Institut du Monde Arabe - Une heure avec ... Hommage à Naguib Mahfouz

Le 8 décembre 2018 - 16h30 à 18h00

1 rue des Fossés Saint Bernard 75005 PARIS

« Une heure avec... » / Les rencontres littéraires de l'IMA », c 'est une heure avec un auteur, en dialogue avec un modérateur, journaliste ou critique littéraire : Philippe Lefait, Paula Jacques, Leïla Kaddour, Bernard Magnier, Francesca Isidori, Sylvie Tanette, Farouk Mardam-Bey..., et les lectures d’un comédien(ne). Le principe de la programmation étant de saisir l’opportunité du passage à Paris d’auteurs que l‘on a rarement l’occasion d’y entendre, pour leur proposer un lieu et un public où présenter leur actualité littéraire.



Hommage à Naguib Mahfouz

Avec Farouk Mardam Bey Et Khaled Osman

Animé par Christophe Ayad

Lu par Raymond Hosni, comédien 

Et par Léon Bonnaffé, comédien

Qui est Naguib Mahfouz ?

Prix Nobel de littérature en 1988, Naguib Mahfouz est né au Caire, en 1911, dans une famille de la moyenne bourgeoisie. Après une licence en philosophie, il entre dans la fonction publique et publie en 1939 un premier recueil de nouvelles, Un souffle de folie, suivi de trois romans historiques, à la manière de Walter Scott, qui reçoivent un accueil mitigé. Il commence à attirer l’attention de la critique, comme du grand public, lorsqu’il entreprend, au lendemain de la guerre, la publication d’un cycle de romans réalistes, dont les plus aboutis sont Passage des miracles (1947) et Vienne la nuit (1949), foisonnantes chroniques des quartiers populaires du Caire. Mais c’est surtout la Trilogie (1956-1957), où il restitue avec une grande minutie l’histoire sociale et politique de l’Egypte entre les deux guerres, qui l’impose comme le maître du roman égyptien, et plus généralement arabe. En 1959, Naguib Mahfouz fait paraître, sous forme de feuilleton, dans le grand quotidien officieux al-Ahram, un roman allégorique, Les Fils de la médina, qui lui vaudra les foudres des autorités religieuses, sous le prétexte d’avoir transposé l’histoire sainte dans les faits et gestes du petit peuple du Caire. Mais, loin d’en être affecté, il prend un nouvel élan avec Le Voleur et les chiens (1961), critique à peine voilée du régime, qui sera prolongé par plusieurs romans et recueils de nouvelles, notamment Le Mendiant (1965) et Dérives sur le Nil (1966), dans lesquels il met en relief, sous une forme plus abstraite, le désarroi et la désillusion des intellectuels. La défaite de juin 1967 accentue ce désarroi, comme en témoignent deux remarquables recueils de nouvelles, énigmatiques ou absurdes, La Taverne du chat noir et Sous l’abri du bus, publiés tous les deux en 1969. Mais Mahfouz revient au roman dès 1972 et, depuis, ne cesse d’en publier, ainsi d’ailleurs que des nouvelles, pièces de théâtre d’un seul acte, scénarios, faisant preuve d’une étonnante capacité à se renouveler, notamment dans les nostalgiques Récits de notre quartier (1975), sans doute l’un de ses meilleurs livres, et La Chanson des gueux (1977), ambitieuse fresque sociale. Fin observateur des évolutions de la société égyptienne, il dénonce en même temps l’affairisme et la corruption (Le Jour de l’assassinat du leader, 1985), analysant dans plusieurs de ces derniers écrits l’imbrication des destins individuels dans l’Histoire. En publiant dès 1970 Passage des miracles, Sindbad est considéré comme le découvreur de Mahfouz en Europe. “La France s’honore effectivement d’avoir été le premier pays européen à traduire l’œuvre de Naguib Mahfouz” a déclaré François Mitterrand au journal al-Akhbâr (Le Caire, 25.10.1988).

©Actes Sud

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