôtes, Konstantinos Tzamiotis signe un roman universel d'humanité parfois cocasse, qui dévoile les innombrables facettes de la générosité et de la peur, des petites et des grandes misères, des rencontres improbables, de l'opportunisme, de la détresse et de la bienveillance.

  • Chris Papas, détective privé à Hambourg, de père grec et de mère allemande, est chargé d'une enquête qui va le ramener dans le village de son enfance, dans le golfe de Corinthe. Ce polar met en scène deux pays européens amis/ennemis et rouvre des plaies suppurant depuis la Seconde Guerre mondiale.

  • Réédition en poche d'une nouvelle plume de la littérature grecque contemporaine lauréate du prix littéraire de l'Union Européenne en 2017. Kallia Papadaki suit la trajectoire, sur plusieurs générations, des immigrés grecs aux États-Unis. D'une écriture très cinématographique, elle dresse un portrait émouvant de ces oubliés de l'histoire, qui s'efforcent vaille que vaille de récolter leur part de rêve américain.

  • Premier roman de Fotini Tsalikoglou a être traduit en français, Huit heures et trente-cinq minutes est l'épopée sur plusieurs générations d'une famille de la diaspora grecque aux États-Unis qui interroge magnifiquement la transmission du trauma de l'Histoire et la manière dont on peut le surmonter.

  • Un homme a fait sauter le Parthénon, symbole honni de l'impossibilité de la Grèce à aller de l'avant, tendue qu'elle est vers la glorification d'un passé antique. Une réflexion aussi profonde qu'iconoclaste sur une certaine schizophrénie non dénuée de souffrance de la Grèce contemporaine.

  • La crise modifie en profondeur le visage de la Grèce, et n'épargne pas même le champ de la création. Ayant un soir constaté qu'il n'arrivait plus à écrire de la fiction, Christos Chryssopoulos a abandonné sur son bureau la page blanche autour de laquelle il tournait depuis trop longtemps, et il est descendu marcher dans Athènes. Sa déambulation au fil de plusieurs jours fait l'objet d'un récit entrecoupé de considérations sur la ville, sur les liens qu'elle entretient avec les individus qu'elle abrite ou qu'elle rejette.
    L'auteur a croisé de nombreux sans-abri, il en a photographié certains, a discuté avec d'autres, ne cessant de s'interroger sur leur rapport au monde, s'interdisant de les réduire à ce qu'ils semblent être devenus aujourd'hui dans la rue. Il décrit les boutiques qui ferment, les hôtels et restaurants déserts, les nouveaux bruits nés de la crise comme le grincement aigu des caddies des chiffonniers.
    La construction des livres de Christos Chryssopoulos est le reflet de sa vision du monde : la vérité des choses n'est perceptible que dans la multiplicité des points de vue et des témoignages, au croisement de différentes réalités qui, toutes ensemble, même si elles paraissent contradictoires, composent la réalité. Une lampe entre les dents a été écrit en état d'urgence, et publié rapidement, comme par nécessité de dire sans tarder ce qu'est devenu Athènes.
    C'est après publication que l'auteur s'est rendu compte que ce dernier livre compose, avec Monde clos et La Destruction du Parthénon, une trilogie sur la capitale grecque, entre vécu, fiction et réflexion. La revue L'Impossible a publié au printemps dernier quelques extraits d'Une lampe entre les dents, comme un témoignage sur les effets de la crise grecque. Un témoignage, certes, mais également un texte littéraire qui interroge l'humanité en chacun de nous, avec une distance et une pudeur qui n'excluent nullement l'empathie, en même temps qu'un questionnement sur la capacité d'un écrivain à se consacrer à la fiction quand la réalité est si violemment présente dans son quotidien.

  • Dans une petite ville de la côte ouest des États-Unis, quatorze adolescents se suicident lors de la même nuit, sans que rien n'ait pu laisser présager un drame pareil. Que s'est-il passé ? Le FBI enquête, mais les indices qui sont donnés à lire relèvent davantage de préoccupations métaphysiques que criminelles... Un roman fragmenté, profond et mystérieux comme l'au-delà.


  • il n'est ni médecin ni chimiste, cet homme qui arpente la ville en blouse blanche, une mallette en cuir à la main ; il est manucure.
    ses clients sont très satisfaits de ses services, il est indéniablement le meilleur. car de sa passion il a fait un métier, de son obsession un art de vivre. philippos dostal évolue dans un univers d'effleurements et d'émotions tactiles. il a appris le braille pour lire du bout des doigts, il collectionne et répertorie minutieusement matières et frôlements, il fréquente une femme dont il admire les mains de marbre.
    retranché dans une solitude morbide, il évite tout contact avec le monde extérieur. jusqu'à ce que l'amour se présente sous la forme d'une fascinante paire de mains virevoltantes appartenant à un jeune homme sourd-muet. c'est dans une langue froide et précise comme un scalpel que christos chryssopoulos sonde les abîmes d'un esprit fétichiste et tourmenté, en quête de beauté pure.

  • monde clos

    Christos Chryssopoulos

    Sur la place carrée de cette cité en périphérie de la ville déambule un homme sans nom hanté par un souvenir des camps qu'il n'a de cesse de raconter. Les frères Giorgios et Giorgios se promènent avec Nadia, qu'ils ont tous deux prise pour femme. Ici, un beau docker a naguère fini poignardé dans le dos. Là, une adolescente a mis le feu à son lit, un usurier à la jambe de bois se débat avec ses cauchemars, un vieux recueille des chats, une femme sans âge habillée de noir vit avec une ombre, des ménagères traquent la poussière...
    Mystérieuses, insolites, parfois terribles, leurs histoires se sédimentent en une mémoire collective composant un étonnant théâtre des passions humaines dont le choeur proclame que toute existence, aussi humble soit-elle, recèle sa part de rêve, de tragique et de sublime.

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