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Explorer la part secrète du pouvoir princier, c'est rencontrer nombre de figures célèbres en des situations parfois scabreuses, souvent rocambolesques. Qu'il s'agisse de Saint Louis utilisant un escalier caché pour retrouver son épouse à l'insu de sa mère Blanche de Castille, ou des leçons d'escrime destinées à inculquer quelques bottes secrètes au duc de Bourgogne Philippe le Bon, les princes se méfient en permanence de leur entourage au moins autant que de leurs ennemis. Bénéficiant d'une relation particulière avec Dieu - qui sait à l'occasion leur envoyer quelques messages secrets par la voix d'une bergère ou d'un ermite -, ils n'entendent rendre compte à personne de leurs agissements, exigeant que leurs proches ne révèlent rien de leurs faiblesses ni de leurs plans.

Loin d'être anecdotique, cette pratique du secret s'enracine dans un temps qui associe savoir, sacré et secret et constitue un moyen de répondre aux défis d'une époque en pleine mutation : le développement de l'écrit entraîne celui des correspondances secrètes ; la naissance de l'impôt permanent conduit le prince à mentir sur l'état du budget ; la publicité nouvelle d'une vie de cour rassemblant des centaines d'individus autour de la famille princière exige des chambres de retrait.

Par le secret, les princes entendent à la fois défendre leur honneur et garantir les moyens de leur puissance. La pratique concrète du pouvoir rejoint un imaginaire médiéval qu'on pourrait croire folklorique mais se révèle parfois ancré dans la réalité : certains princes font enterrer des trésors destinés à financer leurs guerres, au risque de les perdre ; Louis XI réclame de ses correspondants de brûler ses lettres après lecture. Rois et ducs de Bourgogne se doivent en somme de devenir experts dans l'art du secret, pour rester maîtres des frontières entre le public et le privé : c'est l'une des leçons politiques de cet automne du Moyen Âge.

Jean-Baptiste Santamaria est maître de conférences en histoire médiévale à l'Université de Lille et membre du laboratoire IRHIS. Normalien, agrégé d'histoire, il travaille sur l'exercice du pouvoir princier à la fin du Moyen Âge. Il a publié le Petit livre des rois France (First, 2006) et La Chambre des comptes de Lille (1386-1419) (Brepols, 2012).


Categories : Sciences humaines & sociales > Histoire du monde > Histoire de France


  • Authors

    Jean-Baptiste Santamaria

  • Publisher

    Editions Champ Vallon

  • Distributeur

    Harmonia Mundi

  • Publication date

    18/01/2018

  • Collection

    EPOQUES

  • EAN

    9791026706618

  • Availablity

    Available

  • Nombre de pages

    344 Pages

  • Poids

    870 Ko

  • Diffuseur

    Harmonia Mundi

  • Entrepôt

    Eden Livres

  • Support principal

    ebook (ePub)

  • Version ePub

    2.0.1

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Jean-Baptiste Santamaria

  • Country : France
  • Language : Francais

Ancien élève de l'ENS Lyon et agrégé d'histoire, Jean-Baptiste Santamaria est maître de conférences HDR à l'université de Lille. Spécialiste d'histoire politique à la fin du Moyen Âge, il a notamment publié La Chambre des comptes de Lille de 1386 à 1419 (Brepols, 2012) ; Le secret du Prince (Champ Vallon, 2018) et La mort de Charles le Téméraire (Gallimard, 2023).

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