Librairie Durance - Rencontre avec Alain Croix et Xavier Nerrière

Le 17 février 2018 - 16h00 à 17h30

4, allée d'Orléans 44000 NANTES

Le livre : Photographe de presse (à l'AFP puis à Ouest-France), Hélène Cayeux (1946-2017) s'est imposée par son regard percutant, expressif, comme le requiert la pratique journalistique. En poste à Nantes à partir du milieu des années 1970, elle a été le témoin privilégié de la désindustrialisation (partielle) de la région, et de ses conséquences sociales. Elle aura toujours été sensible et attentive aux différentes formes de résistances ouvrières comme à l’ensemble des luttes sociales.

 

Extrait d'un entretien de Xavier Nerrière, co-auteur de l'ouvrage avec Alain Croix, réalisé par Stéphane Pajot, Presse Océan, novembre 2017
"Comment est né Le Peuple d'Hélène Cayeux ?
XN : L’idée de réaliser un livre s’est imposée très tôt, dès le dépôt du fonds d’Hélène Cayeux au CHT en 2011. Alain Croix a convaincu Hélène qu’elle ne pouvait pas laisser toutes ces images s’endormir doucement chez elle. Sa décision a été prise très rapidement et le choix de les confier au Centre d’histoire du travail (CHT).
Pour ma part, je ne connaissais pas personnellement Hélène, je l’ai rencontrée à travers les nombreuses photographies qu’elle a généreusement distribuées auprès des différentes organisations syndicales ou militantes dont le CHT conserve les archives. C’est sans doute à mes yeux la première de ses singularités, je ne connais pas localement d’autres photographes dont les images se retrouvent en aussi grand nombre parmi les archives militantes.

Qu’est-ce qui vous a plu dans les travaux d’Hélène Cayeux ?
XN : Nous ne nous consolerons jamais de ne pas avoir pu discuter avec Hélène de sa pratique photographique. Il nous semble évident que tout au long de sa carrière elle a été soucieuse de rendre compte des conditions dans lesquelles les salariés exercent leur activité. Elle ne ratait jamais une occasion de réaliser des images de femmes et d’hommes à leur poste, dans leur corps-à-corps avec les machines, que ce soit en usine ou dans les bureaux. 
Un autre élément clef est son souci de s’assurer du consentement de ses sujets. C’est évidemment subjectif, il n’est pas ici question de précautions juridiques, nous le déduisons des visages et des regards des personnes photographiées.
Sans être exhaustif, il faut parler de son sens de l’humour, de son espièglerie ou de son impertinence. Nous nous sommes beaucoup amusés à compulser ses photographies et nous avons souvent eu envie de nous esclaffer.

Comment définiriez-vous son travail ?
XN : Hélène Cayeux s’inscrit clairement dans l’héritage des photographes dit « humanistes » qui, après-guerre, à l’image de Robert Doisneau ou Willy Ronis, ont photographié les petites choses du quotidien avec autant d’attention que s’il s’agissait de bâtiments importants ou de personnalités célèbres. Nous avons retrouvé et publié quelques-unes de ses photos de jeunesse qui sont assez explicites.
Pour le reste on peut parler de photographie sociale. Hélène Cayeux a utilisé son art pour dénoncer toutes sortes d’injustices et en particulier la misère et les logements insalubres."


Alain Croix est professeur d'histoire moderne à l'université de Rennes. Il préside le Comité de pilotage du Château des ducs de Bretagne à Nantes avec Didier Guyvarc'h et Guy Saupin. 

 

Xavier Nerrière, juriste de formation, travaille au Centre d'Histoire du Travail.

Entrée libre. Réservation et renseignements au 02 40 48 09 18 ou via notre formulaire de contact 

Exposition Le regard d'Hélène Cayeux, à découvrir du 12 février au 3 mars, aux heures d'ouverture de la librairie.
Evénement créé en partenariat avec le Centre d'Histoire du Travail.

empty