La Philosophie de la tragédie (Postface de George Steiner)

Traduit du RUSSE par BORIS DE SCHLOEZER

About

La Philosophie de la tragédie est son troisième livre, une oeuvre de sa première période, publiée originellement en 1901 dans Le Monde de l'art, la célèbre revue de Diaghilev, puis en volume en 1903. Chestov poursuit ici la réflexion amorcée dans Shakespeare et son critique Brandès, qui était déjà « une apologie de la tragédie » telle qu'elle apparaît dans Hamlet, Lear ou Macbeth. Son second livre, L'Idée du bien chez Tolstoï et Nietzsche, rompait plus nettement encore avec l'idéalisme en opposant la philosophie de Nietzsche, dont la rencontre l'a bouleversé, à la sagesse du romancier russe. Tolstoï (encore vivant à l'époque de la rédaction du livre) est également présent dans La Philosophie de la tragédie, mais Chestov s'attache ici, d'une manière si personnelle qu'elle trahit sans doute une expérience autobiographique, à éclairer chez le romancier de La Voix souterraine et chez le philosophe de Humain trop humain le moment où les convictions idéalistes entretenues dans leur jeunesse se sont trouvées bouleversées et où ils ont pénétrédans un domaine de l'esprit humain où les hommes n'entrent d'habitude qu'à leur corps défendant. Or c'est là, à proprement parler, pour Chestov, le domaine de la tragédie. Dès ce moment, et c'est ce qui rend son oeuvre actuelle et prophétique, Chestov décrit l'idéalisme comme « semblable aux états despotiques orientaux » : « Du dehors tout apparaît splendide et bâti pour l'éternité; mais à l'intérieur, c'est atroce. » Aux tenants de l'idéalisme, c'est-à-dire à la quasi-totalitéde la tradition philosophique, il préférera donc toujours les Nietzsche et les Dostoïevski : ceux qui donnent la parole à « l'homme souterrain » qui s'offense des lois de la nature et, dans la souffrance, cherche « là où personne n'avait cherché, là où, selon la conviction générale, il ne peut y avoir que ténèbres et chaos », ceux qui brisent les chaînes qui entravent l'esprit humain, avide de liberté.


  • Authors

    Léon Chestov

  • Traducteur

    BORIS DE SCHLOEZER

  • Publisher

    Le Bruit du temps

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Publication date

    05/05/2020

  • EAN

    9782358731522

  • Availablity

    Available

  • Nombre de pages

    352 Pages

  • Poids

    1 433 Ko

  • Diffuseur

    Belles Lettres

  • Entrepôt

    Eden Livres

  • Support principal

    ebook (ePub)

  • Version ePub

    3.0

  • Dewey

    197

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Léon Chestov

Né à Kiev dans une famille juive, Léon Chestov (1866-1938) commence dès 1895 à fréquenter les cercles littéraires et philosophiques russes. Après la parution de son second livre, L'Idée du bien chez Tolstoï et Nietzsche, Diaghilev lui propose de collaborer à sa revue Le Monde de l'art. Après avoir vécu en Suisse, en Italie, en Allemagne, il quitte
dé nitivement la Russie en 1920 pour se  xer à Paris jusqu'à la  n de sa vie, et écrit beaucoup: les éditions de la Pléiade de Schi rin se lancent dans un premier projet d'OEuvres complètes en 1926, et la NRF publie des Pages choisies en 1931.
C'est après-guerre qu'il exerce en France la plus grande in uence - son Kierkegaard et la philosophie existentielle paraît
un an après sa mort en 1939. Camus proclame sa dette envers Chestov dès 1942. Georges Bataille cotraduit chez
Vrin son deuxième livre. Yves Bonnefoy écrit en 1967 son essai «L'obstination de Chestov» pour le nouveau projet d'OEuvres complètes des éditions Flammarion: 4 volumes seulement seront publiés, traduits par le musicologue, critique et traducteur Boris de Schloezer, ami de l'auteur.

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